Harsh – Feels

Feels
Harsh
Fireflash Records
2026
Lucas Biela

Harsh – Feels (+ Interview)

Harsh Feels

Harsh signe avec Feels un album où les sentiments, quels qu’ils soient, occupent une place importante. Mais d’abord, qui sont Harsh ? Éprise des sonorités glam metal et hard rock des années 80, cette formation a vu le jour quand Léo Löwenthal (batterie, chœurs) et Séverin Piozzoli (guitare, chœurs) ont rejoint les amis d’enfance Albert Arnold (chant) et Julien Martin (basse, chœurs). Le premier album du quatuor, Out Of Control, sorti en 2022, avait été bien accueilli par la presse et par le public. Après avoir passé quelques mois en tournée, le groupe a pu reprendre le chemin des studios pour plancher sur son deuxième album, Feels. Ayant bénéficié du savoir-faire d’Hannes Braun (Kissin’ Dynamite), le son est plus proche de ce que l’on peut attendre d’un tel combo. Côté musique, on est à nouveau dans un monde où la puissance du hard rock côtoie des voix aussi bien enjouées qu’implorantes.

Et cette versatilité marque des morceaux comme « Break Your Way » ou « Offer You A Rome ». Dans le premier, la marche qui se met en branle définit en effet les hauts et les bas de la vie d’une rockstar. La tête plus souvent relevée que baissée, son allure est néanmoins ponctuée par des mélodies aux petits oignons comme seul Kip Winger sait les préparer. Le second morceau a beau tourner à plein régime, les contrastes le tiraillent. Alors qu’Albert montre des signes d’exténuement dans sa quête inlassable du Graal, ses camarades exultent de joie dans des chœurs qui feront le bonheur des fans sur scène. En outre, entre amertume et espoir, c’est à la manière de Sebastian Bach fouillant dans sa mémoire que « Forever Yesterday » passe en revue des souvenirs de bonheur fané. Et ici comme avec Skid Row, on est saisi par les guitares solaires. « When We’re Together » nous invite à nouveau à un jeu d’ombres et de lumière. Quand la douleur de la solitude se manifeste dans les contractions de la voix, c’est à gorge déployée que notre chanteur clame la joie des moments partagés à deux.

Harsh Feels band 1

Mais c’est également la pugnacité qui est soulignée. Ainsi, en matière de ténacité, « Fuel To The Fire » détone par son attachement viscéral au rock ’n’ roll. Quoi de mieux alors pour marquer le coup qu’un bon riff entêtant autour d’un rythme filant à toute vitesse. Les cris de joie d’Albert et les notes enchevêtrées de Séverin témoignent également de cette addiction dont nos valeureux musiciens ne peuvent se passer. Entre tension et entrain, « Maniac », la reprise du fameux tube de Michael Sembello, présente un autre exemple d’obstination. Moins mordante que celle de Sargant Fury (où le chant était assuré par le futur Threshold Andrew McDermott), la version de Harsh semble cependant plus aérée. Aussi, même si « Never Gonna See Me Fall » est une bluette, elle traite autant de ténacité que « Maniac ». Cela expliquerait pourquoi cette dernière chanson parle tant à notre quatuor.

L’encouragement fait également partie du vocabulaire de notre formation. Ainsi, la marche conquérante « Don’t Mess With Me » tend-elle la main à un riff hypnotique pour mettre les points sur les i dans la relation qui unit les amoureux évoqués. Les voix d’accompagnement soutiennent alors Albert avec ferveur dans cette entreprise. Guitare allègre, batterie paradante, et voix à l’entrain qui ne faiblit pas : pas de doute, « Back To Life » tient bien à redonner du tonus à une âme qui semblait avoir perdu goût à la vie. Par ailleurs, quand l’être aimé de « Losing My Mind » joue avec les sentiments de l’autre, c’est un Albert hanté et dans tous ses états qui lui fait face. Notre chanteur peut cependant compter sur les riffs amusés de Séverin et sur la batterie déterminée de Léo pour l’aider dans ses épreuves.

Harsh Feels band 2

Plus étonnant, c’est également l’étourdissement que la musique de nos Parisiens peut favoriser. Pour preuve, autour du feu qui s’allume devant l’âme sœur, la batterie de « All I Ever Wanted » ne sait plus sur quel pied danser. Solos ébahis à l’appui, la guitare semble également perdre ses moyens. Par ailleurs, on ne sait pas si c’est la danse ou l’alcool qui enivre la partenaire figurant dans « Dancing Dancing », mais ce sont bien le chant décidé (presque rappé !) et les éclairs éblouissants de guitare qui y font tourner nos têtes.

