Jonas Lindberg & The Other Side – Miles From Nowhere

Miles From Nowhere
Jonas Lindberg & The Other Side
Inside Out Music
2022
Rudzik

Jonas Lindberg & The Other Side – Miles From Nowhere

Jonas Lindberg & The Other Side – Miles From Nowhere

À l’instar de Giant Sky très récemment, il y a des albums qui débarquent de nulle part et vous scotchent sans prévenir. Certes, Miles From Nowhere ne débarque pas de nulle part, car sorti dans la continuité du projet Jonas Lindberg & The Other Side débuté il y a une dizaine d’années. Il n’empêche que je viens de découvrir l’album (ainsi que le projet), et qu’il m’a littéralement scotché.
Pour monter ce projet, le bassiste compositeur Jonas Lindberg a suivi une trajectoire assez particulière. Dans le cadre de ses études à la Music Academy de Piteå (Suède) et dans l’objectif de préparer la constitution d’un groupe, il enregistra l’EP In Secret Pace dès 2008 pour ne le publier que quatre ans plus tard, lorsqu’il se fixa à Stockholm. En 2013, s’appuyant sur un quintet de musiciens, il sortit The Other Side, un second EP qui donna son patronyme au groupe. Jonas était lancé et deux ans plus tard, Pathfinder, son premier LP, voyait le jour et recevait un accueil enthousiaste de la part de la critique.

Jonas Lindberg & The Other Side – Miles From Nowhere band1

Après avoir beaucoup tourné jusqu’à la crise sanitaire, le moment était parfait pour s’atteler à Miles From Nowhere, un opus particulièrement bichonné d’un point de vue compositions. Son exécution n’est pas en reste du fait d’un line-up très étoffé (Jonas Lindberg – basse, claviers et vocaux, Jonas Sundqvist et Jenny Storm chant, Jonathan Lundberg – batterie, Calle Stålenbring et Nicklas Thelin – guitares, Maria Olsson – percussions) et renforcé par des invités piochés parmi les anciens membres du groupe (Simon Wilhelmsson – batterie), dans la famille (Joel, le frère de Jonas) ou plus prestigieux comme Roine Stolt (The Flower Kings, Transatlantic). Le seul manquant à l’appel est le regretté claviériste Michael Ottosson disparu en 2020 ce qui conduisit Jonas à jouer les « keys » en totalité.
Les sept titres qui composent l’album sont à proprement parler époustouflants avec, en prime, ce feu d’artifice final en apothéose offert par les cinq parties du morceau éponyme qui frise la demi-heure. Jonas a tout compris au prog moderne, mélodique à tendance métallique et s’inspire de pointures comme le Spock’s Beard des débuts, notamment dans les rythmiques et l’emploi de sonorités de claviers distordues (« Oceans Of Time », « Why I’m Here », « Miles From Nowhere PT I: Overture ») ou IQ lorsque les rythmiques deviennent syncopées et que les claviers sont joués à contre-temps (« Secret Motive Man »), voire A.C.T pour les harmonies vocales et la qualité des refrains (« Little Man ») avec toutefois nettement moins de folie. Jonas cultive aussi une inclination marquée au folk sur les couplets de « Little Man », mais surtout dans le génial instrumental « Astral Journey ». Il aurait sacrément rehaussé le dernier album un peu terne de Jethro Tull dont il rappelle la grande époque avec sa gigue acoustique se renforçant par la suite de riffs plus métalliques. Un autre Anderson, Jon cette fois-ci, plane sur « Summer Queen » de par les parties de chant haut perchées et aériennes délivrées par Jenny Storm.
Ne croyez pas que Jonas se contente de piquer à droite et à gauche les idées des autres pour élaborer une sorte de melting-pot plagié et peu inspiré. Cela serait un piètre hommage et si Steven Wilson a déclaré que le prog n’existait plus, car tout a déjà été fait, encore faut-il être capable de continuer à provoquer de l’émotion, de la joie et de l’admiration lorsqu’on sort un album aussi ambitieux que Miles From Nowhere. Ces trois qualités (et bien d’autres), si recherchées dans ce petit monde nombriliste et embouteillé qu’est le prog, transpirent à chaque instant tout le long de ce formidable opus. Comme je l’écrivais plus haut, les cinq parties de « Miles From Nowhere » clôturent en beauté l’album, enchaînant une ouverture majestueuse avec une ballade dont la simplicité fait mouche avant de laisser place à des parties énervées de guitare/orgue Hammond à la Deep Purple auxquelles succède une nouvelle excursion folk, le péché mignon de Jonas. Mais que dire de ce final épique à la Frost* (Milliontown) transcendé par le magnifique chant de Jonas Sundqvist et la superbe guitare de Roine Stolt. Rien de plus, car les mots me manquent pour exprimer mon bonheur devant tant de beauté musicale.

Jonas Lindberg & The Other Side – Miles From Nowhere band2
On s’en rend compte de plus en plus souvent, le prog a résolument mis le cap vers la Scandinavie. Si on ne compte plus le nombre de groupes étonnamment talentueux enfantés par la Norvège, la Suède tient à ne pas être en reste. Jonas Lindberg & The Other Side se posent en nouveau porte-drapeau national du genre avec ce remarquable Miles From Nowhere qui résonne encore longtemps dans la tête après l’avoir écouté.

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Coup-de-Coeur

 

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