Museo Rosenbach – Barbarica

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Ces douze derniers mois sont à marquer, pour Museo Rosenbach, d’une pierre blanche en raison de la renaissance aussi inespérée qu’inattendue du combo, à l’issue de trente années de léthargie discographique. Dans la foulée de l’excellentissime « Zarathustra : Live In The Studio », chef d’œuvre unanimement reconnu récemment revisité par le groupe italien, celui-ci publie aujourd’hui, avec « Barbarica », un opus de toute beauté, dans la plus grande tradition du rock symphonique transalpin révélé durant les glorieuses années 70. Bâti autour de cinq longs morceaux (dont une suite de près de quatorze minutes qui ouvre superbement les hostilités), ce cru classé 2013 est au moins aussi mature et abouti que ses illustres prédécesseurs. Avec un line-up sérieusement étoffé (Stefano « Lupo » Galifi au chant, Alberto Moreno et Fabio Meggeto aux claviers, Andy Senas à la basse et aux chœurs, Sandro Libra et Max Borelli aux guitares électriques et Giancarlo Moreno à la batterie), la formation italienne s’ouvre avec intelligence et discernement à de nouveaux horizons musicaux, tout en conservant cette forte identité marquée au fer rouge dès le classique et culte « Zarathustra », premier du nom.

C’est ainsi que des éléments empruntés au classique (« La Coda Del Diavolo », et son introduction frissonnante) côtoient quelques touches éparses de jazz-rock, de hard mélodique typé seventies (« Il Respiro Del Planeta », « Il Re Di Circo ») voire même des séquences quasiment inclassables (« Abbandonati », avec son didgeridoo aborigène, sa flute « tullienne » et ses chœurs typiquement « zeuhl »). La réussite de ce cocktail doit énormément à la cohésion et à la technicité du jeu de musiciens parfaitement rodés, avec une palme spéciale pour l’exceptionnel vocaliste Stefano « Lupo » Galifi dont les parties chantées sont éblouissantes de justesse et d’émotion (le superbe « Fiore Di Vendetta »). L’instrumentation vintage (avec la panoplie habituelle de l’orgue Hammond, du moog et du mellotron, sans oublier le rendu sonore typiquement années 70 des guitares) prend ici un caractère intemporel, qui plus est mis en valeur par un mixage et une production assez remarquables.

Publié sur Immagnifica, le label de PFM (gage de qualité s’il en est !), l’ensemble est de fort belle tenue et s’avère dense, vif et inspiré. C’est que Museo Rosenbach célèbre une musique (de) virtuose(s), volubile et généreuse, lentement épanouie sous le soleil toscan, lors de laquelle se succèdent des scènes précieuses et feutrées ainsi que des climats suggestifs tour à tour apaisés et embrasés, tout en savant jeux d’ombre et de lumière. Une fort belle réussite qui nous a un peu pris par surprise, et qui comblera de bonheur celles et ceux qui auront vibré à l’écoute des dernière livraisons en date d’Hostsonaten et de La Maschera Di Cera. Ah, ces italiens !

Philippe Vallin & Bertrand Pourcheron (8,5/10)

http://www.museorosenbach.com/

Barbarica
Museo Rosenbach
2013
Immagnifica

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