Hommage à Alan White (1949 – 2022)

Hommage à Alan White (1949 – 2022)
Alan White
2022
Jean-Michel Calvez, Lucas Biela, Thierry Folcher

Hommage à Alan White (1949 – 2022)

Hommage Alan White Band 1

Le 26 mai dernier Alan White a tiré sa révérence pour rallier le paradis des rockers et grossir les rangs d’une belle assemblée haute en couleur mais hélas, de plus en plus fournie. Il faut s’y préparer, les légendes du rock toujours debout vont bientôt se bousculer au portillon de Saint Pierre (ou de qui vous voulez) et s’ajouter immanquablement au grand festival des étoiles. « C’est la vie », comme le chantait si bien Greg Lake, un autre monument parti trop tôt. Il va surtout retrouver son ami Chris Squire pour reconstituer la base rythmique de Yes même si le terme rythmique est bien trop réducteur chez eux, tant ils ont révolutionné le genre. Quand on pense à Alan White, on pense inévitablement à Yes, et c’est bien normal pour ce londonien présent depuis 1973 au sein du légendaire groupe de rock progressif. Ses débuts, il les fera d’abord sur scène en remplacement de Bill Bruford lors de la tournée qui suivit la publication de Close To The Edge (1972) et figurera de ce fait sur le triple LP Yessongs sorti l’année suivante. Cinquante ans de présence, et toujours fidèle au poste, même pendant les innombrables allers et venues. Alan White sera de tous les albums, de Tales From Topographic Oceans (1974) à l’ultime The Quest sorti l’année dernière. Et pourtant, quelle gageure que de succéder à l’immense Bruford, son jeu sur le précité Close To The Edge ayant très certainement suscité de nombreuses vocations chez les batteurs en herbe.

Alan White a cependant relevé le défi avec l’album pharaonique qui a suivi le départ de l’admirateur de Max Roach (c’est à se demander si les collègues de notre nouvelle recrue n’ont pas voulu le « bizuter » avec ce recueil de 4 pistes-fleuves). ll a su montrer que son propre style s’intègre parfaitement à l’univers de la formation et ainsi se faire accepter des fans. Petite parenthèse avant de revenir à notre hommage : le départ de Bruford a été bénéfique puisque celui-ci nous a gratifié d’une époustouflante carrière solo, tout en participant à des albums aujourd’hui cultes de la bande à Fripp. Fin de la parenthèse. A l’inverse, la carrière solo de celui dont nous saluons le départ est passée plutôt inaperçue. On ne verra paraître que deux albums en l’espace de 50 ans : Ramshackled en 1975 et White en 2005. Seulement voilà, Alan White a eu une vie avant Yes, et ses nombreuses collaborations passées méritent d’être rappelées. Dès l’âge de 13 ans, il se fera remarquer par son jeu à la fois puissant et musical. Il croisera la route et les studios d’Alan Price des Animals, de Danny Laine des Wings ou encore de Joe Cocker. Mais ses principaux faits d’armes, il les obtiendra avec George Harrison sur l’immense All Things Must Pass de 1970, et surtout avec John Lennon et son Plastic Ono Band (c’est lui qui est crédité comme batteur principal sur l’album Imagine). La petite histoire raconte qu’il a d’abord cru à une farce, lorsque Lennon l’a contacté et a immédiatement raccroché. Bien entendu, ce n’était pas une plaisanterie mais une juste consécration.

Hommage Alan White Band 2

Les stigmates du temps sont bien sûr de terribles révélateurs, et les dernières images du génial batteur ne plaident pas en sa faveur, ni même ses ultimes prestations scéniques assez poussives. Que ce soit pour lui ou pour n’importe quels autres membres de Yes, la messe était dite depuis longtemps et les rallonges sur scène n’apportaient rien d’autre qu’un léger malaise. Mais comment leur en vouloir, puisque la demande était là. D’Alan White, je veux conserver son incroyable pétulance au sein d’une formation de dingues où les Anderson, Wakeman, Howe et autre Squire semblaient des dieux vivants à mes yeux d’adolescent. J’ai en mémoire des images qui pourraient sembler banales aujourd’hui, mais qui me faisaient rêver à l’époque. Le livret intérieur de Yessongs par exemple, avec ses magnifiques photos d’Alan en plein effort, ou carrément les images du premier grand concert filmé au Rainbow à Londres en 1972 (j’ai toujours la VHS). Avec les départs de Chris Squire, et maintenant d’Alan White, c’est un peu de mon passé qui s’effiloche, et on n’y peut rien. Il restera un homme discret, fidèle à sa femme Gigi depuis 1981, et surtout un immense batteur qui, plus jeune, voulait être pianiste. Comme quoi, quelques réglages ont été malgré tout nécessaires.

http://alanwhite.net/

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