Philippe Luttun, ou l’art du blockbuster rock en solo à la maison !

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Philippe Luttun était encore tout récemment un artiste anonyme, un homme qui affirmait à tort que sa musique n’intéresserait jamais personne, et qui se contentait du bouche à oreille pour distribuer de manière microscopique ses créations inspirées. Un passionné autodidacte qui réalisait à domicile et en solitaire des compositions rock hyper léchées et ambitieuses à souhait, jusqu’au génial et conceptuel « The Taste Of Wormwood« , album de la consécration qui devrait combler de bonheur les fans de Pink Floyd, Dream Theater, Ayreon et autres Steven Wilson. Non, notre humble multi-instrumentiste ne pouvait décidément plus rester dans l’ombre, avec comme seule récompense à son travail de titan un écho ultraconfidentiel dans des sphères mélomanes qui ne le sont pas moins. C’est alors que Clair & Obscur et Musea ont croisé le chemin de Philippe un peu par hasard, et que celui-ci est désormais passé dans un tout autre univers. Son œuvre cinématique brillante est en effet désormais distribuée dans le monde entier au format CD usiné (le seul, le vrai !), et on croise les doigts pour qu’elle y trouve l’écho enthousiaste qu’elle mérite auprès des fans d’un rock progressif à la fois éclectique dans ses influences et professionnel dans sa mise en forme. Rencontre du troisième type avec un homme aussi talentueux qu’adorable…

Bertrand Pourcheron & Philippe Vallin

C&O : Salut Philippe, peux-tu stp te présenter à nos lecteurs pour une grande frange desquels tu es encore un parfait inconnu (mais plus pour longtemps) ?

PL : Bonjour Bertrand. Pour faire court, je dirais que je suis avant tout un passionné de musique et de son. Cette passion a commencé très tôt (vers 6-7 ans) avec un attrait tout particulier pour le piano, instrument que j’ai pratiqué (et pratique toujours) pendant de nombreuses années dans différentes structures, de l’école de musique municipale jusqu’au conservatoire régional.

Puis vers l’âge de 18 ans, je me suis tourné vers la guitare électrique. J’écoutais beaucoup de hard rock à cette époque et j’avais envie de m’essayer aux gros riffs saturés ! J’ai appris en autodidacte, avec le peu de bouquins et méthodes que l’on pouvait trouver en librairie (il n’y avait pas encore Internet et toute cette presse spécialisée dédiée à l’apprentissage de la guitare). Après des études de physique chimie, j’ai monté une petite structure de « prestation sonore ». Je réalisais principalement des musiques pour des films d’entreprise, des documentaires, de la musique d’ambiance pour supermarchés…

J’ai également tenté quelques « coups commerciaux » inavouables dans des styles très éloignés du prog, mais sans succès (et avec le recul, je pense que c’est bien mieux ainsi). Puis les difficultés financières sont apparues après une dizaine d’années d’activité et j’ai été contraint d’abandonner cette aventure pour une reconversion en tant que salarié dans le monde impitoyable des entreprises du CAC 40 !

C’est à cette période que je me suis décidé à enregistrer mon premier album solo. J’avais encore le matériel (analogique) à disposition, autant en profiter. J’étais dans une période « rock instrumental » et écoutais beaucoup de guitaristes « pyrotechniques » comme Joe Satriani ou Steve Vai. Je me suis donc frotté à ce style, sans la moindre lucidité, avec un niveau pitoyable de gratteux du dimanche. Mais cela m’a mis le pied à l’étrier et m’a donné envie de poursuivre dans cette voie (celle de l’enregistrement d’albums… Pas du rock instrumental (rires) !).

En 2002, j’ai composé mon premier concept album progressif (« The Wonderful Legend Of Sliding Rocks ») à la suite d’un voyage dans l’Ouest américain et notamment après la visite d’un lieu étrange au cœur de « Death Valley » qui m’a profondément marqué. D’autres albums se sont enchaînés assez régulièrement, jusqu’à « The Taste Of Wormwood ».

