The Neal Morse Band -The Great Adventure

The Great Adventure
The Neal Morse Band
Radiant Records
2019
Fred Natuzzi

The Neal Morse Band – The Great Adventure

The Neal Morse Band The Great Adventure

Aaaaaah il m’avait manqué le père Neal Morse ! Pas vous ? Ce stakhanoviste du rock progressif, ce Cecil B. De Mille (marque déposée) de la musique, ce type ordinaire à qui il est arrivé quelque chose d’extraordinaire : le don pour les mélodies accrocheuses et le talent de trouver dans sa foi indéfectible les arguments pour nous produire, à chaque fois, un mètre-étalon dans un genre qui, certes, ne se renouvelle pas, mais qui a le mérite de faire tout le temps mouche. The Great Adventure ne déroge pas à la règle. Ce double album fait suite au précédent, double lui aussi, The Similitude Of A Dream, qui a été encensé par les fans, et joué en intégralité sur scène. Rien ne change à la recette : mélodies imparables, références seventies, harmonies vocales d’enfer, soli de guitares techniques inspirés, cohérence de groupe… tout est là, encore une fois. On peut se lasser bien entendu, et c’était mon cas une fois sur deux à l’écoute du précédent opus, mais si on se laisse aller dans cette furie créatrice, si on laisse de côté les préjugés, et si on a envie d’écouter de la bonne musique dans ce genre-là, alors, il n’y a pas à tergiverser. Ce ne sont pas les morceaux complexes d’un Roine Stolt (par exemple) ennuyeux et poussiéreux qui vont faire le job, ce ne sont pas les vocaux peu inspirés d’un n-ième clone de Peter Gabriel qui vont réveiller l’intérêt, c’est bien la créativité dans la pop, le métal et le progressif qui saura attiser la flamme artistique qui sommeille en chacun de nous, amateurs de musique éclairée, alambiquée mais pas prise de tête. Et c’est ce qui justifie cet attachement qui me lie à Neal Morse et à ses sorties, progressives ou non, le mec étant tellement doué qu’on ne peut lui reprocher de pécher par auto-plagiat.

Que nous réserve The Great Adventure ? Autant de plaisir que le précédent, tout simplement. Et la réaction sera la même également. Si on l’écoute sans envie, on le trouvera long et pompeux, si on est dedans, aucun moment ne viendra ternir l’opinion que l’on s’en fera. Neal Morse continue de partager les vocaux avec le fabuleux Eric Gillette, aussi bon en chant qu’en guitare, Bill Hubauer dont j’ai un peu plus de mal avec le timbre et qui est un peu plus présent sur cet opus (il ferme même le premier disque avec les envolées de « Beyond The Borders »), et Mike Portnoy, qui reste plus dans les chœurs mais qui semble bien s’amuser à chanter des parties plus sombres (« Venture In Black », « Fighting With Destiny », « Welcome To The World 2 »). Il n’y a que Randy George qui reste fidèle à sa basse, sans ouvrir la bouche plus que ça. Et les morceaux s’enchaînent avec fluidité et brio, même si, à l’instar du précédent album, il y a des moments moins bons ou des titres qui ne font qu’introduire le suivant.

The Neal Morse Band The Great Adventure band 1

On peut citer les deux «Overture » sur chaque début de CD. La première, sur dix minutes (le morceau le plus long de l’album), fait le lien avec The Similitude Of A Dream. Rien de nouveau sous le soleil, le groupe montre de suite l’étendue de sa technicité. La seconde, majestueuse et forcément grandiloquente avec son orchestration à cordes avant une rythmique plus heavy et un furieux solo de guitare à la Petrucci, dure moins de quatre minutes et montre qu’il n’y a pas besoin de s’étendre pour être efficace. Bizarrement, on pense régulièrement à Dream Theater dans ce disque, sur « Dark Melody » plus particulièrement, ou encore  « I Got To Run ». « Welcome To The World » (qui lorgne vers Queen), «The Great Adventure », « Welcome To The World 2 », « The Great Despair », « A Love That Never Dies » sont les grands jalons du disque, évidents, fluides, techniques, imparables.

The Neal Morse Band The Great Adventure band 2

On ne peut nier l’efficacité de Neal Morse a rassembler des mélodies qui flattent l’oreille, sa capacité à étoffer celles-ci en leur apportant du punch, de la technicité, en leur laissant le temps de se développer (ou pas !), et en partageant sa créativité avec son groupe qui maintenant semble bien stabilisé. Sur scène, ce sera encore une orgie progressive, à base de woooooou (curieusement absents de ce disque), de sourire, de connivence, de partage et de sincérité. Car c’est bien cela qui caractérise toujours Neal Morse. L’envie d’offrir à ses fans le meilleur de ce qu’il peut produire, quitte à se répéter un peu. The Great Adventure est en effet sans grande surprise. Mais l’ensemble est une nouvelle fois bien au-dessus de ce que l’on peut produire dans le genre actuellement. Indétrônable ? L’avenir nous le dira.

http://nealmorse.com/

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