Frost* – Day And Age

Day And Age
Frost*
Inside Out Music
2021
Rudzik

Frost* – Day And Age

Frost* Day And Age

Quelle bonne nouvelle ! Frost* est sorti de son congélateur pour nous livrer Day And Age, un nouvel LP, cinq ans après Falling Satellites. Et cinq ans, c’est long même si on a eu droit à la parenthèse de l’EP Others entre temps. Ces deux dernières sorties n’étaient pas au niveau des premiers albums de Frost*, mais on mettra ça sur le compte de la volonté du groupe d’expérimenter pour ne pas rester toujours dans les mêmes schémas. Ces expérimentations, qui tapaient un peu dans toutes les directions, semblent digérées et Frost* a décidé de revenir aux sources en proposant un album mieux construit et plus cohérent.
Et pourtant, il a été conçu en deux étapes distinctes, tout d’abord en septembre 2019 puis en janvier 2020, le groupe s’expatriant dans des studios isolés pour travailler en totale autarcie. Désormais réduit à un trio suite au départ de Craig Blundell, Jem Godfrey (claviers, chant), Nathan King (Basse, chant) et John Mitchell (Guitare, chant) n’ont pas souhaité recruteur un nouveau batteur, mais en ont invité pas moins de… trois pour collaborer à Day And Age. Je ne sais pas si ce choix a créé une émulation entre Kaz Rodirguez (Chaka Kan, Josh Groban), Darby Todd (The Darkness, Martin Barre) et Pat Mastelotto (Mister Mister, King Crimson), mais le travail de ces trois comparses sur cet album est carrément exceptionnel au point que l’on pourrait presque parler d’une « battle » de batterie, mais simplement d’un point de vue rythmique, car aucun d’entre eux ne sombre dans la démonstration.

Frost* Day And Age band 1
Et du rythme, Frost* n’en manque pas tout au long du titre éponyme qui ouvre l’opus et qui est mené tambour battant, un peu à la façon du morceau « Deadwing » de Porcupine Tree, pendant près de douze minutes à couper le souffle. Lorsque ça ralentit, un riff basique de guitare donne un côté agressif astucieusement contrebalancé par des chœurs enfantins. C’est réellement très impressionnant et l’on se dit que ça y est, Frost* est revenu par la grande porte. « Terrestrial » qui lui succède n’est pas en reste. Après une intro de claviers assez barrée, le duo classique de basse/batterie reçoit, comme souvent dans Frost*, l’apport de sonorités électros graves pour créer un mur rythmique syncopé que domine de la voix d’un John Mitchell des plus beaux jours.
Pour ce « retour aux sources », il ne manquait plus que le piano de Jem Godfrey qui crevait l’écran sur Milliontown. Il est revenu en grâce pour un « Waiting For The Lie » acoustique au chant presque chuchoté dont le passage sympĥonique est aérien et irréel. L’occasion d’une trêve dans la battle de batterie qui reprend de plus belle avec un « The Boy Who Stood Still » alternatif dont certains accents de la rythmique de claviers rappellent ceux de « Black Light Machine » de Milliontown. Frost* remet un coup d’accélérateur pour « Island » qui reprend un peu les mêmes recettes que le titre éponyme avec cependant plus d’émotion suscitée par les refrains de John Mitchell. Un peu comme si Frost* s’était aperçu que l’album en manquait un peu, « Skywards » enfonce le clou dans ce domaine avec toujours les cordes vocales de John Mitchell en mentor surtout lorsqu’il monte dans les aigus. On continue dans la même veine pour « Kill The Orchestra » qui, lui aussi, fait honneur au piano dans sa première partie. Ce titre alterne les parties légères, dans lesquelles une plus grande place est laissée à l’instrumental, avec d’autres plus charnues parfois un peu dans la veine d’un Spock’s Beard. Day And Age a débuté en fanfare et il s’achève également de façon tonitruante avec le très groovy « Repeat To Fade » sur lequel la triplette renforcée par Pat Mastelotto fait un malheur rythmique, avec une prime spéciale à la basse ronflante de Nathan King. Impossible de rester de marbre et le cul dans son fauteuil sur ce titre entraînant à souhait et prenant aux tripes.

Frost* Day And Age band 2
Incontestablement, Day And Age, c’est du grand Frost* même s’il ne propose pas un pavé progressif tel que « Milliontown » et ses vingt-cinq minutes au compteur ou encore « Wonderland ». Pourtant et paradoxalement, le côté pop du groupe apparaît moins affirmé sur cet opus que son côté prog. Ce retour aux sources de ce qui a fait la réputation de la formation ne comporte pas de redites tombant dans la facilité. On s’y gave notamment d’une orgie de sonorités électros comme à chaque fois, mais il n’y a que très peu de « déjà entendu ». Frost* semble s’être effectivement replongé dans son brillant passé pour retrouver un niveau d’inspiration qu’il avait eu du mal à faire passer dans ses dernières productions, mais il a fait le choix judicieux de doper cette inspiration de beaucoup de rythme. Du coup, Day And Age est un album d’une très grande tonicité qui percute les esgourdes tout en étant complexe dans sa construction et son exécution. Il nécessite de multiples écoutes pour en prendre toute la mesure et ça, c’est clairement le credo des excellents albums.

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