La Maison Tellier – Atlas (+ interview)

Atlas
La Maison Tellier
Verycords
2022
Fred Natuzzi

La Maison Tellier – Atlas

La Maison Tellier Atlas

La Maison Tellier s’est offert une chose précieuse : la liberté. Comme quoi, le confinement n’aura pas eu que des effets néfastes. Il a aussi poussé les artistes à aller plus loin, à chercher ailleurs, à réfléchir sur leur direction et a finalement changé les choses. Pour La Maison Tellier, c’est palpable à l’écoute de ce magnifique septième album, Atlas. L’opus nomme cette montagne d’Afrique du Nord, fait référence à ce géant qui porte le poids du monde, mais illustre aussi parfaitement l’atlas géographique dans une cartographie musicale du combo. La Maison Tellier a commencé par des albums folks, leur rêve de musique américaine en tête, puis a bifurqué vers des chemins plus pop et rock, avec brio. Il était temps pour eux de revenir aux racines, comme beaucoup d’entre nous pendant le confinement. Explorer les terres natales, y revenir et poser un regard neuf, sans nostalgie. Juste se dire, recommençons ici un nouveau chemin, librement, sans contraintes. La lumière de la folk n’empêche pas les sujets sérieux, il n’est donc pas question de s’embarquer dans un voyage qui ne chercherait qu’afficher primitivement un sourire bêta. Non. La Maison Tellier est toujours affûté, parle de notre temps, de notre humanité, ici en habillement à prédominance folk, mais pas que. Un vent de liberté souffle dans ces douze chansons (+ une cachée, encore plus libre d’ailleurs). Il décoiffe dans une production lumineuse (bravo Pascal Mondaz) où les cuivres de Léopold étincellent de plus belle, où la basse d’Alphonse supporte la musique comme Atlas le monde, où un nouveau frère à la batterie, Jeff, remplace un autre, parti chercher de l’or et confère une sonorité nouvelle et chaleureuse à l’ensemble, où les guitares de tout bois de Raoul allument un feu de joie à chaque titre, et où la voix d’Helmut, transcendée, révèle d’immenses horizons et transporte. La Maison Tellier aborde chacun de ces titres comme si c’était le dernier. Ciselés, finement taillés, ils sont polis comme des joyaux et brillent de mille feux. Ils sont chéris, chouchoutés, puis offerts en cadeau.

C’est le monumental « Atlas » qui ouvre l’album. Une chanson immense, portée par un souffle puissant. La guitare acoustique de Raoul puis la voix d’Helmut posent les bases puis tout tourbillonne, la basse et la batterie nous soulèvent dans cet instant hors du temps, tandis que la trompette confère une solennité immuable. L’Atlas reste, les hommes passent… Magistral. Comment enchaîner après un tel moment magique ? Tout simplement en nous emmenant ailleurs, par le biais de « Kim Yong X » et d’une intro follement… pop ! Une autre réussite avec un texte d’une poésie moderne époustouflante, à la fois abordable et profonde, tandis que le dynamisme du titre nous fait taper du pied d’enthousiasme. « Trois Degrés de Séparation » nous pose aux États-Unis et parle d’apocalypse programmée, contrastant avec la beauté du monde prônée par le titre précédent et que l’Atlas observe, tout en en faisant partie. En fait, un équilibre incertain dans une période incertaine. Le titre résonne encore plus à l’heure actuelle. « Chambre Avec Vue » nous embarque dans une vignette plus typique, rupture et conséquences, blessures et incertitudes encore, tandis que la musique nous offre des parties grandioses de guitares, avec une batterie martelante et des cuivres classieux. Retour du banjo avec « B.A.U » dans ce road movie, une chronique au texte saisissant. La trompette fout des frissons, soutenue par une magnifique batterie porteuse et un Helmut en conteur hors pair. Très beau moment. « Un Beau Salaud » rappelle les efforts précédents mais sa sonorité folk trouve une place de choix dans ce recueil de beautés fragiles. Saluons le travail de Léopold, inimitable : un vrai artisan du son Tellier.

