Genesis – The Last Domino?

The Last Domino?
Genesis
2021
Pascal Bouquillard

Genesis – The Last Domino?
20 Novembre 2021 au Spectrum Center, Charlotte, Caroline du Nord, Etats-Unis

Genesis - Last Domino Tour

J’avais 14 ans quand j’ai vu Genesis pour la première fois. C’était au Palais Des Sports, à Paris et, ce jour-là, du haut de mon adolescence naissante, j’ai vu « Dieu ». Dans ma chambre, depuis la découverte de ce groupe extraordinaire, je vibrais à l’écoute de leur musique qui excitait mes lumières psychédéliques rouge, jaune et bleu en un feu d’artifice de couleurs et de sons. Mais sur scène, l’expérience dépassait tout ce que j’avais pu imaginer : ils étaient là et la musique avait une puissante que je n’aurais jamais pu imaginer. Banks faisait la gueule, mais j’ai appris, à force, que ça n’avait rien de personnel. Rutherford était grand et souriait aux caméras et Collins chantait comme s’il jouait sa vie. Gabriel parti, il n’était pas si sûr d’être accepté par nous, les « disciples ». Protégé par sa barbe, ses cheveux longs et sa casquette, il sautait partout, racontait des blagues et courait de la batterie au micro pour s’y suspendre, empreint des doutes et des peurs que mon âge me faisait également ressentir. C’était inoubliable ! D’autant plus inoubliable qu’ils ont eu la gentillesse, sans même avoir à leur demander, de sortir l’enregistrement de mon premier concert, sous le titre de Seconds Out.

Pourquoi je te raconte ça ? Parce que j’essaye de trouver un moyen de ne pas trop te parler du dernier concert de Genesis à Charlotte, en Caroline du Nord et ce n’est pas si facile, parce que c’est justement la raison de ces quelques lignes. Le 20 novembre dernier donc, la grande (très grande) salle du Spectrum Center était bondée de vieux et moins vieux (leurs enfants), heureux à l’idée de revoir leurs héros et prêt à affronter les sévices que le temps leur a fait subir, préparés par les nombreuses vidéos de YouTube des concerts précédents mises en ligne par d’autres fans (voir le lien ci-dessous).

Genesis - Last Domino - Band1

Pourtant rien ne peut préparer à une telle avalanche de sentiments conflictuels. D’abord le répertoire : même si le groupe nous concède quelques intrusions au pays des années 70, la grande majorité des chansons sont extraites de leurs années yéyé. « Même pas mal », je m’y attendais de toute façon ! Cela m’amène cependant au second point : Collins ne peut plus jouer de la batterie, mais malheureusement il ne peut plus chanter non plus. (Ça me fait tellement mal de devoir écrire ça !). Toutes les chansons sont transposées une tierce (voire une quarte) en dessous et même là, il peine. On a mal pour lui ! Pas honte parce qu’il reste un grand artiste, mais mal. Banks continue de faire la gueule, mais ça fait tellement plaisir de le voir qu’on lui pardonne d’être un remède contre l’avis de se produire sur scène. Quant à Rutherford, il continue de se marrer. Daryl Stuermer est fidèle à lui-même, depuis 1977 et rend hommage, à sa manière, aux parties de guitares de Hackett et de Rutherford. Nic, fils de Phil, offre au public et à son père une prestation magnifique, très inspirée par les parties de batterie de  justement et digne de celles que Collins aurait sans doute données sans ses terribles problèmes de santé. Les jeux de lumières sont remarquables, les vidéos belles et caustiques (il pleut des rouleaux de PQ sur la vidéo de « Land Of Confusion ») et tout le monde joue très professionnellement.

Genesis - Last Domino - Band2

Les émotions musicales ? Pas ce jour-là malheureusement. J’ai ressenti lors de ce concert ce que j’ai ressenti le jour où je suis allé rendre visite à mon oncle Maurice à l’hôpital, les derniers jours de sa vie : beaucoup d’amour, de souvenirs de sa grandeur et de mon enfance et beaucoup de peine de le voir à ce point diminué, mais aussi heureux d’y être allé pour lui rendre un dernier hommage.
Je vous aime les gars. Merci pour votre musique et votre immense talent.

https://www.genesis-music.com/

https://www.facebook.com/genesis

 

Un commentaire

  • gilgilou

    Je partage la douleur du chroniqueur. L’entrée en scène de Phil Collins à Charlotte est un déchirement, et l’entendre en est un autre. Pourquoi cette série de concerts dont on peut se demander si PH pourra aller au bout? Je suis triste de cette agonie dont le groupe aurait pu nous dispenser.
    Je me console avec les multiples « GENESIS REVISITED » de S. Hackett avec Nad Sylvan qui malgré un registre vocal un peu juste fait très bien le job.

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