Partageant avec les formations glam/hard rock des années 80 l’énergie et l’enjouement qui ont fait leur succès, Harsh convainquent par un chant charismatique et une musique entraînante. Feels est une bonne entrée en matière pour entonner les refrains entêtants de ce combo attachant, ainsi que pour les reprendre avec plus de vigueur à l’occasion de leurs concerts.

https://harshband.com/

Entretien avec Harsh :

Harsh Feels band 3

Lucas : Pourriez-vous nous dire comment s’est formé Harsh, et nous expliquer le choix de son nom pour une musique qui ne l’est pas tant que ça ?

Albert : Je connais Julien, le bassiste, depuis l’âge de 4 ans. Donc ça fait 25 ans qu’on se connaît. On est resté amis tout au long de ces années. On est passé par toutes les étapes ensemble : l’adolescence, les grosses soirées, etc. Et à un moment on s’est dit : « il faudrait qu’on fasse quelque chose de notre vie ». Parce qu’en effet, on commençait à n’avoir aucun avenir… Et donc j’ai proposé à Julien qu’on fasse un groupe, qu’on se mette à travailler sérieusement sur un projet. On faisait des soirées tout le temps, il fallait alors se recentrer un peu. Et ensuite, on a rencontré Léo et Séverin.
Séverin : Si on remonte dans le temps, eux se sont rencontrés vraiment longtemps avant moi et Léo. Nous, c’était en novembre 2014. Si tu te souviens, il y a eu Slash au Zénith à cette époque. Et voilà comment la rencontre s’est faite.
Lucas: Ah d’accord. Donc pendant le concert ?
Séverin : Pendant le concert. Plus tard, on s’est croisés dans un magasin. Et puis, tu sais, quand tu rencontres des gens, tu discutes. Et là, ça a matché.
Albert : Et après, pourquoi le nom « Harsh » ?
Lucas : Oui, si vous ouvrez Metal Archives, vous verrez que les groupes nommés Harsh c’est plutôt metal extrême.
Julien : En fait, quand on a choisi le nom du groupe, on ne faisait pas la même musique. C’était avant nos premiers enregistrements. L’univers était un peu plus sombre, un peu plus grungy on va dire. Et d’autre part, le nom, on l’a cherché en soirée en fait. On écrivait des noms sur un bout de papier. Le lendemain, on a vu ça, on a fait, « Ah celui-là, c’est le mieux, ça correspond bien, ça sonne bien ». Et du coup, on a gardé le nom qui correspond à cette époque. Je pense que ça marche quand même, même si effectivement, c’est pas exactement le style.
Albert : En fait, le nom, c’était pas que par rapport au style musical. « Harsh », c’était aussi par rapport à la cassure. En fait, déjà à l’époque, on aimait beaucoup bosser sur les arrangements, les détails, les grosses cassures dans les morceaux. Et c’est ce qu’on voulait aussi faire passer à travers le nom.

Lucas : Pour aller au plus simple, on peut dire que vous faites du glam metal. Pourquoi avoir choisi ce style en particulier, et pas un autre dans le metal ?

Léo : Disons que le glam, c’était vraiment choisi sur l’album d’avant, Out Of Control. Et pour Feels, on a décidé de ne pas l’oublier, de l’intégrer dans nos influences. Même si, voilà, ce nouvel album est plus varié. Pour Out Of Control, on avait des riffs, du hard rock, du glam, et rien d’autre. Ici, il y a certes une grosse base de hard rock et de glam, mais il y a aussi de la pop et de l’alternatif. Le processus, consistait à faire passer des émotions, à avoir plus de choses à dire ou plus d’histoires à raconter. Et si le morceau est plus glam, alors pas de souci. Si c’est un morceau alternatif, c’est très bien aussi.
Lucas : Vous ne vous fixez pas de limites, en fait.
Léo : Oui, c’est ça, exactement.
Julien : On a arrêté de s’en mettre justement avec cet album. Et je pense que ça nous correspond plus, en fait. Avant, on essayait trop de se bloquer dans une direction au lieu de profiter de tout ce qu’on écoute.

Lucas: Concernant le travail de composition, comment cela se passe-t-il ?

Séverin : On répète beaucoup. Et en fait, pour les compositions, ce qui se passe surtout, c’est que l’un de nous arrive avec une idée. Au début, c’est un tout petit bout de mélodie, un petit bout de riff, ou une petite idée qu’on va ensuite développer tous ensemble pour arriver à un morceau où on est d’accord. Après, ou en même temps d’ailleurs, ou même avant des fois, c’est surtout Albert et Léo surtout qui s’occupent des paroles.
Albert : En fait, on a construit un studio pour nous plutôt que d’en louer un et de le payer à l’heure. On voulait vraiment avoir le temps de travailler pour nous. Donc on s’exile régulièrement, plusieurs jours, plusieurs semaines. Et ainsi, on a largement le temps de bosser tous ensemble en studio et d’apporter chacun notre pierre à l’édifice. On a alors des morceaux qui font consensus dans le groupe.