La Maison Tellier Atlas Band 1

Les trois morceaux suivant à la suite, c’est carrément un coup de génie ! « Facile À Dire » enthousiasme par son texte drôle et bien vu, accompagné d’un dynamisme musical réjouissant, une critique acérée de notre façon de communiquer. « Copie Carbone » nous transporte dans un western désespéré évoquant la conformité ambiante dans tous les domaines. Le texte n’aurait sûrement pas déplu à Souchon, avec toujours cet écrin lumineux pour éclairer une sorte de fatalité. Enfin, « Camarade #2 » clôture cette trilogie de l’apathie avec brio. La suite est tout autant magistrale. Une nouvelle trilogie s’ouvre avec « Tout L’Univers » qui ralentit la cadence et retrouve la thématique de la beauté du monde à contempler. Fantastique travail de Léopold à la trompette, batterie discrète de Jeff, mais qui prend une place de plus en plus importante pour scander la vérité de ce titre sur les guitares évocatrices de Raoul. Un souffle qui porte. Raoul nous ravit avec sa 6 cordes et la folk dans « Lettres à M. » réjouit, avant l’arrivée de cuivres classieux qui emportent le titre encore plus haut. Un morceau parfait, comme le monde qu’il évoque. Que dire aussi du chant d’Helmut, en état de grâce sur tout l’album. « Les 12 Travaux d’Helmut » referme ces chapitres d’une manière épique. L’Atlas regarde les hommes passer, il est temps que les hommes regardent le monde d’un nouvel œil. Les guitares flambent dans ce titre, invoquant l’esprit du grand Neil Young, laissant l’auditeur sur ces considérations tempétueuses.

La Maison Tellier Atlas Band 2

Enfin… juste avant le final caché et collectif, « Nili Pona », dans un langage inventé et qui ne contiendrait que des mots heureux. Un peu comme si on devait revenir à l’origine du monde. Remettre les compteurs à zéro. D’ailleurs, l’époque aurait pu être propice à une grande remise en question. Mais La Maison Tellier sait très bien que c’est illusoire. Alors, chanter la beauté du monde et les travers des hommes qui la peuplent, c’est l’observer et la conter en laissant des clés de ce qu’est l’humanité. Atlas est un recueil, un témoignage, une cartographie d’un monde en déclin et en même temps un espoir. Ce qui amène ce disque à être réellement un petit chef-d’œuvre.

https://lamaisontellierofficiel.fr/

 

C’est Helmut Tellier qui a bien voulu nous éclairer sur le travail créatif de La Maison Tellier pour ce nouvel album, Atlas, avec la participation de Raoul Tellier. Grand merci à eux deux !

La Maison Tellier Atlas Band 3

Frédéric Natuzzi: Quel rôle a joué la période de confinement pour la création de cet album ?

Helmut Tellier: Comme pour beaucoup d’artistes, le confinement a été un catalyseur de création. En partie parce qu’on s’est retrouvé avec beaucoup de temps devant nous, chacun chez soi, sans possibilité de se voir en vrai, ce qui nous a permis de bosser l’écriture plus intensément que d’habitude. Quand on tourne, ce n’est pas forcément évident de se dégager du temps et de l’énergie pour écrire de la musique régulièrement.  En partie par réaction pure et simple, on a été contraint au silence forcé pendant de longs mois, notre réflexe a été d’écrire, écrire et encore écrire, puisque ça, ça nous était encore permis. Enfin, la crise sanitaire a joué un rôle crucial dans le processus d’enregistrement, puisqu’on a pu investir la scène de la Sirène (à la Rochelle), pendant trois semaines, sans interruption, y installer nos instruments, notre matériel, y tester toutes les chansons sans contrainte, puis faire les prises de son, directement, sans avoir rien à bouger. C’est un confort indéniable, auquel on n’a pas accès d’habitude. Dans un studio « classique », le temps est très précieux, on ne peut pas se permettre d’expérimenter trop longtemps. Là on a pu faire pas mal de tests en situation avant de finaliser chaque chanson. Ça aurait été complètement impossible en temps normal, puisque la salle accueille des concerts au moins chaque week-end.

