RPWL – Plays Pink Floyd

RPWL Plays Pink Floyd

« Les enfants du Floyd », tel pourrait être le titre de cette chronique. En effet, RPWL n’a jamais caché son lien de parenté avec le groupe mythique. Le combo allemand (que nous avions laissé avec « Wanted » en 2014, album bien fichu, avec une personnalité toujours plus affirmée) eut durant toute sa carrière Pink Floyd en point de mire et comme base de référence. Rappelons que le groupe s’est formé en 1997 comme « cover band » de son illustre modèle ! L’enregistrement live qui nous intéresse ici et qui se nomme en toute humilité « Plays Pink Floyd », sonne donc comme un retour aux sources. Signalons en effet que lors de leurs tournées, les gars de RPWL incluent souvent, voire systématiquement, un titre du Floyd. Ce n’est donc pas une surprise de voir débouler cette compilation d’enregistrements en public captés entre 2005 et 2010. Le quintet ne s’est pas contenté de puiser dans les morceaux les plus connus du prestigieux groupe anglais, bien au contraire. RPWL ne fait pas dans la facilité, et ses membres sont allés chercher loin dans le répertoire Floydien en exhumant des titres assez méconnus, voire difficilement trouvables sur disque.

Ce live est donc une sorte d’hommage rendu à leurs aînés, et il débute par ce grand classique qu’est « Arnold Layne », le tout 1er single du groupe réalisé avec Syd Barrett. Le morceau est honorable, mais il est très loin d’être représentatif des perles qui ont suivi et qui ont profondément marqué et enrichi le paysage de la musique progressive dans les années 70. Les choses sérieuses commencent avec « The Embryo », titre ayant été interprété pour la première fois en public le 2 décembre 1968 à la BBC. Le morceau est ici nettement rallongé avec plus de dix-sept minutes au compteur, avec passage « psychédélique » et ambiance très planante sur la fin. Cette compo en version studio est issue de l’album « Rarities » du Floyd, sorte de « best of » paru plusieurs années après sa création. On la retrouve également sur une compile alignant différents groupes de l’époque (dont Deep Purple, BJH, Roy Harper…), et baptisée « Picnic A Breath Of Fresh Air ». C’est un des premiers morceaux où intervenait le légendaire David Gilmour après le départ de Barrett. Et l’on sentait déjà tout le fort potentiel que les mecs vont développer plus tard, et que RPWL réinvente à la perfection sur cette reprise.

RPWL Band

Arrivent enfin les plus gros morceaux de ce live, les musiciens enchaînant avec « Atom Heart Mother » et « Fat Old Sun » (qui passe de 5 à 20 minutes !), deux titres provenant du même album (Ah la vache !). Ici, RPWL se déchaîne littéralement, les bonnes sonorités « vintage » de l’orgue Hammond signées Marcus Jehle sont de retour, contrastant avec une guitare aux sonorités nettement plus modernes et très Gilmouriennes de Kalle Wallner, disciple de qui vous savez (comme tant d’autres groupes et de musiciens, soit dit en passant). Les fidèles de la première heure se délecteront des longs passages de Jehle à l’orgue, plus vrais que nature, et insufflant un petit air « rétro » de circonstance. La base rythmique du Floyd est aussi parfaitement exécutée par le couple Werner Taus (bassiste qui s’en est allé depuis fonder Parzivals Eye) et Marc Turiaux (impeccable derrière sa batterie). Quant à Yogi Lang, sa voix chaude et délicate se prête parfaitement à l’exercice d’un bout à l’autre de l’album, le chanteur se référant au timbre vocal de Gilmour tout en le magnifiant.

Mais revenons à notre menu du jour. Après cette longue incursion à travers « Atom Heart Mother », nous avons droit à « The Narrow Way Part 3 », emprunté quant à lui au double « Ummaguma » (encore une superbe reprise !), avant de terminer en beauté par un « Let There Be More Light », extrait de « A Saucerful Of Secrets », autre fleuron de la période psychédélique du Floyd. S’il paraissait osé de s’autoriser à piocher dans cette partie du répertoire Floydien, la bande à Yogi Lang aura relevé le défi avec beaucoup de classe. A travers ce « Plays Pink Floyd », RPWL redonne vie à cette musique intemporelle et d’une richesse infinie. Les allemands la régénèrent tout en la galvanisant sacrément. Ils se ré-approprient avec élégance et maestria tous ces morceaux puissants, qu’on avait un peu oubliés pour certains d’entre eux.

De nombreux mélomanes ont tendance à dévaloriser RPWL, prétextant que ce groupe n’est qu’une pâle copie du Floyd. C’est bien mal les connaître, car leurs productions antérieures ont largement prouvé le contraire. Certes, ils ont été fort influencés par leurs inégalables prédécesseurs, mais ils ont montré qu’on pouvait compter avec eux et qu’ils avaient eux aussi leur propre identité musicale. Oui, Pink Floyd aura fait des petits. Et les RPWL se présentent comme leurs plus fidèles descendants.

Daniel Sebon

http://www.rpwl-wanted.de/cm/

Plays Pink Floyd
RPWL
2015
Gentle Art Of Music

3 commentaires

  • BARRERE

    Bonjour

    Bon mais ! C’est loin de l’original.

    J’ai 58 ans, et je connais bien les « Pink Floyd » que j’écoutais avec ma copine à l’époque ( il y a 40 ans ), les sonorités, les voix,les effets de chambre à échos et autres, son absents ici, ainsi que les cuivres.
    En bref, c’est une reprise qui ne remplacera jamais les originaux, malgré tous les efforts fournis par ce groupe RPWL. ILs ne sont pas encore au top, peut-être qu’ils compléterons tout ces éléments manquants.

  • floyd30

    très bonne reprise excellent moment très très bien arrangé

    merci

  • calou michel

    eh bien moi qui ai 61 ans, j’ai vu plusieurs fois le Floyd…… jusqu’à ce qu’il fasse de la daube (money). Je n’écoute (et joue à la guitare) QUE les morceaux de l’époque psychadélique et progressive….. celle que j’aimais. Eh bien, donc, je dis bravo aux GARS allemands RPWL. Surtout qu’ils continuent à jouer les bons morceaux de P.F et qu’ils essaient d’éviter de tomber dans les travers de ce qui a été fait vers 1980 ! Merci encore

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