Overgrass – Killing Time

Killing Time
Overgrass
Auto-production
2019
Jean-Christophe Mouton

Overgrass – Killing Time

Overgrass Killing Time

Pour des raisons obscures qui m’échappent totalement, mes oreilles sont tournées vers la Suisse ce qui me donne une drôle de gueule, soyez-en sûrs ! En plus de redécouvrir avec gourmandise la discographie des passionnants Young Gods mais aussi quelques hits énervants de Stephan Eicher, je découvre des artistes plus récents par le truchement de Clair et Obscur. L’élégance pop d’Overgrass existe donc depuis 2014, date de leur premier EP. Elegance, c’est le mot, tant l’univers riche de ce groupe puise dans des influences qui vont des Beatles à Supergrass avec une touche d’Oasis.

Pour leur album Killing Time paru cette année, ils ont eu la riche idée d’aller en Alsace, terre d’excellents vins blancs dont le Pinot Gris est l’un de mes préférés. Mais là, je m’égare. Ils se sont surtout dirigés vers le studio White Bat Records pour faire appel aux services de Rémi Gettliffe, réalisateur des albums des Last Train pour lesquels je ne tarie pas d’éloges (d’ailleurs précipitez vous pour acquérir leur dernier opus The Big Picture, mais là je m’égare de nouveau). C’est dire si les petits suisses d’Overgrass ont du goût. Et très vite, on comprend qu’ils ont eu raison et archi-raison : la réalisation de Sieur Gettliffe a mis en valeur les talents d’écriture du quatuor originaire de Sion en Suisse. Dès l’ouverture, « Feel Alive Pt. 1 & 2 » installe l’ambiance d’abord electro puis garage : le son est vivant tant on a l’impression d’être avec eux. L’écoute au casque au chaudement recommandée ! Overgrass balance ses influences, la nonchalance d’Oasis, les rythmiques et les mélodies rappelant Supergrass. Ca sonne et donne envie de dandiner du fondement, chose que je ne ferai pas pour ne point choquer les lecteurs et lectrices de Clair & Obscur. Ou alors uniquement sur demande insistante.

Overgrass Killing Time band 1

« Killing Time », chanson donnant son titre à l’album, est à elle seule une sorte de lettre d’amour à la britpop : Overgrass fait dans le simple et direct usant d’une guitare, une voix, une basse, une batterie. Les arrangements sont simples. C’est ce côté épuré qui fait tout le charme de l’album. Cette économie de moyens pousse le quatuor à travailler les mélodies et le plan des chansons, sans jamais être poseur ou prétentieux : c’est juste joliment fait, sans en faire trop. Tout le talent d’Overgrass réside dans ce juste équilibre. « My Life » reprend les mêmes codes, tandis que « I Need You » monte le ton et le son et devient plus rugueux à la manière d’Oasis. « Dancing Together » se danse avec une bière à la main, chose à ne pas faire chez soi sous peine d’en mettre partout. Overgrass se fait plus cajôleur avec « The Day We Met ». Pour « Emphasis », titre purement instrumental, Rémi Gettliffe apporte sa touche au synthétiseur et cela me rappelle certaines plage de Low, de David Bowie. « Take Me Away » est une fausse ballade qui commence acoustique avant de se rebrancher à l’électricité. « Give A Little Thing To Love » au rythme chaloupé et au son gras est un vrai titre de concert tout comme « Won’t Let Her Go » dont la légèreté joyeuse est destinée à la foule dansante.

Overgrass Killing Time band 2

Overgrass nous gâte de mélodies accrocheuses, de rythmiques efficaces, d’arrangements épurés et d’un son très vivant : Killing Time, produit en Alsace, terre de… non ça je l’ai déjà dit, est un très bon millésime pour les amoureux de la britpop gouleyante, fruitée et longue en bouche. Cheers !

https://overgrass.bandcamp.com/album/killing-time

 

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