FN: Un des thèmes principaux de cet album est la beauté du monde. Rester confiné chez soi permet-il de mieux se projeter dans un monde qui devient inaccessible ?

HT: Paradoxalement, le monde n’a jamais été aussi présent que durant cette période, son poids sur chacun de nous ne s’est jamais autant fait sentir. L’idée est de réussir à changer de point de vue, plutôt que de se lamenter sur la « privation de libertés », il nous semblait plus fertile de reconsidérer ce qui fait de nous des humains, ce qui constitue notre rapport au monde, à l’autre. La beauté se trouve partout, pour peu qu’on se donne le mal de la chercher.

FN: En parallèle, vous faisiez la tournée 1.8.8.1 pour laquelle vous passiez en revue l’histoire de La Maison Tellier. Atlas aurait-il été différent si vous ne l’aviez pas faite ?

HT: Bien sûr. « 1.8.8.1 » a nourri l’écriture d’Atlas, et réciproquement, d’ailleurs. Cette tournée est une façon de regarder dans le rétroviseur, comme pour dresser un bilan de ces quinze ans d’existence depuis la sortie du premier album, à l’aune de ce que nous sommes aujourd’hui. Avec Atlas, on revient aussi à nos sources, en quelque sorte, avec ce parti pris très folk americana qui nous obsédait à nos débuts. C’est un peu le « premier-album-qu’on-aurait-aimé-enregistrer-mais-qu’on-ne-savait-pas-faire-à-l’époque », tout comme « 1.8.8.1 » a été la tournée qu’on aurait aimé faire il y a quinze ans, sans savoir comment procéder à ce moment là. Ce sont deux manifestations de ce désir de retour à nos fondamentaux, cette volonté de se souvenir de ce qui nous a motivés à nous lancer dans l’aventure Maison Tellier.

FN: Vous avez réalisé cet album d’une manière proche du live. En quoi cela a modifié votre approche ?

HT: L’approche « live » constitue une contrainte certaine, puisque les technologies d’aujourd’hui permettent de peaufiner les enregistrements à l’infini, ou presque. Quand tu joues « live », ou quelque chose s’en approchant, tu réduis considérablement tes possibilités, notamment dans la direction des arrangements. Tu ne peux pas empiler 50 guitares et espérer reproduire le résultat avec un seul instrument, par exemple. Paradoxalement, cette contrainte a été libératrice. C’est souvent le cas, trop de libertés ou de possibles peuvent paralyser, inhiber la création : où vas tu quand tu peux aller n’importe où, et qu’aucun choix ne te semble plus pertinent qu’un autre ? Alors que quand tu définis un cadre plus précis, tu te sens souvent plus libre de l’explorer et de jouer avec les règles que tu as fixées. C’est également une façon de se recentrer sur ce qu’on sait faire le mieux, ce qui nous caractérise en tant que Maison Tellier : cinq mecs qui jouent de la musique ensemble, sans (trop) d’artifices techniques. Encore un retour aux sources, donc !

FN: Je qualifierais cet album de « libre » et « lumineux ». Vous étiez-vous donnés une direction particulière ou avez-vous laissé libre cours à vos envies ?

HT: Libre et lumineux, ça nous va très bien. Nous sommes, comme dit plus haut, assez adeptes de la liberté dans la contrainte. La contrainte, c’est le format « chanson », le fait d’être cinq, les moyens dont nous disposons. Le cadre étant posé, charge à nous de nous y ébrouer au maximum, pour éviter l’ennui, la répétition, pour continuer notre quête incessante de la joie. Et la joie, quand on la trouve, apporte la lumière.

