King Witch – III
Listenable Records
2025
Lucas Biela
King Witch – III

Je suis un grand fan de doom metal, et encore plus quand des femmes au chant puissant se retrouvent derrière le micro. Ainsi, ne me sont pas inconnues des formations comme Bathsheba, Deathbell, Messa, Lowen ou encore Stygian Crown, dont le dernier album m‘avait bien scotché. Je trouve que ces voix apportent un véritable souffle épique à une musique aux accents quelque peu patauds. Et le groupe écossais King Witch, comptabilisant déjà une dizaine d’années d’existence, est justement de cette école. Leur chanteuse, Laura Donnelly, peut être facilement comparée à Veronica Freeman (Benedictum), la réponse féminine à Ronnie James Dio (rien que ça !).

King Witch n’ont jamais déçu et leur nouvel album, sobrement intitulé III, n’est pas prêt d’inverser la tendance. Sans surprise, la majeure partie des titres vogue dans des eaux doom metal. Mais étonnamment, c’est un chant gorgé d’optimisme que Laura déploie autour des guitares foudroyantes de « Deal With The Devil ». Mais vous connaissez notre passion pour les clairs-obscurs, on ne saura donc guère bouder notre plaisir. Avec « Swarming Flies », cependant, le chant essaye d’accorder ses violons avec ceux du cheminement alarmé. Aux côtés des guitares rongées par l’inquiétude et la colère, on apprécie alors ces lamentations dans lesquelles se lisent détresse et espoir. Les plaintes aux envolées tétanisantes de « Sea Of Lies » parviennent même à dégager le ciel obscurci pour permettre à quelques rayons de réchauffer notre cœur. Enfin, avec ses huit minutes, « Last Great Wilderness » offre assez de temps à Laura pour naviguer entre des terres fertiles et d’autres dévastées. Sur ses gardes mais avec enthousiasme, sa voix accompagne une guitare entreprenante, avant que la foudre ne s’abatte à l’approche de contrées sinistres. On l’y entend alors lutter de toutes ses forces pour rebrousser chemin. Et ses efforts portent puisque la guitare retrouve le sourire en même temps qu’elle se réjouit d’être sortie indemne.

Quand nos Écossais ne marchent pas sous un ciel doom obscurci, c’est électrifiés par les pylônes alentours qu’ils se déplacent. Ainsi, « Suffer In Life » avance de manière triomphante tel le petit lapin Duracell. La voix écarte toute forme de compromis, tandis que la rythmique ne laisse pas le doute s’installer. De même, les cymbales hésitantes de « Digging In The Dirt » ne trompent personne. Sur des riffs ravageurs, la machine s’emballe et fait feu de tout bois. Ainsi, que ce soit avec aplomb ou avec plus de réserve, l’esprit conquérant saisit nos highlanders. Avec ses ambiances bucoliques et lascives, « Behind The Veil » se pose en repos du guerrier, avant que notre maîtresse des voix ne se mette dans tous ses états pour galvaniser les troupes. On y découvre toute la versatilité de notre chanteuse, entre abandonnement et emportement. La nuit portant conseil, « Little Witch » pourrait être un rêve que nos soldats partagent. Ballade enjouée, ce sont les belles vocalises de Laura qui accompagnent un chant habité mais plein de bienveillance. C’est une autre facette de nos Écossais qui est ici mise en avant, prouvant à quel point ils ne s’encombrent guère des étiquettes.
Avec passion et versatilité, King Witch continuent à polir un metal à la fois précieux et brillant. Celui-ci éblouit alors quiconque s’en saisit.
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