Lucas : Sur les influences, j’imagine qu’on est plutôt du côté de chez l’Oncle Sam. Great White, Poison, Warrant. En revanche, pour ce qui est des thèmes abordés, qu’en est-il ?

Léo : On a plusieurs manières d’écrire les thématiques des paroles. Parfois, c’est tout bête, mais ça peut venir d’Albert qui chante en yaourt sur un morceau. Il suffit dans un premier temps d’avoir une mélodie, un support. Et puis, il y a des mots qui se dessinent dans ce qu’il dit. Et ça nous inspire alors une thématique. Donc ça peut partir de là. Souvent aussi, soit Albert, soit moi, on arrive avec une thématique qu’on aimerait aborder, ou des paroles qu’on a déjà écrites. Ça peut être des expériences qu’on a vécues, des choses dont on est témoin. Parfois même, ça peut être d’autres sources. Il y a des morceaux où ça peut être un support poétique, des histoires.
Lucas : C’est assez large.
Léo : Oui, c’est assez large. Du moment que ça nous inspire et que ça sonne bien, on est content.
Albert : A chaque fois qu’on compose un morceau, on essaie de voir quelle émotion ça va susciter, quelle atmosphère on va faire passer à travers. C’est une vraie réflexion.
Lucas : Donc tout dépend de l’ambiance du morceau.
Albert : Oui, ce sera suivant l’ambiance du morceau. Mais comme disait Léo, l’ambiance va jouer aussi quelques fois avec des idées de paroles qui peuvent être déjà là. On va alors essayer de faire une approche, mélanger les deux ensemble, faire tout concorder.

Lucas : Votre nouvel album, Feels, très bon au passage, arrive quatre ans après Out Of Control. Comment s’est faite la genèse de ce nouvel album ? Et avez-vous regagné le contrôle de vous-même depuis ?

Albert : Ah, j’adore.
Séverin : Ça a été un peu long, comme tu as pu le voir. Quatre ans, en fait, après Out Of Control.
Lucas : Sachant que l’EP, c’était aussi quatre ans avant le premier album.
Séverin : Oui, c’est vrai. C’est juste qu’à la sortie d’Out Of Control, on ne s’est pas demandé quand on allait se remettre à travailler pour en faire un autre. On a voulu profiter des concerts, jouer un max, partager avec les gens ce qu’on aime faire. Et au bout d’un certain temps, on s’est dit : « Bah tiens, là, ça commence à faire un petit bout de temps, il faudrait qu’on en refasse un ». Sauf que c’était déjà deux ans après.
Lucas : Ah oui, vous tourniez beaucoup, en fait.
Séverin : Oui, et puis on n’y a pas pensé, tout simplement. Ce sont des pensées qui tournent, mais on ne s’y est jamais mis pour de vrai en se disant qu’il faudrait le faire. Et au bout de deux ans, on s’est dit : « c’est maintenant ». Sauf que ça prend à nouveau deux ans. Mais c’est du temps qu’on a pris, à mon avis, pour faire quelque chose d’assez fort, et dont on est content.
Lucas : Oui, en termes de production, je trouve qu’il y a un plus par rapport à Out Of Control.
Séverin : Et comme évoqué par Albert juste avant, on a essayé de s’exprimer davantage que dans le précédent.
Lucas : D’où vos trombines sur la pochette de Feels.
[Rires]
Séverin : Oui. Et le titre.
Albert : Ensuite, est-ce qu’on a repris le contrôle ?
Julien : Je dirais que c’est l’inverse. On a perdu le contrôle, parce que là, on est parti sur l’expression des émotions, des sentiments. On a lâché une direction artistique fermée pour nous ouvrir à d’autres sentiments.
Léo : C’est un point de vue intéressant. Je dirais qu’on a repris le contrôle, parce qu’on est beaucoup moins spectateur de notre carrière, on est beaucoup plus acteur. On organise, on est devenu professionnel. On a une vision à plus long terme et on prend vraiment le temps de réfléchir à nos décisions. Je dirais que d’un point de vue administratif, professionnel, on aurait peut-être repris le contrôle.
Albert : Donc on a repris le contrôle administrativement, mais on l’a perdu musicalement.