FN: Cette notion de liberté, contrariée ou non, est présente tout au long de l’album. Étais-ce un thème d’écriture voulu ?

HT: Je ne pense pas qu’il y ait de volonté, de direction assignée lorsque j’écris un texte. Je me contente d’ouvrir une porte sur ce que j’éprouve à l’instant t. Je puise dans ce qui fait de moi l’homme que je suis à ce moment de ma vie. En cela, je raconte ma vie en chansons, depuis pas mal d’années maintenant. Il faut croire que mon amour de la liberté est une de mes problématiques du moment !

La Maison Tellier Atlas Band 4

FN: Vous jouez également dans Animal Triste et Jeff, votre nouveau batteur, est aussi dans ce groupe. Animal Triste a-t-il aussi été le catalyseur de cette liberté ?

HT: Avec Animal Triste, on repart un peu à zéro, on se rachète une virginité musicale, on peut chanter en anglais, jouer plein de guitares très fort, construire des morceaux sans se demander s’ils passeront à la radio, ou bien s’ils sont « Tellierisables », tout simplement… Il est évident que cette liberté retrouvée dans Animal Triste nourrit également Atlas et La Maison Tellier. Quand tu trouves un moyen de relâcher la pression d’un côté, tu te détends nécessairement de l’autre, tout devient plus fluide.

FN: Pour le chant, as-tu abordé ces chansons d’une autre manière qu’à l’accoutumée ? L’expérience Animal Triste a-t-elle changé quelque chose dans ta façon de chanter ?

HT: Je vois ça de manière plus globale, j’ai une manière très instinctive d’aborder mon chant. Toutes mes expériences en tant que chanteur viennent nourrir la pratique de mon instrument, chaque mot chanté, seul chez moi, dans des chorales, avec LMT ou AT contribue à patiner ma voix, à lui donner une identité qui exprime de la façon la plus authentique – j’espère – l’homme que je suis devenu.

FN: Raoul : un peu la même question concernant tes guitares. L’expérience Animal Triste a-t-elle joué un rôle pour la composition des morceaux d’Atlas ? Il y a beaucoup de styles de jeu dans cet album ! « Tout L’Univers » est très différent d’un « Kim Yong X » par exemple.

Raoul Tellier: Je ne sais pas trop. En tout cas, pas de manière consciente. Dans Animal Triste, mon rôle est de rajouter un peu de bazar au dessus de l’édifice construit par les autres, je participe beaucoup moins à l’écriture brute des chansons, même si je compose quand même un peu. Dans La Maison Tellier, mon poste est beaucoup plus central : je compose beaucoup, et je suis en gros le seul instrument harmonique, j’ai énormément d’espace à remplir. Je vais donc écrire des parties plus complètes et plus complexes, alors que dans Animal Triste je dois me plier à un travail d’épure, pour ne pas marcher sur les plates bandes de mes camarades guitaristes. Ce n’est d’ailleurs pas un exercice facile, je n’ai pas l’habitude de travailler ainsi ! « Tout l’Univers » et « Kim Jong X » sont en effet assez différentes (elles n’ont pas le même compositeur), dans la première j’ai essayé de construire une partie unique et épurée mais qui remplit toute la chanson, alors que pour la deuxième j’ai essayé d’écrire juste un riff entêtant et efficace, certes, mais qui n’a pas beaucoup de sens si tu le joues sans le reste de l’arrangement. Mais bon, vu que les deux existaient avant que j’intègre Animal Triste, je ne pense pas que mon travail dans ce dernier ait influencé quoi que ce soit !

FN: La chanson « Atlas » est unanimement reconnue par les fans qui l’ont entendue en live comme une immense chanson. L’aviez-vous ressenti en la composant ?