Jusqu’à présent, ces albums étaient uniquement disponibles (gratuitement) au format MP3 sur mon site Web (www.sliding-rocks.com), mais les deux derniers ont également bénéficié d’une sortie en CD. À la base, je n’ai jamais souhaité commercialiser ma musique, car je la considère comme une démarche purement personnelle. J’ai un métier qui me permet de subvenir à mes besoins, je ne me voyais pas faire de l’argent avec ce que je considère comme une passion. Je ne cherche pas la gloire ni même la reconnaissance, la création est pour moi une thérapie qui me permet de mieux vivre dans un monde dans lequel je n’ai jamais vraiment trouvé ma place. Maintenant, si mes compositions touchent également d’autres personnes, j’en suis sincèrement ravi. Tout cela pour dire que mon rapport au « business » est juste catastrophique (rire) !

Pour en revenir au CD, quelques amis proches m’ont incité à aller plus loin et à me lancer dans le pressage d’albums « physiques ». Aujourd’hui, je ne le regrette pas, car je suis finalement très attaché à l’objet (je suis de la génération « vinyles »).

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Philippe Luttun est en effet un garçon très attaché au support ! 

C&O : Ton premier CD, « Ring Down The Curtain », paru en 2011, montrait une musique clairement influencée par Dream Theater. Est-ce un groupe majeur pour toi ?

PL : C’est clairement le groupe qui a changé ma vie de musicien. J’ai toujours été tiraillé entre le progressif 70’s très fouillé de Yes ou de Pink Floyd et les grosses guitares saturées que l’on peut entendre dans le metal et qui ont également bercé mon adolescence. Pour moi, DT était le chaînon manquant qui parvenait à faire fusionner ces deux courants. J’ai découvert ce groupe, comme bon nombre de fans, avec l’album « Images And Words », à une époque où je songeais très sérieusement à arrêter définitivement la musique. Ce fût pour moi un nouveau départ, une énorme claque qui m’a remis en selle pour des décennies (rire). Même si leur dernier album m’a profondément déçu (notamment en termes de mixage et de mastering), je leur serai éternellement fidèle !

C&O : Quelles sont actuellement tes influences principales ? Es-tu d’accord si l’on classe la musique très cinématique de « The Taste Of Wormwood » dans la case progressive ?

PL : Mis à part DT, qui tient toujours une place à part dans mon cœur, les dernières productions de Steven Wilson m’ont vraiment marqué. En raison de l’aspect profondément mélancolique des titres, mais également par la subtilité des arrangements et par l’ambiance qui s’en dégage. Je reste également très inspiré par les grands compositeurs classiques du 19ème siècle (Chopin, Rachmaninov, Bartok, Prokofiev, Moussorgski…).

Je pense que « The Taste Of Wormwood » est un album purement progressif, dans le sens où cohabitent différents styles musicaux dans un même titre, avec des changements d’ambiance, de tempo et/ou de signatures rythmiques. J’aurais tendance à penser que dès que l’on sort du schéma conventionnel « intro/couplet/refrain », on entre sur les terres de la musique progressive.

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Le mixage chez Philippe Luttun, c’est par ici que ça se passe…

C&O : J’imagine que la réalisation d’un concept aussi ambitieux a dû te demander beaucoup de temps et de patience. Pourquoi as-tu choisi d’articuler la thématique de ton nouvel opus autour du drame de Tchernobyl ?

PL : Ce genre d’entreprise représente une montagne de travail, et encore plus pour un type comme moi qui n’est jamais satisfait du résultat et qui passe son temps à traquer le moindre défaut… C’est juste invivable (rires) ! Sans oublier le fait que j’ai un travail (assez prenant) à côté et que je suis tout seul aux manettes.

Plus sérieusement, il m’a fallu surtout pas mal de temps pour recueillir de la documentation et des archives sur cette catastrophe. Pas question de se lancer dans une telle aventure sans avoir approfondi le sujet au préalable.

C’est à la suite d’un documentaire passionnant diffusé sur ARTE que j’ai eu le déclic. Au départ, je ne pensais n’enregistrer qu’un seul titre, en hommage aux « liquidateurs » qui ont déblayé, au péril de leur vie, le toit du réacteur N°4 des débris de graphite, ainsi que sur l’évacuation de la population de Pripyat. C’est aujourd’hui le titre 2 de l’album (« The Ghosts Of Pripyat ») et le premier que j’ai composé. Mais en fouinant sur Internet, je suis tombé sur des archives bouleversantes dont j’ignorais totalement l’existence. Je me suis alors dit que cette tragédie méritait bien plus qu’un simple titre.

