7Weeks – Going Back Home

Going Back Home
7Weeks
F2M PLANET
2026
Palabras De Oro

7Weeks – Going Back Home

7Weeks - Going Back Home

Après toutes ces années d’existence, je ne les ai toujours pas vus en concert. Pourtant les Limougeauds de 7Weeks reviennent régulièrement m’écorcher les oreilles avec leur rock rocailleux et grungy. Cette fois-ci, c’est l’EP Going Back Home, dixième album du groupe, qui s’est fixé pour objectif de me faire éclater les tympans. Son titre est paradoxal, car il a été entièrement enregistré entre Londres et Birmingham avec Adrian Bushby (Foo Fighters et Muse) aux consoles. Pas vraiment un retour à la maison, à moins que cela ne soit une allégorie d’un retour aux sources.

Chaque nouvel album recèle son lot de surprises et d’expérimentations tant 7Weeks s’attache à ne jamais s’endormir sur ses lauriers ni à chercher la gloire de façon effrénée. Alors, on s’attend toujours à ce qu’un petit diable, à chaque fois différent, sorte de sa boîte quand on appuie sur la touche play.

7Weeks - Going Back Home band1

Effectivement, cette fois-ci, c’est à un retour à leurs racines que l’on a droit. La formule power trio adoptée pour Faded Into Blurred Lines, sorti il y a trois ans, est exploitée à fond. 7Weeks s’est voulu direct et minimaliste en proposant six titres au format très court pour seulement dix-huit minutes d’un rock urgentiste que l’on est tenté de rapprocher de l’esprit punk, même si musicalement, on reste bien campé dans le rock. Le guitariste Gérard Gimenez s’ingénie à monter un mur sonore, alternant avec génie les riffs d’une puissance incommensurable. Jeremy Cantin-Gaucher fracasse sa batterie comme un forgeron son enclume. Le versatile chanteur bassiste Julien Bernard lui emboîte le pas en torturant sa quatre cordes ainsi que ses cordes vocales. C’est l’alchimie de « Shape Me » que je viens de vous décrire, un titre qui fracasse les hémorroïdes de ceux qui en ont ou qui les génère pour ceux qui en sont dépourvus. Cette entrée en matière est d’une telle puissance qu’on a l’impression d’entendre un live, ce qui sera le cas sur toute la galette. Il faut dire que le groupe a accumulé une grosse expérience de la scène ces dernières années (Hellfest, Motocultor, Dour Festival (Be), Hammer fest (Uk), etc.) Donc, cela se sent. La basse en remet une bonne dose pour lancer un «  Going Back Home » où le côté grunge des Limougeauds refait surface. « Void » et « The Ring (Of Fallen Dreams) » se montrent un poil plus consensuels et ronds avec leur refrain mélancolique bien que heavy jusqu’au bout des ongles. Décidément, la volonté du trio est claire et assumée : nous en mettre régulièrement plein la tronche avec « Gone To Waste », un second morceau « In The Face » qui claque comme un oriflamme au vent sur le rythme d’un mustang au galop. La volonté d’être direct et dépouillé sur un format réduit ne laisse pas beaucoup de place aux solos. C’est ainsi que « The Pale One », le mid-tempo qui clôture l’EP, est quasiment le seul à proposer une excursion individuelle de son guitariste sous la forme d’une courte wah wah décomplexée, façon Kirk Hammett (Metallica).

7Weeks - Going Back Home band2

C’est déjà fini pour une expérimentation qui ne laisse pas indifférent du fait qu’elle est inattendue. 7Weeks nous avait habitué à des disques plus élaborés, frôlant même l’album concept comme avec Sisyphus. Pour Going Back Home, le virage à 180° est une épingle à cheveux qu’ils ont négocié sur les chapeaux de roues pour revenir vers un rock brutal et dépouillé qui réveillerait un cadavre, même s’il n’avait pas la vocation de devenir zombie. C’est puissant bien que cela ne soit pas du metal extrême ou du punk, un peu comme si notre trio avait voulu marquer son territoire sans complaisance ni compromission.

https://www.facebook.com/7weeksmusic/
https://7weeks.fr/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.