Giant Sky – Giant Sky III

Giant Sky III
Giant Sky
Mighty Jam Music Group AS
2026
Palabras De Oro

Giant Sky – Giant Sky III

Giant Sky - Giant Sky III

L’album éponyme de Giant Sky, le projet solo du Norvégien Erlend Viken, m’avait totalement émerveillé. Le leader de Soup nous avait envoyé un OVNI inattendu où l ‘alliance entre des sonorités vintage et d’autres résolument modernes était idéale. Ajoutez à cela sa science de la montée progressive en puissance et du fading renaissant et nous étions en présence de la perfection musicale. Rarement, un album que j’écoute encore régulièrement m’aura autant marqué.
Son successeur Giant Sky II, m‘avait convaincu également. Cependant, ayant réécouté ces deux CD avant de m’atteler à la présente chronique, je me suis aperçu, avec le recul, qu’il n’atteignait quand-même pas le niveau de Giant Sky. Il faut dire que la barre avait été placée d’emblée très haute, alors c’était un défi que de la franchir. N’est pas le perchiste suédois Armand Duplantis qui veut. Cela doit être frustrant pour un voisin Norvégien. Viken est de retour avec un nouveau rejeton nommé très originalement… Giant Sky III. Encore sous le charme, j’ai pris le temps de replonger dans le monde de la tête pensante de Soup.

Giant Sky - Giant Sky III band1
Bien m’en a pris, car sans atteindre non plus les sommets du premier épisode, ce numéro trois ravive la couleur du projet. Certes, l’effet de surprise ne joue plus quand Erlend se rapproche des schémas et des sonorités qui m‘avaient scotché. Mais on peut aussi constater certains progrès. Par exemple, j’ai trouvé les parties de batterie d’Andreas Kjølberg sacrément plus affriolantes qu’avant. Les percussions de « Mundane Morning », qui ouvre le ban, rappellent le « Come Talk To Me » de Peter Gabriel de l’album Us. Alors, c’est très sympa d’y plaquer les tonalités vocales très Giant Sky de Erlend, là où revient le souvenir de celles non moins caractéristiques de l’ex chanteur de Genesis. Un palier est franchi pour « Nothing To Forgive Nothing To Forget » avec une batterie qui fait littéralement feu de tout bois, éclipsant presque de superbes et émouvants accents de guitare. La basse envoûtante et des accords de rythmiques piochant dans Pink Floyd complètent un tableau très réussi. On a même droit au « Quand c’est fini, c’est pas fini », c’est-à-dire la renaissance d’une chanson qui semblait s’achever, tout comme dans le Giant Sky originel. Sagement, la ballade aérienne « Limerence » est un trésor de délicatesse offrant un feu d’artifices de synthé pour un final extrêmement impressionnant. « All The Rage » repart vers les mêmes contrées où règne un folk moderne, synthétique et onirique. La qualité des chœurs n’y est pas étrangère. On y trouve un trio féminin assez éclectique constitué de Myrtoula Røe, Tuva Halse (chant et violon) et de l’Allemande Andreas Berg, une chanteuse de… schlager (le schlager est un genre de musique populaire du début du XXe siècle). « Reveries Of Gold » abandonne la batterie démonstrative et peine à décoller, probablement à cause de ce choix rythmique minimaliste. Le solo final qui prend aux tripes et quelques notes de banjo lui redonnent un intérêt tardif. Un piano syncopé genre bossa nova associé à une nouvelle surenchère de batterie et à une basse ondoyante sur l’instrumental « Fleeting Glimpse » remonte le niveau. Ses joutes de batterie/synthés sont tour à tour grandioses et affriolantes. Ce titre est une jolie réussite. « Sun World » nous replonge dans le côté le plus sensible de GS qui doit beaucoup à la voix de tête de Viken. La batterie s’efface au profit de magnifiques parties de claviers soutenues de nouveau par du banjo et par cette fameuse basse qui joue à être une anguille tellement difficile à attraper qu’elle sera la dernière à se taire à la fin de la chanson. Le single « Lifting Apples » parvient à faire cohabiter majesté et concision pour clôturer l’opus. On y remarque la contribution de la guitare de Stuart Braithwaite (Mogwai).

Giant Sky - Giant Sky III band2
Giant Sky III est en fait le dernier épisode de la saga imaginée par Arlend Viken. Enfin presque puisque un complément à cet album nommé The Further We Go The Deeper It Gets (rappelons que c’était également le titre des six parties de l’album Giant Sky) sort à peine une quinzaine de jour après celui-ci. Son créateur ne voulait pas que les critiques lui tiennent rigueur d’avoir sorti un double album écrasant. C’est pourquoi, je me suis cantonné à la chronique du présent disque. Il considère que c’est un condensé de sa carrière débutée il y a un quart de siècle. Sa passion pour les sonorités musicales synthétiques ne l’empêche pas de mettre l’humain et ses imperfections au centre de sa production, en lui adjoignant des éléments organiques, acoustiques et analogiques. En voilà un qui ne vendra pas son âme à l’IA. À vrai dire, il n’en a pas besoin, car avec Giant Sky III, il démontre qu’il a encore des idées et une imagination onirique sans bornes lui permettant de redonner un nouvel élan créatif à son projet.

giantskyband.com
https://giantskyband.bandcamp.com/album/giant-sky-iii

 

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