C&O : De quelle manière t’y es-tu pris pour assembler les différentes parties de ce chef d’œuvre en puissance ?

PL : La toute première étape a consisté à accumuler suffisamment de documents et, bien entendu, à les étudier. J’ai beaucoup travaillé à partir d’archives filmées et des photos d’Igor Kostine (qui a pris les premiers clichés publics de la catastrophe de Tchernobyl). J’imaginais en fait cet album comme la bande son d’un documentaire. C’est pour cela que l’on retrouve tout au long des titres des extraits audio de reportages, de flash TV (notamment celui très laconique de la TV soviétique, qui faisait état d’un « incident » survenu à la centrale). Ensuite, je me suis laissé porter par ces images en essayant de les retranscrire en musique. Il a fallu que je m’imprègne pendant plusieurs semaines  de tout ce flot d’émotions pour arriver à en extraire les premières notes. Une fois le processus amorcé, les compositions se sont enchaînées assez facilement et l’inspiration est venue sans trop de difficulté (ce qui n’est pas toujours le cas).

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C&O : D’abord diffusé par ton seul biais, et disponible aujourd’hui comme production Musea, « The Taste Of Wormwood » est une œuvre de toute beauté. Quelles ont été les premières réactions du public à ce magnum opus ?

PL : Le premier pressage CDr de 100 digipacks a été écoulé en moins d’un mois. Il faut dire que celui-ci avait été financé via une campagne de « crowdfunding ». Par conséquent, 1/3 environ du stock était déjà pré vendu. Le bouche-à-oreille a bien fonctionné par la suite et les retours sont à ce jour très positifs.

Je pense que le sujet de l’album touche la majorité des auditeurs. Et suite à la récente catastrophe de Fukushima, la question du nucléaire et de ses dangers est redevenue tristement d’actualité, ce qui donne à cet album une certaine résonance.

Les 8 clips mis en ligne sur Youtube (que j’ai réalisés à partir d’images et photos d’archives) aident également à mieux appréhender l’album, qui peut sembler un peu « étrange », voire indigeste, sans un support visuel. Certaines de ces images sont très dures, mais il me paraissait important de montrer la réalité de la situation en 1986 ainsi que les conséquences d’un tel drame. Une réalité qui a été totalement occultée à l’époque car l’URSS ne laissait pratiquement rien filtrer de cette tragédie. Je sais que certaines personnes ont acheté l’album après avoir visionné un ou plusieurs de ces clips.

Aujourd’hui, l’album connaît une seconde vie et une distribution sérieuse grâce au label Musea avec qui j’ai eu la chance et l’honneur de signer un contrat. Tu n’es d’ailleurs pas étranger à cette belle aventure…

C&O : Peux-tu stp nous parler des paroles structurant le concept du disque ?

PL : Compte tenu de la durée de l’album, les textes ne prennent finalement que peu de place. J’ai préféré privilégier les ambiances et les longs développements instrumentaux. Néanmoins, il est assez compliqué de raconter une histoire (et de faire passer un message) uniquement avec de la musique, c’est pour cette raison  que j’ai intégré des parties chantées. L’album obéit à une chronologie précise. Depuis la construction de la centrale jusqu’au constat final. Je n’ai pas souhaité aborder l’aspect politique afin de me concentrer uniquement sur le côté humain de cette catastrophe. Les textes ne sont pas très longs, mais j’ai essayé de les rendre « justes » et émotionnels malgré tout.

Le premier titre chanté (« The Ghosts Of Pripyat ») est une sorte de flash-back. Une visite de Pripyat de nos jours, où le protagoniste (un ancien habitant) se remémore sa ville avant l’accident et l’évacuation de la population. Il fait un constat amer sur ces événements. Ce titre est empreint d’une profonde nostalgie.

« The Day After », le deuxième titre chanté, parle du lendemain de la catastrophe. Un habitant se réveille par une belle journée de printemps (ce qui était le cas), mais il sent que quelque chose d’anormal s’est produit. Un changement dans son corps mais aussi dans les rues de sa ville, soudainement envahies par de nombreux militaires.

