Conscience – In The Solace Of Harm’s Way

In The Solace Of Harm’s Way
Conscience
Season Of Mist
2020
Rudzik

Conscience In The Solace Of Harm’s Way

Conscience - In The Solace Of Harm's Way

Même si les Rwandais disent que « les promesses engraissent les oreilles, pas les joues », je vais tenir la mienne de la semaine dernière dans ma chronique resucée d’Half-Sick Of Shadows qui était de chroniquer le dernier « examen de Conscience », en clair leur nouvel album In The Solace Of Harm’s Way. Je vous écrivais que j’avais perdu de vue Conscience depuis quinze ans et beaucoup d’eau a coulé sous leur pont. La composition du groupe a été revue en totalité enfin… presque puisque le Matt Johansson qui officie à la guitare et au chant est en fait Mathieu Gerbin, le leader du groupe qui œuvrait déjà sur Half-Sick Of Shadows. C’est qu’il a changé de nom suite à son mariage avec Scarlett Johansson qu’il remercie d’ailleurs dans les crédits de leur nouveau bébé, si je puis m’exprimer ainsi. Bon, de source sûre, il semble que tout ceci soit resté à l’état du fantasme, mais le pseudo « Johansson » a bien atterri sur la jaquette d’In The Solace Of Harm’s Way lui.
Ils sont donc toujours cinq, mais seuls Matt et le poète français Nicolas Moulard (le sixième homme de l’ombre) installé aux States depuis la nuit des temps, qui leur concocte des textes anglophones de qualité, sont les rescapés du groupe d’origine. Pour l’anecdote, c’était déjà lui qui écrivait les poèmes aux filles qui plaisaient à Matt quand ils étaient ados. En voilà une amitié transatlantique qui a survécu au passage dans le monde adulte. Conscience c’est désormais aussi Thomas Jaëglé à la guitare et aux manettes dès 2007, Matt Vallée (ex Time Curve Symetry) aux claviers et à la guitare additionnelle, le Franco-Portugais Stéphane Da Silva à la batterie et le
Portugais Joao Pascoal à la basse (dites adieu aux clichés les confinant à la maçonnerie ou à la pêche) pour des séances de répétitions vocalement métissées de français, anglais et de portugais !

Conscience – In The Solace Of Harm’s Way band1
Au-delà des albums, Conscience est un très bon groupe de scène, lui qui a ouvert notamment pour Nightwish ou encore Anathema, Riverside, Epica, etc. Cette expérience lui a permis de simplifier son propos et de trouver sa voie, car contrairement à Half-Sick Of Shadows, son dernier rejeton se montre plus direct et plus personnel. Je veux dire par là que le groupe s’est émancipé de ses très fortes influences des cadors du metal prog. À vrai dire, le choc est important pour
« un fan de la première heure » (merci de les avoir également crédités sur l’album) qui les a perdu de vue depuis leurs débuts. Les canons du metal progressif ne sont plus des passages obligés. In The Solace Of Harm’s Way est beaucoup plus heavy et même régulièrement teinté de power metal comme sur le très percutant « At Night ».
Le format des titres est plus ramassé
puisque seuls deux d’entre eux dépassent les six minutes. La production a également fait un pas de géant. Par exemple, exit les casseroles « style St Anger » pour un son de batterie très percutant qui donne beaucoup de coloration à des titres comme « Ascending Rain » et surtout au très progressif « At The Hands Of The Clock », une pièce de toute beauté sur laquelle le groupe est au summum de son talent. On ressortira aussi de cet album la superbe ballade « Life Takes A Turn » magnifiée par le chant très délicat de Matt et c’est un esprit très critique envers les ballades qui vous l’écrit, c’est dire ! Un peu à la façon du Marbles de Marillion, le thème de l’album est saupoudré çà et là de quatre courtes plages d’environ une minute sauf qu’elles sont ici entièrement symphoniques et instrumentales. Ces interludes éponymes facilitent le passage d’un titre à l’autre du fait des différences de style parfois un peu brutales. À noter que la Part V qui compile les quatre parties précédentes figure en bonus. En matière de styles observés, on notera aussi un « There Aren’t Many Nightmares » qui baigne dans le trash heavy. On le voit, Conscience n’hésite pas à donner dans des genres pas forcément très à la mode comme le power ou le heavy, mais le son qu’ils ont trouvé et le mix qu’ils font de ces genres ne les rend pas surannés. Le prog n’est quand même pas relégué en Ligue 2 car, outre « At The Hands Of The Clock », Conscience accouche d’un remarquable « In Reach » émotionnel à souhait et dont les parties instrumentales de guitare/clavier sont d’une complicité exemplaire.

Conscience – In The Solace Of Harm’s Way band2
C’est plutôt sympa de revenir à un groupe qu’on a perdu de vue et de mesurer le chemin parcouru et surtout son évolution quand elle va dans le bon sens. Finies les influences un peu trop outrancières. Désormais Conscience trace sa propre route et frôle la perfection avec cet
In The Solace Of Harm’s Way très percutant mais également d’un très haut niveau technique. C’est Scarlett qui doit en être toute émoustillée bien que je ne sache pas si elle a des penchants sado-maso (rapport au titre de l’album qui peut être traduit par « Dans le réconfort du mal »).

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