Harsh Feels band 4

Lucas : On va rester sur le dernier opus. La musique, par rapport à Out Of Control, me semble y être plus musclée. C’est peut-être juste une impression, ou alors c’est le fait que Hannes Braun, de Kissin’ Dynamite, soit impliqué dans le mixage ?

Albert : Ça joue beaucoup en effet. Pour l’anecdote, j’étais à Annecy en vacances, et je savais que Mathieu de BlackRain habitait là-bas. Donc je lui passe un coup de fil et il m’invite à la maison. Et là il me dit : « Tiens, écoute ça ! ». Il me met l’album Untamed de BlackRain. C’est le morceau éponyme qui passe. Il le met à fond, et là je réponds : « Mais ça, c’est terrible, c’est incroyable ! ». Vraiment, je trouvais ça impressionnant, comparé à l’album d’avant, Dying Breed, que j’adorais déjà. Mais là, le son était vraiment un gros step up. BlackRain nous aide énormément. Et Mathieu m’a dit : « Appelle Swan, parle-lui, il connaît Haness ». Donc c’est vraiment parti de là. Et nous, on adore Kissin’ Dynamite. En plus d’avoir un son qui déboite, c’était un honneur de bosser avec Haness. Si on compare à Out Of Control, ça a donc joué dans la lourdeur du son.
Lucas : Et Hannes, il ne vous connaissait pas ?
Albert : Non, il ne nous connaissait pas du tout. Donc voilà, effectivement, Haness fait partie de cette évolution.
Léo : Je pense que c’est une grosse partie de ce qui fait que ça sonne plus gros. Après, il y a aussi le fait qu’on joue mieux à mon avis. On est donc moins concentré, et ainsi on a plus d’émotions, de lâcher prise dans ce qu’on joue. Mais je pense que Haness fait une bonne partie aussi de ça.
Lucas : D’ailleurs, pour Out Of Control, ce n’était pas non plus un illustre inconnu qui vous a épaulé
Séverin : Ah, oui, Simon Heyworth. Mais il nous avait fait le mastering, il n’avait pas mixé.

Lucas: Vous avez choisi de faire une reprise du fameux tube « Maniac » de Michael Sembello. C’est un morceau qui figure sur son premier album, Bossa Nova Hotel. Pourtant, c’est le deuxième album de l’ancien collaborateur de Stevie Wonder, Without Walls qui se rapproche davantage de votre style. Je pense notamment à des morceaux AOR comme « Tear Down The Walls » ou « Burn It Up ». Pourquoi donc ce choix de « Maniac » : est-ce parce que ce morceau colle à la peau de Sembello ? ou est-ce parce qu’il colle davantage au nom de votre groupe ?

Albert : Le deuxième album, on ne le connaît pas. En revanche, à la question « Pourquoi le choix de « Maniac » ? », on à la réponse. On avait pour idée de faire une reprise, trouver un morceau qu’on pourrait reprendre à notre sauce. On trouvait ça sympa et on s’est dit, ça pourrait nous aider à le faire découvrir aussi. Donc, on a essayé plusieurs morceaux. Le dernier, avant « Maniac », c’était « Call Me » de Blondie. Il sonnait plutôt bien, mais dès qu’on est parti sur « Maniac », on a senti une atmosphère avec le riff à la gratte et la batterie bien heavy. En jouant le morceau dans notre studio, je pense que c’est le ressenti qui a fait qu’on a été motivés pour le réarranger. Et aussi, c’est un morceau qui n’est pas du tout hard rock à la base. Donc, on trouvait le défi plus intéressant que de s’attaquer à quelque chose de traditionnel.
Lucas : Sachant que, vous le savez peut-être ou pas, « Maniac » avait été repris par Sargant Fury, le premier groupe d’Andrew McDermott (Threshold). Avantasia aussi l’avaient repris.
Léo : Oui, pour Avantasia, on l’a appris après. Idem avec d’autres groupes comme Firewind, car on connaissait par ailleurs la version de Carpenter Brut.
Lucas : Oui, j’ai été surpris du nombre de reprises « metal ».
Léo : Et du coup, on s’est rendu compte qu’on n’était pas original.
[Rires]
Lucas : Oui, mais c’est juste pour dire que dans le monde du hard et du metal, « Maniac » revient souvent.
Léo : C’est parce que ce morceau sonne terrible à mon avis.

Lucas : Venons-en aux tournées. Vous avez côtoyé par le passé Anvil, Loudness et Chris Holmes de W.A.S.P. Est-ce que c’était intimidant pour vous ou est-ce que ça vous a motivé pour donner le meilleur de vous-même ?

