Live report Onslaught+Toranaga UK+The Prophecy23, au Petit Bain, Paris, le 12 octobre 2026

Live report Onslaught+Toranaga UK+The Prophecy23, au Petit Bain, Paris, le 12 octobre 2026
2026
Lucas Biela

Live report Onslaught+Toranaga UK+The Prophecy23, au Petit Bain, Paris, le 12 octobre 2026

Live report Onslaught

Garmonbozia organisait le 12 octobre à Paris une soirée placée sous le signe du thrash metal. Et ce ne sont pas moins de trois groupes qui sont à l’affiche. D’un côté, on note la présence de deux formations anglaises qui ont baigné dans l’âge d’or du style, Toranaga UK et Onslaught. De l’autre c’est un groupe plus récent, The Prophecy23, maniant toutefois un langage plus protéiforme.

Le groupe heavy/thrash britannique Toranaga a enregistré deux albums à la fin des années 80. On l’a vu tourner dans les années 90 mais sans le chanteur Mark Duffy. Celui-ci a réintégré le combo à l’aube des années 2010. Cependant, le co-fondateur Andy Mitchell ne participant pas aux retrouvailles, il a souhaité garder le nom d’origine. Il a donc fallu en trouver un autre, et c’est Toranaga UK qui a été choisi. Mark a toujours l’énergie de ses débuts, et sur scène, cette hargne se manifeste aussi bien dans la voix que dans le regard. Le chant enlevé est parcouru de notes d’effroi qui glacent le sang tout en donnant leur charme aux morceaux. Le batteur, Toby Wallace, est impressionnant et même quand il s’agit d’aller vite, il trouve le moyen de varier les allures, évitant de plonger le public dans la lassitude. Par ailleurs, tout le long du set, des solos incendiaires sont assénés, et, de-ci de-là on apprécie les incursions « sinistres » aux accents doom de toute majesté. Les grands classiques, comme le galopant « Execution » ou le pilonnant « The Shrine », sont évidemment à l’honneur. Ce sont également des morceaux plus récents qui sont présentés, comme l’implacable « Desecration » ou l’insistant « Crash And Burn ». Le public suit et se délecte.

Live report Onslaught Band 1

La suite du programme, ce sont les Allemands de The Prophecy23. Bien qu’actifs depuis le début des années 2000, il faut attendre 2010 pour que leur premier album voit le jour. Quatre autres albums plus tard, les voici accompagnant Onslaught dans leur tournée européenne. Le moins que l’on puisse dire, c’est que leur musique est très loin du revival old school thrash de la décennie dans laquelle ils ont commencé à se faire un nom. En effet, une touche punk donne une coloration crossover thrash à leurs compositions tandis que des échos death metal nous propulsent dans des territoires plus extrêmes. Et il ne faut pas oublier les influences groove metal et nu metal. Ajoutez que le groupe ne se prend pas du tout au sérieux et vous avez un côté potache qui les rapprocherait de groupes de parody metal tels que nos Ultra Vomit nationaux. Et c’est cette dernière facette qui leur permet de se mettre le public dans la poche. Les « tikee tikee tikee tok » de « Mosh O’Clock » ou les « All we need is just drinks » de « No Deep Talks Just Drinks » apportent un peu de légèreté dans la salle. On s’amuse aussi quand vient la chanson glorifiant la « Kutte » (la veste à patches). Mais on sourit également devant le contraste entre le refrain bon enfant de « We Love Fresh Metal » (notez que fresh se prononce comme thrash) et les passages gutturaux bien sombres. Et notre rictus ne retombe pas quand le chant effroyable sur fond de blast beats suit l’exhortation presque rap metal « When I say chill you say alright » de « Chill’ Em All ». Ce mélange des styles peut heurter mais il ne faut pas perdre de vue que The Prophecy23 cherche à passer du bon temps et à en faire profiter le public. D’ailleurs, nombreuses sont les incitations au mosh pit, au circle pit, ainsi qu’au crowdsurfing. Le public, un peu frileux sur ce dernier (seulement deux bonnes âmes se sont prêtées au jeu), semble cependant s’être régalé par ailleurs.

Live report Onslaught Band 2

La tête d’affiche, Onslaught, fait à nouveau régner le thrash traditionnel dans la salle. En discutant avec un fan, celui-ci m’avait confirmé que le thrash n’avait pas pris en Angleterre à l’apogée du style. Onslaught figurait donc parmi les rares grands groupes de ce genre à faire parler de lui (les autres étant notamment Xentrix et Toranaga). Pour la petite histoire, le combo de Sy Keeler a démarré comme une formation de punk/hardcore influencée par la scène UK82 (The Exploited, Discharge ou encore GBH). Tout comme Toranaga, les thrasheurs ont été très actifs dans les années 80, avant de revenir sur le devant de la scène peu avant les années 2010. Ici encore, les anciens hymnes comme l’obsédant « Death Metal » (eh oui, il n’y a pas que Possessed qui a un morceau intitulé ainsi) ou le conquérant « Metal Forces » croisent les morceaux plus récents. Mais dans tous les cas, c’est à une véritable débauche d’énergie que l’on assiste. Que les morceaux soient galopants ou plus fulgurants, on peut compter sur Onslaught pour faire vibrer les tympans et secouer la tête. À ce titre, le batteur est une vraie machine : si les morceaux ne s’arrêtaient pas, il pourrait certainement poursuivre sans montrer le moindre signe de fatigue. Des solos hallucinés parsèment le set et font tourner les têtes, qui ne manquaient déjà pas de se balancer. Mais ce qui impressionne c’est la voix de Sy. Entre cris de banshees à rendre livide le mieux portant des humains, et vociférations plus caverneuses, le soixantenaire est stupéfiant dans ce grand écart. Le public peut donc se rassurer : le groupe de légende Onslaught n’a rien perdu de son aura.

Live report Onslaught Band 3

Le 12 octobre au Petit Bain, les fans de thrash metal avaient rendez-vous avec l’histoire. Onslaught et Toranaga (désormais Toranaga UK) sont en effet des pionniers de la scène anglaise et les deux ont pu prouver qu’ils n’avaient rien perdu de leur vigueur. Le choix de The Prophecy23 pour les accompagner est assez judicieux, puisqu’il confirme que le thrash peut se renouveler et même être capable d’auto-dérision.

https://www.powerfromhell.com/

https://toranagauk.com/

https://theprophecy23dotcom.wpcomstaging.com/

 

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