NMB – L.I.F.T.

L.I.F.T.
NMB
Inside Out Music
2026
Fred Natuzzi

NMB – L.I.F.T.

NMB LIFT

On pensait que le Neal Morse Band, ou NMB comme il faut les nommer, n’allait pas revenir de sitôt devant la scène progressive. En effet, Mike Portnoy avait rejoint Dream Theater pour de nouvelles aventures. Bien entendu, Neal Morse est plein de ressources, et trouver un batteur à la hauteur, c’était bien dans ses cordes. D’ailleurs, il l’a prouvé avec The Resonance et No Hill For A Climber. Apparemment dans la région de Nashville, il suffit de traverser la rue pour… tomber sur des musiciens virtuoses. Et puis de toute façon, des gars comme Chester Thompson acceptent volontiers de jouer avec lui, comme pour le supergroupe Cosmic Cathedral, ou alors il peut tenir la batterie lui-même ! Mais sans Portnoy aux fûts, ce n’est plus la même chose. Enfin si, c’est la même chose, mais sans l’être tout à fait, vous me suivez ? Il est indéniable que Portnoy a une patte, qu’on l’aime ou non. Cependant, il n’a jamais annoncé quitter tous ses projets, sa présence dans NMB reste donc logique. Il faut dire aussi que ces musiciens ont tendance à composer et enregistrer très vite. Une petite pause dans l’agenda ? Hop, une nouvelle livraison musicale est en boîte ! Secrètement, L.I.F.T. a été composé à Tulsa, dans le studio d’Eric Gillette. Même s’ils avaient quelques idées de morceaux, quasiment tout a été écrit sur place, avant que chaque musicien ne finisse son travail chez lui. 70 minutes de musique progressive ont donc été créées en 13 pièces qui s’imbriquent pour un nouveau concept album. Le précédent, Innocence & Danger, paru en 2021, n’en était pas un. Nous voilà donc repartis dans un grand flot de notes, avec tout ce que cela comporte de thèmes à la guitare et au piano, incluant forcément son petit air de déjà entendu. La signification du titre ? Les musiciens préfèrent que chacun se fasse son opinion. Débrouillez-vous avec cela ! Bien évidemment, l’histoire de L.I.F.T amène le protagoniste à se tourner vers Dieu. Pour tenter d’éclaircir et de donner des pistes sur le titre, voici un petit cours d’anglais : « lift » veut dire « ascenseur » en anglais britannique, mais pas en anglais américain où l’on dira « elevator » ! Par contre, « to lift » signifie « lever, soulever », et « to give someone a lift » veut dire « remonter le moral ». Pour moi, au vu de l’histoire racontée, il s’agit de trouver en Dieu le soutien moral et se voir engaillardi du seul fait de se rapprocher de Lui. Pourquoi ont-ils mis des initiales au mot « lift » ? Bon, arrêtons de se poser des questions et appuyons sur P.L.A.Y. Oui, play, n’allez pas chipoter.

Qui a dit « laisse-moi deviner, ça commence par une overture ! » ? Mauvaise langue, va ! Le morceau s’appelle « Beginning », possède cinq phrases et une intro en forme de prélude de comédie musicale avant que cela n’explose façon « A Day In The Life » des Beatles pour laisser place à un thème majestueux afin que chaque musicien intervienne. Transatlantic n’est pas loin. Les mélodies sont un peu réchauffées et on a l’impression d’un baroud d’honneur. Cependant, le titre se développe comme du Dream Theater, et de là, peut-être, viendra le salut. « Fully Alive » révèle une puissance mélodique réjouissante et efficace, même si là encore, rien de nouveau sous le soleil du prog. La voix de Eric Gillette me ravit à chaque fois. Toujours pas convaincu par celle de Bill Hubauer par contre. « I Still Belong » retrouve un Neal Morse concerné sur une ballade qui se veut émouvante dans sa première partie avant de prendre une dimension plus emphatique et d’enchaîner sur un instrumental, « Gravity’s Grip », bien progressif et bien mené ! « Hurt People » est un titre hard prog très réussi, l’alternance Morse / Gillette étant convaincante et sa construction parfaite. Un des sommets du disque. « The Great Withdrawal » enchaîne en redevenant plus classique, mais possède un fabuleux solo de guitare précédant une partie chantée par Hubauer sur lequel vous connaissez déjà mon opinion. Conclusion par Neal et seconde partie du disque qui commence par l’instrumental « Contemplation » au piano. Après un joli développement, cela débouche sur la ballade « Shame About My Shame », bien maîtrisée. Neal est en mode narrateur, ce qui lui convient bien. Il utilise cette technique depuis plusieurs projets, solo ou non. Très belle intervention de la guitare, ce qui en fait un morceau qui se distingue, avec un chœur légèrement gospel-floydien. De la belle ouvrage, comme on dit !

NMB LIFT Band 1

« Reaching » attaque la partie ascensionnelle du disque, où l’on cherche à atteindre un autre niveau de réalité, celui qui « sauve ». Dynamique et au tempo « uplifting », le morceau emporte l’auditeur sur un style ultra-entendu mais qui fonctionne toujours. Je passe sur les paroles qui comparent les gens ayant la foi à des amphibiens capables de vivre dans l’eau et sur la terre… Un superbe chant de Eric Gillette rattrape le tout et le morceau est sans doute un parangon du Christian Prog Rock. La conclusion instrumentale est superbe. « Carry You Again » prend le point de vue de Jésus. Oui, carrément. On ne doute de rien quand on a la foi, surtout que Morse l’a déjà fait sur One, par exemple. Musicalement, rien de neuf, ça virevolte avec un riff de guitare et un piano qui lui répond. Ce piano montre la virtuosité de Bill Hubauer, rendons à César ce qui lui appartient. Chaque musicien, de toute façon, maîtrise à fond son instrument. « Shattered Barricade » fait office de transition avant « Fully Alive Part 2 » qui fait forcément référence au début de l’album avec reprise de son thème. Je préfère largement la dernière partie du titre, assez Dream Theater. La clôture de cet opus se jouera en onze minutes. On aurait pu craindre de « Love All Along » un énième final pompeux, mais ici, heureusement, ce n’est pas le cas. Le début, apaisé, rappelle Genesis, et c’est plutôt joli. Puis une partie instrumentale progressive nous amène gentiment vers un passage gospel, plus exaltée, qui garde le même thème et qui se développe de manière typique pour laisser place à une courte conclusion acoustique.

NMB LIFT Band 3

NMB nous offre donc un disque qui n’opère en rien un lifting au genre. Il y a quand même suffisamment de bons moments pour y prendre plaisir et, bien évidemment, l’ensemble est tellement bien ficelé, magistralement interprété que, une nouvelle fois, on ne peut que reconnaître la maestria de l’opus. L.I.F.T. est une pièce de plus à la discographie foisonnante de Neal Morse qui montre que sa verve mélodique, avec celle de ses compagnons de jeu, est loin de s’éteindre, au risque de se répéter encore et encore.

https://nealmorse.com/

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