Léo : Anvil, c’était notre première vraie tournée. C’était intimidant, mais c’était surtout excitant parce qu’on s’est dit : « C’est la première fois, on va tourner à l’étranger et faire plein de dates d’affilée ». Donc on avait surtout hâte de le faire. Après, effectivement, c’est quand même un groupe de légende qui a traversé les époques, donc c’était un honneur de jouer avec eux. C’est quelque chose qui nous tire vers le haut. Souvent, on aime bien se mettre des objectifs et quand on voit un groupe balèze sur scène, ça ne nous donne qu’une envie, celle de nous dépasser. Là, c’était le cas pour cette tournée, mais ça l’a été plus récemment aussi. On a vu des groupes comme Lost Society ou Royal Republic en live. Quand on voit le niveau de ces prestations, on se prend une claque. On réfléchit, et on se dit qu’il va falloir monter aussi le niveau de ce qu’on fait. Donc c’est quelque chose de positif.
Lucas : Et le retour du public ? Quand vous faites les tournées avec ces groupes, sentez-vous que le public adhère ?
Léo : En général, il adhère. Ils sont contents de voir un groupe jeune ou plus jeune qui joue des musiques plutôt proches. Ils apprécient de voir qu’on passe le flambeau, mais à notre sauce. Globalement, c’est toujours des bonnes expériences. Et peu importe les pays, puisqu’on a eu la chance d’en traverser plusieurs. Et l’accueil y est toujours bon.
Lucas : J’imagine que vous avez plus de succès à l’étranger qu’en France ?
Léo : Cette année, on a eu plus de concerts au Royaume-Uni qu’en France.
Lucas : Je dis ça par rapport au style, parce qu’en France, je ne pense pas que ce soit très développé.
Julien : C’est plus compliqué en France, au niveau du style pur. Mais après, on arrive quand même à jouer dans la scène metal, voire sur certains festivals généralistes.
Lucas : Le Hellfest ?
Albert : Pas cette année.
Julien : On attend qu’ils nous contactent. C’est sûr que c’est plus facile à l’étranger, mais il y a quand même un potentiel en France.
Séverin : C’est assez difficile à mesurer, parce qu’effectivement, on joue beaucoup au Royaume-Uni, et en Allemagne aussi. Mais la plus grosse date qu’on ait faite, c’était en France. À mon avis, ça se vaut un peu partout. C’est juste un peu différent.
Lucas : Je pensais à l’Allemagne entre autres, parce que là-bas, ils sont vraiment à fond dans le metal.
Julien : C’est sûr qu’en soi, il y a plus de public là-bas dans le style.
Lucas : Vous pouvez y faire plus de dates, en fait.
Julien : Oui, il y a plus d’industries, plus de public, plus de festivals, mais pour l’instant, on ne le quantifie pas vraiment, parce qu’en France, on a réussi à sortir un peu de notre scène. En Allemagne, on commence à jouer, mais c’est que le début. Là, on va tourner avec les Allemands de New Roses. Ça sera, je pense, la plus grosse date qu’on aura faite jusque-là là-bas.

Lucas : On va rester sur les tournées. En effet, avec la sortie de l’album Feels, j’imagine que vous allez en faire une ?

Léo : On a pas mal de dates qui sont déjà annoncées. On en a deux très belles en Écosse, une à Glasgow et l’autre à Alloa. On est aussi invités dans un festival en Angleterre. En Allemagne, ce sera quatre dates. En Suisse, il y aura une date. On va aussi donner quelques concerts en France, notamment au Damfest. Sans oublier le 3 juillet à la Maroquinerie de Paris, avec Existance en guest. On attend vraiment avec impatience cette date, qui est hyper importante pour nous. D’autres dates ne sont pas encore annoncées, mais elles ne tarderont pas à l’être.
Lucas : Et donc, le prochain album dans quatre ans.
[Rires]
Albert : Non, dans deux ans.
Léo : Pour être plus précis, le 3 juillet, c’est pour notre release party.
Lucas : Oui, c’est la date de sortie de l’album.

Lucas : Le mot de la fin ?

Julien : Merci à toi et merci à tous d’avoir lu. On espère que vous vous connecterez avec l’album autant que possible, que vous vous approprierez les morceaux et que vous ressentirez votre propre histoire. On espère vous voir en live.
Lucas : Des remerciements pour le label ou d’autres ?
Albert : Merci Markus de Fireflash, Élodie et Romain de Singularités, Judith Fischer, United Forces, Hannes Braun, Rockfield, BlackRain, Mind Of Music. Merci aussi à vous tous de nous suivre et de nous écouter.

Propos recueillis par Lucas Biela le 11 juin 2026 à l’Hôtel Alba Opéra, Paris

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