Marillion – Somewhere In London

Somewhere In London
Marillion
2013
Madfish

Marillion – Somewhere In London

Tout, ou presque, a déjà été écrit au sujet de « Somewhere In London », DVD live (simple dans sa version commerciale, double dans sa version Intact Records), enregistré lors des deux dernières soirées londoniennes du « Somewhere Else Tour » en 2007 et publié à l’origine dans la foulée. Réédité aujourd’hui par les bons soins de Madfish au format double CD + DVD simple dans un luxueux mediabook, cet objet de choix synthétise à merveille les différentes tendances explorées par Marillion au cours de sa prolifique carrière avec Steve Hogarth. Davantage encore que le bien terne DVD (techniquement parlant) « Marbles On The Road » ou que son pendant audio « Marbles Live », « Somewhere In London » brille de mille feux et se hisse au sommet de la discographie live du combo. Et ces dernières années, les fans de Marillion sont particulièrement gâtés en la matière, abreuvés au fil des conventions annuelles de leur groupe préféré par diverses captations de concerts déclinées sur plusieurs supports (DVD, CD, Blu-ray et MP3 uniquement disponibles à la vente sur le site officiel du combo), et dont la qualité de réalisation laisse pantois.

Côté professionnalisme, « Somewhere In London » version DVD (c’est ici la version simple qui est concernée) en met plein la vue et les oreilles. La production sonore est impeccable, avec un mixage dynamique qui met tout en valeur. Côté vidéo, rien à redire non plus. La qualité d’image est globalement excellente, avec juste ce qu’il faut de « grain », et sans l’immonde saturation des couleurs qui pourrissait littéralement le visionnage de « Marbles On The Road ». Ici, tout est clair, net et intelligible, impression renforcée par un montage brillant et fluide exécuté grâce à de multiples caméras placées sous tous les angles, alternant gros plans et plans larges (fixes ou en mouvement), toujours bien en phase avec ce qui se passe sur scène. En bref, l’immersion dans le concert est totale, et on n’en rate pas une seule miette !

Les deux CDs reprennent l’intégralité des enregistrements présents sur le DVD version double, avec six titres en sus issus de concerts antérieurs de la même tournée, placés à la fin du deuxième disque (on entend d’ailleurs une légère différence au niveau du son, un poil moins précis, mais tout à fait honorable). Des premières mesures synthétiques du bouleversant « Splintering Heart » jusqu’aux derniers accords de l’hymne qu’est devenu « Easter », la formation submerge l’auditeur sous de véritables coulées de lave mélodiques et, à l’épreuve de la scène, de très nombreux morceaux se parent d’une urgence et d’une émotion inouïes. L’enchainement « The Wound »/ »A Voice From The Past »/ »Somewhere Else » atteint ainsi des sommets incroyables, et réhabilite ce formidable disque injustement décrié qu’est « Somewhere Else« .

Par ailleurs, là où « The Other Half » et « Neverland » ouvrent les portes d’un rêve éveillé, le langoureux « Thank You Whoever You Are » file la chair de poule et l’énergique « Between You And Me » emporte tout sur son passage, avec son fameux « pont » étiré devenu mythique en live, pendant lequel Hogarth s’époumone à faire participer le public sur des vocalises stratosphériques ! Quant au fleuve « Ocean Cloud », placé judicieusement au fin du set, il bénéficie d’une interprétation époustouflante de finesse et de cohérence, avec à l’arrivée des courses dix sept minutes de pure extase rock et ambient !

Soulignons enfin comme il se doit la prodigieuse prestation des musiciens lors de ces deux gigs exceptionnels. Steve Hogarth, d’abord, bouleverse par son timbre puissant et habité : sa prestation sur le dantesque « Somewhere Else » tutoie tout simplement le sublime ! Steve Rothery se fend, pour sa part, de soli d’anthologie (« Ocean Cloud », « Neverland ») et semble retrouver le feu sacré après les années de vaches maigres ayant succédé à « Afraid Of Sunlight » et « This Strange Engine« .

Mark Kelly, de son côté, tisse avec ses claviers des ambiances tour à tout capiteuses (« No Such Thing ») et oppressantes (« King »). Quant à Pete Trewavas et Ian Mosley, ils forment une section rythmique hors pair et la complicité les unissant leur permet les audaces les plus folles. En un mot comme en cent, ce coffret live, mariant brillamment l’image et le son, constitue une réussite absolument exemplaire, et un indispensable de plus pour tout fan de Marillion.

Bertrand Pourcheron & Philippe Vallin (8,5/10)

http://www.marillion.com/

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