James Dixon – Good Ground

Good Ground
James Dixon
Auto-production
2025
Lucas Biela

James Dixon – Good Ground

James Dixon Good Ground

Une guitare et une voix : c’est austère mais c’est tout ce que je demande quand je veux me plonger dans un album de folk. L’artiste se met à nu. Il n’y a pas de maquillage, pas de superflu, il est impossible de travestir sa pensée. Celui dont il est question ici est James Dixon, un artiste épris de ses Cornouailles natales. Avec des influences comme Chris Whitley, John Martyn, Neil Young ou Ralph McTell, on peut s’attendre à un univers riche en émotions. Et c’est effectivement le cas avec Good Ground, son deuxième album après un Trespassing Light à la croisée des langages blues et folk.

Le blues s’est ici dilué pour donner du caractère à la folk par ailleurs délicate de notre Anglais. Ainsi, quand il s’agit d’évoquer la « Lough Erne Shore », au jeu rêveur des doigts de Dixon répondent les appels insistants de sa voix. De même, c’est une guitare bienveillante qui console de ses airs gaillards l’affliction de notre homme dans un « Regardles Of Ability » d’une beauté subjuguante. Et « Clyde’s Water », brillant par un équilibre fragile entre solennité et douleur, fait également intervenir des airs guillerets appelant presque à la danse. À l’inverse, la six-cordes de « Good Ground » tape du poing pour marquer sa volonté de faire perdre aux falsettos leurs ambitions aériennes.

James Dixon Good Ground Band 1

Même si la guitare manifeste un besoin d’évasion sur « Every Saint Every Sinner», elle choisit néanmoins de se ranger aux côtés du chant quand celui-ci est saisi d’un lyrisme emporté. Dans les reflets d’« Afterglow », elle emboîte même le pas à son partenaire pour accélérer le rythme d’une valse aux harmonies ballottantes. Et toujours dans un équilibre vacillant, c’est à l’idée de rencontrer sa bien-aimée (« Eve Of A Valentine ») que le cœur de notre Cornouaillais palpite. Les accents à la fois hantés et attendrissants du chant nous rappellent alors le touchant Jackson C. Frank, auteur d’un seul mais incroyable album dans le mitan des années 60. Dans « Corey’s Song », c’est avec un certain entrain, ponctué néanmoins de quelques embardées poignantes, que la six-cordes accompagne des sentiments mêlés autour de la mémoire d’un ami qui a rejoint d’autres cieux. Et quand il est question d’autres souvenirs, liés à sa région cette fois-ci (« Cornwall My Home »), James peut compter sur le soutien de quelques compères. À la manière des chants de marins, les voix se lèvent pour clamer leur amour d’un coin de verdure encore préservé du tourisme de masse.

James Dixon Good Ground Band 2

Seasick Steve, avec qui James Dixon a eu l’occasion de collaborer, ne s’y est pas trompé. En qualifiant son ami de « frère d’âme qui n’hésite pas à mettre les mains dans la boue », il avait vu juste. En effet, chez notre Anglais, sensibilité et caractère sont deux composantes indissociables d’une musique où blues et folk ne font plus qu’un.

https://jamesdixonmusic.com/

 

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