Work Drugs – Post Modern Expression

Post Moder Expression
Work Drugs
Auto-production
2025
Lucas Biela

Work Drugs – Post Modern Expression

Work Drugs Post Modern Expression

36 morceaux : serait-ce un album de grindcore ? Vérifions la durée totale : 2h15. Cela nous fait une moyenne de 3mn45sec par titre. Non, si on était dans la musique des premiers Napalm Death, la moyenne tournerait plutôt autour d’1mn par chanson. Et bien, aussi surprenant que cela puisse paraître, il s’agit d’un album de soft rock (ou yacht rock comme cette appellation semble être en vogue). Et nous ne sommes pas fin des années 70 / début des années 80, mais en 2025 ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est très bon, et que, malgré la quantité impressionnante de titres, le remplissage ne s’y invite pas. « Et sinon de qui nous parles-tu là ? ». Ah, j’y viens, c’est Work Drugs, l’étoile montante de la pop « feel good ». Sur leur page bandcamp vous trouverez les qualificatifs de New Romantic, pop, chill wave, dream pop, indie, lo-fi et smooth-fi, mais dans l’ensemble l’esprit est celui du soft rock. Avec près de vingt albums en quatorze ans, on peut dire que le groupe présente une créativité débordante. Leur dernier opus en date, Post Modern Expression, bien que dans une filiation certaine avec Christopher Cross ou Steely Dan, semble brouiller les pistes, justifiant la kyrielle d’étiquettes pour qualifier leur musique.

Qui dit soft rock dit mélodies fortes. Et avec les mélopées caressantes de Thomas Crystal et Benjamin Louisiana, il est difficile de ne pas tomber dans l’addiction. Leurs voix à la croisée du chant et du susurrement confortent nos oreilles, comme un bon brandy flatterait notre palais. Sur une pièce comme « Things I Believe », qu’elles interviennent séparément ou qu’elles s’entrelacent, l’effet est des plus agréables. Par ailleurs, dans ces instants contemplatifs, les claviers soyeux et la guitare étreignante participent également à ce baume enivrant. Ainsi, un morceau comme « No Fear » nous enveloppe de sa bienveillance, nous laissant nous abandonner à la rêverie. C’est à nouveau le lâcher prise qui caractérise « California Scars », cependant dans une veine westcoast début des 80’s, nous rappelant à quel point ce style est flamboyant. Et que dire de cette invitation au bain de soleil qu’est « Westbound » : une véritable pépite de chaleur. Entre doutes et émancipation, « Too Many Reasons » cultive le mystère. Avec son refrain à tomber, il est bercé de claviers d’une beauté bouleversante.

Work Drugs Post Modern Expression Band 1

Il est des instants qui tranchent avec les moments plus songeurs, mais qui n’en perdent pas moins le pouvoir d’attraction sur nos âmes transies. Batterie cinglante et claviers magiques nous ramènent alors aux plus grands tubes de Roxette. Sur des morceaux comme « Less Than Zero » ou « Guilty Feat », la féérie des claviers et les émois de la guitare nous saisissent autant que les effluves effleuraient notre sensibilité dans les instants réflectifs. Dans « Freefall Dusk », quand l’entrain des voix rejoint l’excitation des synthés et de la guitare, comment ne pas se laisser transporter par le flot d’optimisme qui en résulte ? Avec « Sweet Echoes », nous voilà même partis à la quête de ce bonheur vers lequel le rythme alerte nous conduit. Par ailleurs, la voix passionnée de l’invité Suite Eleven, associée à un saxophone chaleureux, ne fait jamais partir le sourire de nos lèvres. Ailleurs, le solaire « Wonder Years » brille par un enthousiasme à tout va, tandis que le triomphant « More Than Friends » fait palpiter les cœurs.

Work Drugs Post Modern Expression Band 2

À bord du yacht qui nous invite au relâchement et aux bains de soleil, on ne sera pas surpris d’être secoué quand il s’agit d’y faire la fête. C’est ainsi que « Casio Coda » conjugue ces voix lascives mais si intrigantes et ces guitares si poignantes avec des rythmes italo disco à balancer les bras et faire bouger son bassin. Le disco-funk entraînant de « Hints And Allegations N°2 » nous fait, quant à lui, reprendre en chœur un « when you were mine » à la fois enjoué et émouvant. Dans un maelstrom de rythmes bouillonnants, « Burning » voit nos pensées tour à tour embrumées et alertes. On peut ralentir les mouvements au son d’un « Wild Dreams » envoûtant et aux lointains échos de l’« Africa » de TOTO, ou encore quand « Sweet And Low » se met à distiller son funk charnel. Et pourquoi pas ne pas entamer un slow à l’écoute d’un « Infinite Waves » à l’enthousiasme indéfectible ?

Riche d’un langage appelant autant à la rêverie qu’au déhanchement, la musique de Work Drugs est belle, vraiment belle. Elle possède un pouvoir addictif qui emprisonne nos émotions dans une spirale à la fois enivrante et choyante.

https://www.facebook.com/workdrugs

https://workdrugs.bandcamp.com/album/post-modern-expression

 

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