HT: Je me souviens de manière très précise de l’instant où cette mélodie et ces quelques mots sont sortis de moi, je me suis couché heureux le soir qui a suivi. C’est généralement bon signe ! On savait qu’on était sur une très bonne piste et qu’il ne fallait rien lâcher, tout en évitant de tout casser par perfectionnisme mal venu. On avait l’accroche mélodique du début du couplet, on la trouvait très forte, un peu inédite dans notre répertoire, et elle restait bien en tête. Mais on ne savait pas trop comment la développer. Alors on a avancé prudemment, pour ne pas briser ce qui était déjà là et qui nous plaisait, on a essayé plusieurs versions avant d’arriver à celle qui figure sur le disque. Une fois qu’on l’a finie, on savait qu’on avait une chanson forte, mais ça nous a vraiment frappé à partir du moment où on l’a jouée sur scène, en conclusion du spectacle « 1.8.8.1 ». Le court moment de silence, presque de recueillement, qui la suivait quasiment systématiquement, avant les applaudissements, nous a conforté dans notre impression : cette chanson a le pouvoir saisir le public, et de l’emmener ailleurs, l’espace d’un instant.

La Maison Tellier Atlas Band 5

FN: Comment fonctionnez-vous avec les cuivres ? Ils sont très importants sur cet album. Sont-ils arrangés sur le moment ?

HT: Non, ils sont mûrement réfléchis en amont. On a fait un gros travail d’épure, on voulait qu’ils soient là, mais pas « trop » là, comme on a pu le faire par le passé. C’est aussi valable pour les guitares, du reste. Bien sûr on a fait des ajustements de dernières minutes, mais la plus grande partie des arrangements sont fixés bien en amont de l’enregistrement.

FN: « Les 12 Travaux D’Helmut », morceau épique, résume le propos de cet album tant au niveau des paroles que musicalement. Comment l’avez-vous élaboré ?

HT: C’est une chanson qu’on a construite à partir de deux ébauches, une d’Helmut (les couplets chantés) et une de Raoul (les refrains « instrumentaux »). Une véritable collaboration à 50%. On a commencé à travailler dessus pendant notre toute première session d’écriture, durant l’été 2019. On aimait bien son énergie brute et contenue, à la Neil Young, qui contraste avec le côté très élaboré et référencé du texte, tout en l’épousant parfaitement. Ça a quasiment été une évidence de suite qu’on terminerait l’album par ce titre et son solo rauque et débraillé. De toute façon, c’est un peu comme la stratégie de la terre brûlée, après cette chanson, tu ne peux pas vraiment enchaîner sur une autre.

FN: « Nili Pona » est chantée dans une langue inventée. Pourquoi avoir choisi cette langue, que représente-t-elle ?

HT: J’ai toujours été touché par les musiques chorales de Mélanésie et de Micronésie, j’y trouve quelque chose d’intemporel, d’universel, qui me touche au plus haut point et renforce mon sentiment d’appartenir à quelque chose qui me dépasse, de faire partie du monde, justement. J’ai toujours été fasciné par les langues étrangères, le mythe de Babel, la capacité du cerveau humain à intégrer dès la naissance n’importe quelle langue. Nous sommes fabriqués pour ça, conçus comme ça. Je m’intéressais aux langues rares, difficiles, en voie de disparition, et suis tombé sur le Toki Pona, langue fabriquée par une linguiste, langue simplissime, qui peut s’apprendre en quelques heures. Son principe est simple : il n’existe que des mots descriptifs et positifs. Si tu ne peux plus exprimer de négativité, elle va de fait disparaître de ta vie. Imagine un peu 🙂

FN: Les premières dates de concert arrivent très bientôt ! A quoi devrons-nous nous attendre ?

HT: Beaucoup de sincérité et de musique en bois. C’est pas encore sur cette tournée qu’on va chanter du disco lent rappé par dessus un Iphone branché dans la façade.

Propos recueillis par Fred Natuzzi (Février 2022)

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