Pour « On The Roof Of Hell », j’ai voulu rendre hommage aux liquidateurs. Ces héros qui ont sacrifié leur vie pour évacuer (entre autres) les débris du toit du réacteur N°4 et empêcher que cette catastrophe ne prenne une ampleur encore plus dramatique (notamment avec le risque de pollution des nappes phréatiques et du Dniepr par les matières radioactives fondues).

Enfin, « The Macabre Pilgrimage » traite du tourisme (aujourd’hui possible via des agences ukrainiennes agréées) sur les lieux de la catastrophe. C’est un guide qui s’adresse à son groupe de visiteurs.

C&O : Tu es un multi instrumentiste de grand talent mais avant tout un immense guitariste. Te considères-tu davantage comme un musicien qui joue de la guitare que comme un guitariste qui joue de la musique ?

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Sans hésiter, je dirais un musicien qui joue de la guitare. En toute sincérité et sans fausse modestie, je suis un piètre instrumentiste. Il me faut un nombre incalculable de prises pour enregistrer un solo ou une rythmique un peu complexe ! D’ailleurs, j’enregistre rarement un solo de A à Z, je dois le faire en plusieurs tronçons car je suis généralement incapable de le passer d’une traite sans me planter (rires). Mais avec l’âge, j’ai compris quelque chose d’important. Peu importe son niveau technique, ce qui compte, c’est d’arriver au résultat souhaité. Je ne suis pas en compétition avec les autres guitaristes (la musique n’est d’ailleurs pas une compétition, mais trop d’artistes ont tendance à l’oublier) et cela fait bien longtemps que je suis conscient d’avoir atteint mes limites sur l’instrument. Je n’ai jamais travaillé la guitare dans le but d’être un virtuose, mais juste pour être capable d’exprimer mes idées et mes émotions à travers elle. À partir du moment où j’arrive à enregistrer ce que j’ai en tête, cela suffit à mon bonheur. Et si c’est grâce à l’informatique et non pas à mes capacités d’instrumentiste, peu importe !

C&O : Peux-tu nous en dire plus sur le processus d’écriture de cette nouvelle œuvre ? Pars-tu d’improvisations ou écris-tu tout à l’avance sur partition ?

PL : Je n’improvise jamais rien, c’est un domaine où je suis d’ailleurs définitivement et désespérément nul.  Même improviser sur un blues en 12 mesures relève de l’exploit pour moi (rire) !

Au départ, je me concentre sur des images mentales et des émotions que j’essaye de traduire en musique (le plus souvent à la guitare). Dans le meilleur des cas, quelques riffs, des arpèges ou un bout de mélodie se dessinent. À partir de ces bribes, je commence à imaginer des développements possibles. Ces premières pièces du puzzle n’ont pas encore de place prédéfinie dans le titre, un riff sera un bout d’intro ou un passage de transition… Des arpèges de guitare deviendront une partie de piano (ce qui s’est d’ailleurs passé pour le premier couplet de « The Ghosts Of Pripyat »). Je peux structurer intégralement un titre de cette façon, mais généralement, je préfère entamer la programmation des premiers arrangements dès que j’ai suffisamment de matière. Le développement se fait ensuite plus facilement.

Il m’arrive aussi de chambouler mes habitudes et d’entamer l’écriture d’un titre directement sur l’ordinateur à partir d’une loop de synthé ou d’un son qui m’inspire. Ce fut le cas pour « Reaktor #4 ».

J’écris toutes les parties de guitare sur papier. Je suis très attaché à l’écriture de la musique et cela me permet également de m’entretenir dans cette discipline. Pour les arrangements, je commence toujours par programmer la batterie et la basse et je pose souvent une piste d’harmonie avec un synthé quelconque que je retire ensuite. J’ai besoin de ce support harmonique pour développer les guitares et les différentes parties rythmiques. L’harmonie peut changer totalement l’orientation d’un titre, c’est pour moi quelque chose de vraiment magique. Les derniers détails de l’arrangement (gimmicks, bruitages, contrepoints…) viennent se superposer petit à petit en fonction de l’inspiration du moment. J’enregistre les parties vocales en dernier.

C&O : De nombreux artistes évoquent une création qui viendrait directement du subconscient. Es-tu dans ce cas de figure ?

