Live report La Maison Tellier, Elysée Montmartre, Paris, le 24 Septembre 2026

Live report La Maison Tellier, Elysée Montmartre, Paris, le 24 Septembre 2026
2026
Fred Natuzzi

Live report La Maison Tellier, Elysée Montmartre, Paris, le 24 Septembre 2026

Live Report La Maison Tellier 2026

La Maison Tellier fête ses 20 ans d’existence et pour célébrer dignement cet anniversaire, c’est l’écrin classieux de l’Elysée Montmartre qui a été choisi pour la date parisienne. Et bien sûr, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est l’endroit où ils ont eu le privilège d’ouvrir pour le grand Alain Bashung en 2008. Que de chemin parcouru pour ces Normands qui n’ont eu de cesse de proposer, album après album, un univers qui leur est propre, mêlant folk américaine et rock chanté en français. On retrouve sur scène Helmut au chant habité et à la guitare acoustique, Raoul aux guitares affûtées et acérées, Léopold à la trompette cinématographique de haute volée, et les petits nouveaux, Élisabeth dite Betty à la basse vibrante et Jeff à la batterie puissante. Pour l’occasion, quelques artistes ont été invités, mais j’y reviendrai plus tard.

19h30 pétantes et c’est Bobbie qui ouvre le bal. Cette jeune artiste arrive seule avec sa guitare acoustique et nous offre des compositions folk en anglais. Sa voix nous emporte immédiatement ailleurs, le plus simplement du monde. Les chansons coulent de source, elles sont colorées, parfaitement interprétées, et touchent le public. La rencontre d’une Joni Mitchell avec Alela Diane, si je devais citer quelques références, en plus de Bobbie Gentry à qui elle rend hommage avec son nom de scène. 30 minutes de beauté qui donnent envie d’écouter son album et le prochain à paraître. Belle surprise et la dame est bien sympathique dans ses interventions.

Live Report La Maison Tellier 2026 Band 1

La Maison Tellier investit ensuite le terrain, et ouvre avec une reprise de Sinead O’Connor, « In This Heart ». Comme des chamans convoquant les esprits, chacun (moins un !) donnera de la voix a cappella. Un instant solennel comme un rite, installant une atmosphère unique. La soirée promet d’être belle, surtout que le jeu des lumières est magnifique. L’accueil réservé au groupe est chaleureux et les applaudissements nourris, ce qui a tôt fait de rassurer nos gaillards. Une date parisienne n’est jamais simple, alors la joie du public est réconfortante. Fort d’une confiance acquise, les premiers invités peuvent arriver. Sur « Damoclès », Ben Lanz interviendra au trombone, et Barbara Gloker à la trompette. Ce duo de choc renforcera bien les interventions de Léopold (qui fait encore une fois une démonstration époustouflante de ses talents), notamment sur les titres extraits du dernier et formidable album Timidité Des Arbres. Une de mes préférées du combo, tirée de Primitifs Modernes, « Chinatown », fait son apparition et c’est un bonheur. Une chanson qui reste en mémoire, addictive. Helmut ne cache pas son émotion de jouer avec ses amis dans cette salle si significative pour eux. Il s’agit de se souvenir des débuts, et c’est l’excellente « À La Petite Semaine » qui se chargera de cela. Nous aurons également droit, en rappel, à « La Chambre Rose », pépite qui a les faveurs du public. « Low Cost » suit mais ne me convainc pas plus sur scène que sur disque. C’est vraiment la seule qui ne marche pas avec moi ! Le groupe enchaîne par leur dernier bébé, « Couvre-Feu ». En guest, Ysé partage les vocaux avec Helmut dans une joie visiblement partagée. L’épreuve du live est probante pour cette nouvelle chanson dont on reprend volontiers les « pa pa paaaaa » de la fin. La réjouissante et enthousiasmante « Love Again » nous entraîne au pays des mariachis et toute la salle reprend en chœur les paroles. Un grand moment de douceur et de partage, tandis que « Prison D’Eden » retrouve une folk qui semble hantée par des esprits. Pour « Un Beau Salaud », Helmut s’amuse à nous dire qu’une boite est disponible pour inscrire le nom du beau salaud de chacun. Une belle idée pour se soulager, histoire de recenser les malfaisants et de les garder enfermés dans une boite. Boite qui, bien pleine, devrait atterrir dans le sous-sol des époux Warren du film Conjuring… La chanson est un bonbon qui pique, et ça fait du bien parfois !

