Live report Elida Almeida au New Morning, Paris, le 10 avril 2026

Live report Elida Almeida, au New Morning, Paris, le 10 avril 2026
2026
Lucas Biela

Live report Elida Almeida au New Morning, Paris, le 10 avril 2026

Live report Elida Almeida

Preuve du lien indéfectible entre Elida Almeida et le public français, la Capverdienne revient au New Morning six mois après son concert du 4 octobre 2025. À l’instar de la série Charlie’s Angels, les acolytes de la belle pourraient être affublés du titre des Elida’s Angels, tant leur tenue s’y prête. La robe de notre chanteuse a beau être tout aussi immaculée, elle comporte cependant quelques points noirs : le duo québecois Angine de Poitrine, tant médiatisé ces derniers temps, aurait-il déteint sur la vedette de la soirée ? Mais ne nous perdons pas en conjectures, voyons plutôt comment Elida et son groupe ont rendu la soirée si agréable.
Rythmes chaloupés, notes de guitares virevoltantes, voix habitée où se croisent le désespoir du fado et l’insouciance de la coladeira, le moins que l’on puisse dire c’est que l’entrée en matière est fracassante. Et pour varier les plaisirs, la soirée se poursuit sur un rythme léger de bossa nova. L’ambiance est toujours secouée, mais la voix plaintive à la sensibilité à fleur de peau conduit une ligne mélodique qui réconforte autant qu’elle fait dresser les poils. Et quand ce n’est pas notre capillarité qui est affectée, c’est notre tête qui en prend un coup. En effet, avec « Txika », le jeu de cymbales a de quoi étourdir. Notre âme en revanche est touchée par le motif éploré de la guitare et les envolées émouvantes de la voix berçante. Rythme et mélancolie, voilà un combo qui demande une sacrée maîtrise pour convaincre. Et conquis, le public l’est. En effet, tels des épis au vent, les corps se balancent. Et dans les refrains, les voix se libèrent progressivement. Sur des polyrythmies enlevées et autour d’un chant qui réchauffe le cœur, la température monte en effet dans la salle et incite à s’immerger dans l’univers coloré de notre Capverdienne. Quand l’énergie monte encore d’un cran, c’est le travail incroyable du batteur qui nous saisit. La guitare part alors dans un jeu hypnotique. Le public continue de bouger et de chanter à l’unisson : c’est la folie au New Morning.

Live report Elida Almeida Band 1

Mais il ne faut pas oublier les moments de tendresse. Elida ayant perdu tôt son père, elle n’a pas eu l’occasion de connaître la relation affective qui aurait pu s’établir entre eux. Sa fille en revanche peut en jouir, et c’est l’objet de la chanson « Daddy ». Les baguettes sont alors troquées contre des balais pour apporter une dimension plus berçante aux rythmes chaloupés. Et jovialité et doutes sont de mise dans cette voix qui touche toujours autant. Le concert voit aussi son lot d’invités. Autour de rythmes enivrants contrastant avec un chant déclamatoire orienté vers les graves, c’est la petite console d’un jeune Palestinien qui ouvre la porte de la fantaisie. Preuve que le public est toujours attentif, leurs claps couvrent presque la musique. L’invité est toujours présent quand vient un morceau qui transpire l’amitié. La voix d’Elida y porte une succession d’émotions à fondre en larmes. Des cavalcades endiablées ne tardent cependant pas à transformer à nouveau le New Morning en boîte de nuit. Et l’émotion revient quand la Santiaguense annonce que « maintenant il va falloir écouter ». Sur les notes délicates de guitare, les mots sont déclamés avec fêlure et s’en trouvent davantage chargés en émotion. Le public reprend frénétiquement en chœur. Il est alors difficile de retenir ses larmes tellement cette osmose entre la jeune femme et le public est parfaite. Les claviers mimant des sons de trompette viennent néanmoins donner des airs de carnaval à une musique qui se trouve ainsi aussi rythmée qu’une batucada. La foule jubile. Et dans ce moment de liesse, la guitare en profite pour placer un solo tout aussi enflammé.

Live report Elida Almeida Band 2

Une autre personne rejoint temporairement la troupe. Ce n’est autre que la sœur cadette d’Elida. Sur une chanson qui parle de l’ex de la vedette de la soirée, l’ambiance est pourtant au slow collé-serré ! La voix revêche de l’invitée offre alors un beau contrepoint à celle plus sensible qui nous accompagnait jusque-là. Mais quand les deux se joignent, la complicité et la bienveillance qui s’en dégagent nous touchent. Et entre solos introspectifs et notes éplorées, c’est aussi la guitare qui nous bouleverse. Une autre femme vient ensuite fouler les planches du New Morning. Sa voix plus fluette mais au flot plus rapide se pose sur une chanson où le zydeco rencontre les chants marins. Le batteur impressionne alors dans les roulements de ses peaux. Les trois femmes de la soirée finissent par conjuguer leurs voix et leurs danses, contribuant ainsi encore davantage à l’atmosphère de fête. Quelques morceaux plus loin, sautant et reprenant a l’unisson les refrains, la foule est toujours autant emballée.

Live report Elida Almeida Band 3

Pour ce nouveau concert au New Morning, Elida Almeida n’y est pas allée de main morte. Des invités qui pimentent le set, des styles variés, un équilibre entre puissance et délicatesse, et une énergie débordante. Étant donné la qualité de ses concerts, on ne sera pas étonné que la Capverdienne soit plébiscitée dans des pays aussi divers que le Japon, la Norvège, la France ou le Mexique.

http://www.elidaalmeida.com

 

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