The Healing Road – Birdbrain’s Travel

The Healing Road Birdbrain’s Travel

Ce disque est le fait d’arme de HansPeter Hess, batteur et claviériste allemand fou de Mike Oldfield, qui a décidé, un beau jour, d’engager des musiciens afin de créer une musique aussi belle et pleine que celle que produisait le reclus anglais avant qu’il ne s’établisse dans sa période « musique d’ascenseur ». Et force est d’avouer que, dans le genre « Je n’invente rien mais je rends hommage », The Healing Road maîtrise son affaire. Déjà, en 2011, quand parut le superbe « Backdrop », les amateurs de musique instrumentale mélodique ont crié, non pas au génie, mais au bonheur ! Bonheur de pouvoir écouter, au XXIème siècle, des compositions qui auraient pu être celles de Mike Oldfield s’il n’avait pas décidé d’arrêter la consommation de café au profit de musak new age ou d’instrumentaux éthérés de semblable tisane.

Ce quatrième album de la formation germanique ne révolutionne en rien son style : deux longues plages d’une grosse vingtaine de minutes chacune, construites toutes deux selon le modèle Tubular Bells, lui-même déjà inspiré du Bolero de Ravel. Deux crescendos orgasmiques, parfaitement maîtrisés et arrangés. L’ingénieur du son a effectué un travail d’orfèvre (qui ne masque cependant pas tout à fait l’irritation d’entendre des batteries programmées). Ainsi, le produit fini a quelque peu moins fière allure que la somme « Sanctuary » de Robert Reed (Magenta), reconnue par tous.

Mais avouons tout de même que ces plus de quarante minutes de musique complexe, mélodique et architecturée convaincraient même l’auditeur le plus exigeant. Certains passages furieux renvoient aux meilleurs moments d’ »Ommadawn », tandis que les séquences parmi les plus cristallines auraient pu figurer sur « The Songs of Distant Earth ». Qu’il est difficile, en fait, de parler d’un tel disque sans égrener une liste des chefs-d’œuvre du multi-instrumentiste sexagénaire.

The Healing Road

La question que le lecteur averti serait néanmoins en droit de se poser serait la pertinence à accorder aux musiciens ayant choisi d’évoluer, avec mimétisme et respect, dans des sillons tracés par d’autres. A l’instar des Suédois d’Anekdoten qui se posent en petit-fils de King Crimson, des Italiens de The Watch qui rejouent aujourd’hui la musique qui serait celle de Genesis si Phil Collins ne l’avait pas fait évoluer vers des contrées plus commerciales.

Mais ne nous voilons pas la face : certains groupes vendent des milliers de disques comme ça : Muse (Queen + Ultravox), Rival Sons (Led Zeppelin), Airbourne (AC/DC) ou autres Coldplay (U2). Mike Oldfield a aussi le droit à son clone. Non mais.

Christophe Gigon (8/10)

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Birdbrain’s Travel
The Healing Road
2014
Musea

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