Live Report La Maison Tellier 2026 Band 2

Petite pause en duo avec « La Chanson De Jean-Louis », et surprise, ils enchaînent par « Jim, L’Héritier des Flynn », de Jean-Louis Murat ! Je crois retrouver les intonations de JLM et l’énergie de son groupe de scène. Magnifique hommage. La suite ne sera faite que d’émotions et de sublimes montées en intensité. D’abord « B.A.U » construite à partir de souvenirs d’enfance, nous emmène en road trip, puis l’immense « Atlas » qui garde une grandeur musicale intacte. Une « Amazone » bien dynamique plus tard et c’est « Timidité Des Arbres » qui est interprétée. Point de Karen Lano pour la voix féminine, c’est donc Betty qui s’en charge. Elle a tous les talents, cette Betty. En plus d’être une technicienne de la basse, elle chante très très bien ! Ses sourires, son aisance, sa présence discrète mais indispensable, et ses pas de danse pendant le show sont la preuve que l’on se sent bien dans La Maison Tellier. Et le public l’a adopté sans retenue. On ne peut rien contre le talent et les bonnes ondes ! « En Moi Le Chaos » est aussi intense sur scène que sur disque et se magnifie avec les interventions des cuivres. Sur « Les Apaches », le son est rock, fait bouger les hanches de la fosse et le rythme de « J’Ai Rêvé D’Avalanches » nous ensevelit ensuite de bonheur. Le public est à point, c’est-à-dire chaud bouillant, pour la suite. Le tube de La Maison Tellier, en tout cas en live, c’est sans conteste « Sur Un Volcan ». Ici il est également magnifié par les cuivres. Ce même public est désormais littéralement en feu ! « Dansez ! » assène le groupe. Et nous dansons.

Live Report La Maison Tellier 2026 Band 3

Le concert se termine avec la prenante « Là Où Je Vis », sublime, prouvant que leur dernier album est vraiment un de leur meilleur. Et ce final où Raoul se déchaîne sur sa guitare, magistral ! En rappel, outre « La Chambre Rose », « Au Vauban » lancera l’immuable « Haut Bas Fragile », toujours aussi urgente et intense qui fermera le ban. Le public est conquis et les sourires sur les visages des Normands veulent tout dire. Une soirée réussie où les musiciens ont tout donné. Avec une set-list balayant l’essentiel de leur histoire (saluons aussi la performance de Jeff et Betty pour s’être appropriés l’ancien répertoire avec brio et avoir su imposer leur patte dans ces morceaux), le concert des 20 ans de La Maison Tellier était inratable et bien entendu le public a répondu présent. Pour celles et ceux qui ne les connaissent pas encore, il faut absolument aller les voir. Ils passent partout en France, ils adorent la scène, vous ne pouvez pas les louper et vous en redemanderez, j’en suis sûr. Ce n’est pas notre chroniqueuse Sandra et fervente admiratrice qui va me contredire !

Set List :

In This Heart

Damoclès

Chinatown

À La Petite Semaine

Low Cost

Couvre-Feu (avec Ysé)

Love Again

Prison D’Eden

Un Beau Salaud

La Chanson De Jean-Louis

Jim, L’Héritier Des Flynn

B.A.U

Atlas

Amazone

Timidité Des Arbres

En Moi Le Chaos

Les Apaches

J’Ai Rêvé D’Avalanches

Sur Un Volcan

Là Où Je Vis

Rappels: La Chambre Rose

Au Vauban

Haut Bas Fragile

https://lamaisontellierofficiel.fr/

Crédits photos: LMT: Sandra Benyachou

Crédits vidéo: Gnac17

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