Maschine – Naturalis

Maschine - Naturalis

Désolé pour toi mon ami Christophe, également chroniqueur dans ces colonnes, ça n’est pas ton alléchante chronique de Rubidium, le premier opus de Maschine qui m’a mis à la bouche un Naturalis époustouflant de maîtrise. Eh oui, à l’époque, je n’écumais pas les colonnes de Clair&Obscur, et donc je suis passé à côté de cette « Maschine » de précision. Mais, mon co-équipier du RaismesFest, Pierre, fin connaisseur de mes goûts musicaux et qui m’a déjà fait découvrir des pépites comme Frost* ou A.C.T. est fort heureusement passé par là en m’incitant à poser une oreille sur ce Naturalis. Alors, je vous renvoie à l’excellente prose de Christophe pour vous plonger dans la genèse du groupe et de son leader… truc, bidule… ah non, machin !

Cette chronique se situe dans la lignée directe de celle, pour le moins très élogieuse de Rubidium. Chacun sait qu’il est extrêmement difficile pour un combo de récidiver après un album « coup de maître ». J’ai en mémoire ma première chronique pour C&O qui concernait Airbag et qui faisait le constat d’un second album pas au niveau du premier avec une réelle difficulté à progresser. Maschine semble avoir facilement passé cet obstacle. Naturalis n’est pas un concept-album, bien que son leader reconnaisse qu’il s’est fortement imprégné des évènements survenus lors des catastrophes naturelles de ces dernières années, à commencer par le tsunami japonais en 2011, pour le concevoir. Luke Machin affirme avoir cherché à faire passer un message positif en mettant en avant la capacité de la race humaine à toujours se relever de ces désastres naturels mais les titres ne sont pas liés entre eux à ce sujet.

Maschine - Band

Le style du groupe continue à évoluer dans les sphères du metal progressif avec des riffs de guitares d’acier. Il est vrai que posséder deux guitaristes hors pair comme Luke Machin et Elliott Fuller, qui savent s’assembler pour donner un son hyper puissant (« Resistance », « Megacyma »)  tout en se respectant pour créer des ambiances bicéphales et alterner les soli ciselés, est un sacré avantage. Pourtant, pour développer le concept des ambiances dont je parlais plus haut, un « Night And Day » gavé de jazz à la sauce tropicale, un « Hidden In Plain Sight » au ton très lent devenant carrément funky et un « New Reality » au rythme funk lent se métamorphosant en un jazz groovy sortent complètement du sentier battu (volontairement écrit au singulier étant donnée l’étroitesse d’idées de ce style hyper démonstratif) du metal progressif.

Les cinq membres du groupe sont remarquables car pétris de talent mais jamais en démonstration. C’est vraiment épatant d’entendre autant de capacités mises au service de la mélodie. Celles-ci s’additionnent pleinement et ne cherchent jamais à tirer la couverture à soi. Il n’y jamais le solo de trop ou l’épate à outrance. Certes, sur la partie finale de « Hidden In Plain Sight », les guitaristes sont largement mis à l’honneur. De même, la seconde partie de « Megacyma » est plus démonstrative avec un Dan Mash à la basse et un James Stewart à la batterie qui s’en donnent à cœur joie. Malgré tout, le propos demeure mélodique et compact.

J’en viens à la perle de cet album, une fois est très loin d’être coutume chez moi, à savoir la ballade « Make Believe ». Il faut vraiment qu’une telle chanson soit originale tout en restant très mélodique pour que celle-ci ait une emprise sur moi. Et là, je suis resté scotché par l’ambiance créée par le chant et surtout les chœurs de Marie-Eve de Gaultier. Impossible de ne pas avoir les poils qui se hérissent de bonheur surtout lorsque Luke vient prêter main forte à sa complice pour un chant à deux magnifique. Le final de ce morceau, métamorphosé par un riff épileptique, vient lui donner une seconde vie aux allures de résurrection divine.

Certes j’ai mis un peu de temps à prendre ma plume pour chroniquer ce chef-d’œuvre mais il faut savoir que je ne suis pas du genre à sauter sur chaque sortie d’album. Je préfère attendre d’être dans de bonnes dispositions d’esprit afin prendre toute la mesure d’un nouveau CD avant de me fendre d’une chronique. Je ne le regrette pas pour Naturalis qui ne méritait pas que je passe de nouveau à côté de la « Maschine » sans l’écouter fonctionner comme une horloge afin d’en prendre toute la mesure. Je me fais d’ores et déjà une joie de voir le groupe en concert lors de la grand-messe progressive du Loreley en juillet prochain avec mon ami Pierre bien sûr, d’autant plus que Naturalis comporte également deux titres de Rubidium enregistrés en live au festival de Veruno.

Alors on dit merci qui ? Merci… Pierre et non Christophe (même si ma chronique est parfaitement en phase avec la sienne) et encore moins Jacquie et Michel.

Rudy Zotche


http://www.maschineuk.com

Naturalis
Maschine
InsideOut Music
2016

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