Blackfield – For The Music

For The Music
Blackfield
Kscope
2020
Fred Natuzzi

Blackfield – For The Music

Blackfield – For The Music

Annoncer un nouvel album en sortant le titre qui est LA faute de goût de tout l’opus, est-ce raisonnable ? Apparemment non, vu la volée de bois vert qu’à reçu Aviv Geffen à la réception de « Summer’s Gone » qui précédait la sortie du sixième effort de Blackfield, For The Music. Et on comprend les fans. Le titre pâtit d’une instrumentation qui se veut moderne, mais avec ses claviers cheap à l’ouverture, on ne pouvait que redouter le pire. Le morceau se perd, surchargé, ne sachant dans quelle direction aller. Mais heureusement, ce titre n’est absolument pas représentatif de l’album et nous n’avons pas droit à une resucée de IV qui comportait des titres bâclés et non aboutis. Aviv Geffen a fait appel à son complice Steven Wilson qui chante en lead sur trois morceaux et joue de la guitare. Le son se veut ouvert, plus accessible à un large public. En tout cas, ce sont les ambitions de Geffen qui a tout composé seul. Le résultat est plaisant, efficace, rapide (30 minutes!), mais finalement marque peu. Une fois écouté, une fois oublié, bien malheureusement. Les pistes de renouveau du dernier album, V, ont été rangées aux oubliettes, et Blackfield tente de reconstruire son patrimoine musical, bien malmené par le mi-temps de Wilson qui semblait faire tenir l’échafaudage musical par ses arrangements. Il n’empêche, For The Music comporte son lot de mélodies accrocheuses et fonctionne relativement bien.
La construction du disque est simple : quatre titres chantés par Geffen suivi de trois autres par Wilson et les deux derniers par Geffen. « For The Music » ouvre l’album par un titre pop intrigant qui combine des éléments grand public avec une mélodie pas très joyeuse sur des arrangements éclatants. Mélange doux-amer qui n’est pas aussi simple qu’il en a l’air. Geffen étonne et prend le contre-pied de ce qu’on pouvait attendre, avant d’enchaîner avec un titre plus typique de son écriture, « After All ». On y retrouve le piano mélancolique et les cordes émotionnelles, on est de plein pied dans la dépression. Terrain familier ! Mais c’est ce qu’on aime dans cette musique après tout, non ? On ne respire pas non plus la joie dans « Garden Of Sin », avec sa très jolie guitare acoustique accompagnant un Geffen au bord du suicide. Puis, « Under My Skin » ravive la flamme de la vie et présente un titre plus dynamique avec un refrain imparable. Dommage que le reste de la chanson ne soit pas aussi bon que son refrain… Telle quelle, l’Eurovision n’est pas loin. Mais au moins, elle aurait été de qualité par rapport au reste… mais bon, je m’égare.

Blackfield – For The Music band1
Steven Wilson prend le relais du chant avec le calme « Over & Over », très réussie, dans la veine du premier album. « Falling » est sans doute le meilleur moment de For The Music. Co écrit avec Wilson (tiens, tiens), il y chante comme dans To The Bone, le refrain est encore une fois mélodique à souhait, accompagné de cordes classieuses qui n’envahissent pas le titre, et comportant un solo de guitare auquel on ne s’attendait pas sur cet opus. « White Nights » commence assez mal mais le refrain, comme d’habitude, rattrape les choses malgré une orchestration trop présente qui alourdit le morceau. Cette impression de titre de comédie musicale est fâcheuse. C’est le ponpon avec « Summer’s Gone » : on ne sait plus où l’on est, y en a de partout, on dirait qu’on a joué ensemble trois versions de la chanson. Aux oubliettes, vite ! Enfin, « It’s So Hard » termine l’album avec encore trop de cordes sur une chanson essentiellement piano voix et un Geffen qui joue de son trémolo pour faire naître une émotion artificielle. Dommage, l’émotion habituellement apparaît d’elle-même. Là, il en fait beaucoup, beaucoup trop pour ce qui est par ailleurs, à la base, une jolie chanson.

Blackfield – For The Music band2
For The Music est donc un album honnête mais ne parvient pas à se hisser au niveau des trois premiers malgré quelques réminiscences de bon aloi. Que faut-il souhaiter à Blackfield pour la suite ? J’avoue que je ne le sais pas car il semble que tout a été dit dans les premiers opus. Peut-être une collaboration à plein temps avec Steven Wilson pour permettre une meilleure cohérence dans les morceaux. A suivre donc…

Un commentaire

  • Pat

    Album décevant, on dirait que Blackfield s’enfonce à chaque nouvel album dans la répétition, la facilité voir la mièvrerie . A part Falling, on est loin de la magie des 2 premiers opus . Désintérêt , manque d’inspiration , épuisement du filon mélodique qui faisait tout le charme de ce duo ??? Quant à une réelle collaboration avec S.W. (que j’admire) , à l’écoute de quelques bribes de Future Bites , je crains qu’il n’y est plus grand chose à espérer non plus de ce coté . Dommage….

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