Hommage à Keith Emerson (1944 – 2016)

Keith Emerson

Keith Emerson nous a quittés. Après nous avoir époustouflés au piano et avoir transpercé de mille couteaux les claviers de ses orgues Hammond, il s’en est allé rejoindre dans les cieux le créateur de son énorme synthétiseur modulaire, j’ai nommé l’inestimable Robert Moog, génie ingénieur de la plus grande révolution musicale de ses dernières décennies, l’introduction de l’électronique dans la musique. Même si Walter Carlos fit figure de pionnier élégant, ses partitions trop classiques s’avérèrent être une impasse. Il fallait un rockeur téméraire pour sonner la charge et secouer nos oreilles une bonne fois pour toutes. C’est là qu’intervint Keith Emerson qui, d’un magistral solo de gros Moog à la fin de « Lucky Man », s’installa en inventeur du genre. Combien de solos de synthé plus ou moins bien tournés ont suivi, tentant vaille que vaille d’éclipser l’inégalable premier ? Voilà une question qui ne tarira pas les éloges dont on peut encore couvrir l’irremplaçable défunt. Il a abordé tous les styles, du rock furieux à la pop indigeste, du néo-classique pompeux à l’expérimental sous acide, toujours avec la même envie et la même maestria. On peut lui reprocher ses excès, ses errances, ses erreurs, mais on ne peut pas se permettre d’oublier la valeur sans nom de son apport, la flamboyance de son jeu et sa personnalité modeste mais cependant solaire. Nous avons tous perdu un musicien essentiel et fulgurant, merveilleux et subtil. Mais nous pouvons aussi tous le faire vivre encore et encore en écoutant avec délice et désormais un profond respect les innombrables opus auquel il a participé, je pense en particulier à ses exploits au sein de The Nice et d’Emerson, Lake & Palmer. Personnellement, c’est « Take A Pebble », dont je ne me lasserai jamais, qui me guidera avec émotion et délectation vers son souvenir. Mais c’est à chacun de choisir son morceau favori, celui qui par sa mélodie ouvragée, ses accords impossibles ou son âme sacrée sera le mieux en phase avec son moi unique. Merci encore à toi Keith d’avoir enchanté nos tympans. Tu resteras parmi nous, nous ne t’oublierons pas.

Frédéric Gerchambeau
Pour la rédaction de Clair & Obscur

2 commentaires

  • PB

    Merci pour cet hommage, hélas il ne sont pas si nombreux malgré la trâce qu’il aura laissée. Qu’est-ce qu’il aura perdu comme temps en errances diverses, l’Emerson ! Mais quand même, les 5 premiers albums d’ELP restent au Panthéon et surtout la fulgurance de Tarkus…

    Bien à vous,

    PB

  • Quanah

    Merci. Ça fait plus de 40 ans que la musique d’ELP m’accompagne. « Take a pebble  » est aussi mon morceau préféré ! Emerson m’a aussi permis d’aller vers la musique classique dont je n’avais pas, enfant, la culture. Votre hommage est honnête et fait du bien.
    Votre blog est très bien fait. Il manque peut-être un article sur le groupe français, malheureusement dissous, mais qui a marqué à mon sens les dix dernières années : « Jack the ripper »

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