PL : Je crois sincèrement que certains artistes sont touchés par la grâce et ont en eux des capacités hors du commun en matière de création. Pour ma part, je suis un laborieux pur et dur. Je n’ai jamais eu de « flash » ni aucune inspiration magique venue d’on ne sait où. Tout ce que je compose est le fruit d’un travail acharné et me demande beaucoup de concentration et énormément d’efforts.

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Philippe Luttun en plein travail acharné : la concentration est de rigueur !

C&O : Si tu venais à faire un jour un album constitué uniquement de reprises, quels morceaux choisirais-tu ?

PL : En 2006, j’ai enregistré un EP de 5 reprises (« Light Waves »). J’ai allégrement massacré Pink Floyd, Asia, Rush, Marillion et Dream Theater (rires). J’aime tellement de choses, progressives ou pas d’ailleurs. Faire un choix est impossible. Cela dit, après ce mini carnage, je préfère désormais laisser tranquille mes idoles (et implorer leur pardon) !

C&O : En tant que guitariste quels sont tes principaux modèles ?

PL : J’aime les guitaristes ayant une forte personnalité, un son et/ou un phrasé immédiatement identifiable, ainsi qu’un grand sens de la mélodie. Je confesse néanmoins avoir un certain attrait pour les plans techniques (lorsqu’ils sont employés intelligemment et servent réellement la chanson et non pas uniquement l’ego du guitariste). Mes « idoles » n’officient pas toutes dans le milieu du prog d’ailleurs. Pour citer quelques exemples : Eric Johnson, Robben Ford, David Gilmour, Neal Schon, Steve Howe, John Petrucci, Brian May, Alex Hutchings, Eddie Van Halen, Martin Barre, Ritchie Blackmore…

C&O : Pourrais-tu définir ton « univers musical » en quelques phrases ?

PL : Mon univers est assez large et ne se cantonne pas uniquement au prog. Il va du classique au metal en passant par le jazz, le blues, le funk… J’aime avant tout les mélanges, c’est d’ailleurs pour cela que le prog répond si bien à mes attentes en matière de « crossover » musical. Mais je trouve qu’on peut aller encore plus loin dans ce métissage des styles. J’essaye très modestement de m’y employer dans mes compositions.

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Philippe Luttun « pessimiste », vous êtes surs ?

C&O : Tes morceaux sont, en règle générale, plutôt tristes et mélancoliques. Cela viendrait-il de ton humeur ?

PL : Mes compositions sont l’exact reflet de ma personnalité. Je suis quelqu’un de profondément mélancolique avec une vision ultra négative de l’humanité et de la société. La musique est devenue au fil des ans une véritable thérapie qui me permet d’évacuer ce trop plein de « mal être ».

Je ne pense pas être un cas isolé. Je suis certain que pas mal d’artistes sont également dans cette situation et que ce besoin de créer vient d’une difficulté à appréhender l’existence.

C&O : Pour conclure, un petit mot pour nos lecteurs ?

PL : Tout d’abord, je tiens à remercier très chaleureusement Bertrand et C&O pour m’offrir cette exposition médiatique et me permettre de parler de ma passion. J’espère que cette interview aura donné envie aux lecteurs de découvrir mon univers et de se replonger musicalement dans la tristement célèbre nuit du 26 avril 1986. Je terminerai en remerciant également toute l’équipe du label Musea pour sa confiance, son intégrité et son professionnalisme. Longue vie aux musiques progressives et à tous leurs ambassadeurs !

Propos recueillis en avril 2014 par Bertrand Pourcheron

 

http://www.sliding-rocks.com/

Nouvel album de Philippe Luttun « The Taste Of Wormood »

Chronique à (re)découvrir ici

 

3 commentaires

  • Jean Luttun

    Phippe tu est formidable t’ais sure la bonne piste continue

  • jesierski dany

    découvert par hasard sur you tube (avec les videos en + ).Album génial,super musique,merci philippe pour votre création.Que du bonheur ce Taste of Wormwood ,grand vous etes je vous dis ,continuez.

  • Toine Vincent

    Philippe, comme je te reconnais là, modeste et authentique et toujours prompt à l’humilité la plus totale. Pour autant, nous sommes nombreux à connaitre tes qualités, celles du musicien génial bien sûr, mais aussi d’un formidable ami. Merci pour ce bon moment de lecture.

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