Neil Young – Young Shakespeare (et le point sur Neil)

Young Shakespeare
Neil Young
Reprise
2021
Fred Natuzzi

Neil Young – Young Shakespeare

Neil Young Young Shakespeare

Cela faisait quelques temps que je n’avais pas fait le point sur Neil Young. Et il ne faut pas laisser passer trop de temps, parce que sinon, vous finissez par avoir 47 sorties à rattraper. On se souvient des fabuleux albums non sortis, Hitchhiker et Homegrown, de son retour avec Crazy Horse pour Colorado et des différentes exhumations lives de ses archives. Cela fait beaucoup, mais quand on aime, vous savez bien qu’on ne compte pas.

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Et justement, quand vous écoutez un artiste depuis très longtemps, vous vous habituez à aimer ce que vous aimez chez lui. Surtout lorsque la carrière de celui-ci remonte à… toute votre vie ! Et donc, son « génie », ce qui vous touche, vous fait dire que celui-ci a une place particulière, que vous achèterez ou du moins écouterez tous ses disques, s’étiole un peu au fur et à mesure que passe le temps. C’est toujours là, mais plus de surprise. Et puis, un beau jour, ou bien une nuit (mais là je m’égare), vous tombez sur un live qui vous ramène aux sources. Young Shakespeare est ce live qui m’a rappelé pourquoi j’aimais Neil Young. Les fondamentaux de ce qui fait que Neil est une légende. Tout est là. Et tout ce qui viendra après aussi. Car ce live date de janvier 1971, trois jours seulement après le Live At Massey Hall. Et le son est à vous faire décrocher la mâchoire. Young est l’icône en devenir, avec sa guitare acoustique, il est en transition avec juste trois albums solo sortis, et comme il en aura l’habitude, il offre à son public des morceaux encore non publiés et qui seront des classiques. Il va même jusqu’à saborder son premier titre « Sugar Mountain » en le brocardant pour mieux aller de l’avant. Rien à jeter sur ces 50 minutes magiques et même Neil dit lui-même aujourd’hui que ce live est le meilleur qu’il ait fait. Neil est en état de grâce, on est subjugué par tant de talent et de créativité dans ces chansons. Sa folk devient mythique et avec elle la période, ainsi que les scènes musicales issues de Laurel Canyon où vivent, entre autres, ses camarades Crosby, Stills & Nash.

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D’autres sorties ont bien sûr émaillé l’année dernière avec The Times, un EP enregistré « au coin du feu », issu donc des « Fireside Sessions ». Toujours sympa de retrouver Neil Young en solo acoustique, et surtout pendant le confinement. On passera sur la voix qui commence à prendre de l’âge, mais on ne boudera pas son plaisir, surtout avec un « Little Wing » exceptionnel en final. Mais on se demande bien pourquoi le loner n’en a pas profité pour compiler le meilleur de ces sessions et offrir un album acoustique complet. Bien entendu, il nous gratifie d’un « Looking For A Leader », histoire de dire que Trump doit être viré (et il se verra conforté dans sa demande). The Times est un EP sympathique, témoin de son époque : continuer à faire ce que l’on aime pour exister, même à distance.

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Je ne saurais taire la publication des Archives Vol 2 qui passe en revue les années 72 à 76, sans doute les plus prolifiques de sa carrière, mais je me trompe peut-être tellement Neil Young a été créatif tout au long de ces années. Rien que le premier cd et son lot de pépites est carrément jouissif pour tout fan qui se respecte. Mais sur les dix cds, trois sont déjà sortis indépendamment : Tuscaloosa, Roxy : Tonight’s The Night Live et le fabuleux Homegrown. Et l’on retrouve les albums Tonight’s The Night et On The Beach. À vous de voir si vous voulez investir ! Car oui, acheter les sorties du loner relève depuis quelques années de l’investissement au vu des livraisons pléthoriques chaque année. Et il en annonce encore pas mal le bougre !

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Autre live : Return To Greendale, témoignage live avec le Crazy Horse de la tournée Greendale. Pour moi cet opus, qui a été encensé à l’époque (2003), reste un mystère. Du blues rock avec quelques fulgurances. Mais qu’est-ce qu’a bien pu ajouter le Crazy Horse à tout cela ? Un opus long, long, long … Seule sa version acoustique est intéressante et Greendale aurait peut-être dû sortir comme cela. Du coup, ce live n’est que le reflet de sa version studio. Sans doute le spectacle fut-il plus intéressant, apportant plus de sens à cette histoire de famille américaine écolo.

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Egalement enregistré avec le Crazy Horse, Way Down In The Rust Bucket est, lui, un live d’exception où l’on retrouve toute la force sonique du groupe. Juste après Ragged Glory (1990) qui a confirmé le retour en forme du père Neil et l’a amené à être adoubé parrain du grunge, la tournée qui donnera le mythique Weld débuta avec ce concert de « chauffe ». La set list est un peu différente et permet d’entendre certains morceaux plus rares comme « Bite The Bullet », « Surfer Joe And Moe The Sleaze », « Homegrown » et le fameux « T-Bone » qui avait bien énervé son monde à l’époque de sa sortie avec son minimalisme assumé. Aux côtés de super classiques comme « Cinnamon Girl », « Cortez The Killer », « Like A Hurricane », « Love And Only love » ou « Love To Burn » (et j’en passe!), ce live s’avère tout bonnement indispensable. Dix-neuf morceaux, certains bien allongés et une furieuse envie de retourner voir des concerts aussi puissants ! Heureusement… il semble que notre période covid touche à sa fin… On nous a déjà fait le coup l’année dernière, espérons que cette fois-ci, c’est la bonne.

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https://neilyoungarchives.com/

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