Red Sun Atacama – Summerchild

Summerchild
Red Sun Atacama
Mrs Red Sound
2026
Palabras De Oro

Red Sun Atacama – Summerchild

Red Sun Atacama Summerchild

Décidément, mon début d’année 2026 penche sévèrement vers le sud-ouest de la France et tout particulièrement vers Bordeaux. Déjà en décembre dernier, l’étonnant combo mi-Bordelais, mi-Suisse, Monkey On Mars, m’avait scotché. Depuis, les métalleux progressistes de Seven Eyed Crow sont venus étriller de leur versatilité mes cages à miel. Et maintenant, voici que l’urgence du trio Red Sun Atacama bouscule tout sur son passage, telle une ambulance du SMUR lancée sur un périph. toutes sirènes hurlantes. À croire qu’ils ont tous réglé leurs montres, comme dans un scénario à la Ocean’s Eleven, pour avoir décidé de sortir chacun leur album dans une période aussi courte.
Si ces trois groupes ont en commun un gros son et une base stoner prononcée… ainsi qu’un immense talent bien sûr, Red Sun Atacama est assurément celui qui est le plus rentre dedans, mais pas que. C’est presque un poncif quand on est un power trio. Le stoner donc, mais aussi le metal et le punk. Comme ils l’affichent, ils allient psychédélisme désertique et insoumission punk sur une terre volcanique et sauvage, d’où leur fascination pour le désert d’Atacama. Après l’EP autoproduit Part 1, ils ont sorti le LP Licancabur avant de nous livrer Summerchild, leur nouveau et incandescent brûlot.

Red Sun Atacama Summerchild band2
Les premières secondes de cet « enfant de l’été », ne laissent planer aucun doute : un larsen de guitare fuzzé lance l’album à tombeau ouvert pour un « Passenger » d’une violence inouïe. Son refrain est systématiquement précédé de quelques notes bendées obsédantes qui ne laissent absolument pas présager d’un passage de jazz loungy à mi-titre et d’un final mid-tempo d’une lourdeur insondable. Ouf ! Quelle claque ! Clément Márquez est hystérique à la basse et au chant. Robin Caillon cogne sur sa batterie comme un forgeron sur son enclume alors que Vincent Hospital (quand je vous disais qu’il y avait de l’urgence dans leur musique) dégaine moult riffs ravageurs sur une guitare bouillonnante. Cependant, autant, je peux être dithyrambique quand j’adore (et c’est le cas ici, bien sûr), autant je ne mâche pas mes mots quand je déteste quelque chose. Je dois avouer que je n’ai pas du tout kiffé la tonne de réverb. et le sous-mixage abusé du chant de Clément, surtout qu’en live, celui-ci est beaucoup plus naturel. Même si ça peut être considéré comme étant une caractéristique assez classique du stoner, sa systématisation ici nuit à la puissance de l’ensemble. Voilà, c’est évacué et ça n’est que mon avis. Dites-vous bien qu’il a fallu que l’album soit tout de même d’une grande qualité pour occulter ce défaut prégnant à mes yeux… ou plutôt à mes oreilles. Mais déjà, la frénésie de la basse lance « Conveyor » tel un cheval au galop. Cependant, à l’instar de la première chanson, Red Sun Atacama y glisse des fausses pistes comme ce solo a cappella de la guitare avant de relancer la machine pour un final, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est enlevé. Ainsi, notre power trio ne fait pas qu’enchaîner des manifestes à grande vitesse. Les digressions sont fréquentes, notamment sur certains morceaux qui ont plus de six minutes au compteur. C’est le cas de « Weightless », un mid-tempo qui, contrairement à son titre, se révèle très lourdingue. J’adore tout particulièrement son refrain, le jeu de batterie complexe et en shuffle, et puis tout spécialement ce fabuleux passage instrumental façon flamenco puis wah wah psyché, vraiment inattendu. Le décapant « Commotions » est plus assumé punk et furieux, même si son pont est aérien et son final est martial, fuzzé ainsi que larsené en diable. Pour « Graze The Sun », le groupe met en scène un groove imparable alors que Vincent Hospital se lance dans un festival explosif de riffs. Monstrueux ! Le titre éponyme repart sur les mêmes bases, habillé d’un refrain efficace et entêtant avec une touche de piano style boogie, une incongruité judicieuse (… la Status Quo touch quoi…ah,ah,ah !) Le jeu de batterie de Robin s’enrichit sur le final en alternant la snare et les toms médium et basses. Sympa. « Ragdoll » remet le turbo, mais montre davantage la volonté du groupe de ne pas se circonscrire à un style qui les enfermerait dans un carcan musical. Le pont bluesy impromptu est un excellent prétexte pour repartir sur un mode beaucoup plus plombé où la wah wah de Vincent se déchaîne jusqu’au bout de huit minutes en fusion. Il ne manquait qu’une ballade pour compléter ce tour d’horizon, elle clôt Summerchild sous la forme d’un court « Sundown » au parfum « Hendrixien », une façon élégante de mettre fin aux hostilités devant ce coucher de soleil rouge et désertique.

Red Sun Atacama Summerchild band1
Vous l’aurez noté, la musique de Red Sun Atacama est bien plus ambitieuse qu’une simple alliance très directe entre le stoner et le punk. Le trio bordelais ne se complait pas dans ce genre de zone de confort. Il exploite parfaitement la puissance et la simplicité qui émanent naturellement des power trios. Cependant, il n’hésite pas à varier les atmosphères sur chaque titre, même si, au final, c’est toujours la puissance qui l’emporte. Il en résulte un album costaud et bien charpenté qui renverse tout sur son passage. J’ai pu les voir en live dans l’étonnant bar Le Lézard, un creuset du rock manceau, à découvrir absolument (le groupe et le bar). C’était au lendemain du concert parisien auquel a assisté mon ami Lucas Biela (cf son Live Report). J’ai été soumis à une violente surtension énergétique tellement l’intensité générée par les Bordelais, ainsi que les titres de cette galette joués ce soir là, sont porteurs de sensations fortes sur scène.

https://www.facebook.com/ElsolrojodeAtacama
https://elsolrojodeatacama.bandcamp.com/album/summerchild

 

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