Littlebig6ster – Cobra

Cobra
Littlebig6ster
Autoproduction
2017
Rudzik

Littlebig6ster – Cobra

Littlebig6ster Cobra

Pourquoi chroniquer Cobra, un album sorti par les Angevins de Littlebig6ster (oui, je me doute que tu ne les connais pas) il y a deux ans ? Ben parce qu’ils viennent tout juste de me mettre une claque au Rock’N Chargé, un petit festoch sympa et gratos à deux pas d’Amboise (37). J’y étais pour participer à la tenue du stand de l’Association humanitaire AMMI Val d’Amboise tout en profitant du festival. Pas facile cependant d’avoir une oreille attentive quand on répond aux questions des curieux. C’est ainsi que je passais totalement à travers du set du premier groupe accaparé à renseigner deux messieurs très intéressés par notre action et sympas (ça s’est terminé par l’offre d’une bibine donc je n’ai vraiment pas perdu mon temps avec eux 😉 ).
Mais, quand Littlebig6ster fit son arrivée sur les planches, l’objet de mon attention changea : un ange vint ou plutôt quatre Angevins (vinrent). J’eus du mal à rester concentré sur ma conversation du fait de sonorités acoustiques d’un folk bizarroïde, entêtant et versatile délivrées par quatre zikos très lookés façon tribale. Bien qu’accroché, je ne pus pas pleinement profiter de la première partie folk, acoustique et tribale de leur show. C’est, libéré de mes responsabilités, au moment où le groupe muscla le ton pour passer à la partie bluesrock, qu’un des piliers (non pas de bar mais de l’Association), Sylvie, dont je n’avais jusqu’alors pas soupçonné l’intérêt pour ce style de zike, me dit : « On se rapproche ? ». Aussitôt dit, aussitôt fait et c’est là que Virginie, la leader de LB6, telle une suffragette révoltée, me mit une grosse beigne vocale. L’effet de surprise me fit oublier d’aller à la pêche à la setlist pour chroniquer le show mais l’amalgame particulièrement original entre le blues rock, le folk et le tribal nous prit aux tripes. Nous fûment scotchés par le coffre vocal d’Aka Little6ster (nom de scène de Virginie) qui rappela à Sylvie la fabuleuse Janis Joplin (et aussi me fit m’exclamer « tu as aussi connu ça toi ? »). Cette voix dominait les slides furieux de Nicolas Bach, les innombrables percussions de Cyril, son frère, et le vrombissement de la basse d’Olivier Mondolfo (Olos pour les intimes) avec une aisance déconcertante. Point d’orgue de ce show : une cover dont Virginie annonça que celui qui en trouverait le titre gagnerait leur CD. Et c’est qui qui l’a gagné ce CD ? Bibi bien sûr en reconnaissant le mythique « I’m A Man ». Bon OK, j’ai cité Chicago comme interprète alors que le véritable créateur était Spencer Davis Group mais la reprise de Chicago blindée de percussions était toute aussi fantastique. Celle de Littlebig6ster, plus hargneuse, ne fût pas en reste (je sais, je raconte ma vie là, si elle vous gave, vous pouvez passer… à la suite car je n’en parle plus hi hi !).

Littlebig6ster Cobra band1
Alors après être passé faire la connaissance du groupe à son stand, me voilà en train d’essayer de dresser ce fameux Cobra sauvage en le passant dans mon lecteur sur la route du retour à la maison. Disons le de suite, c’est plutôt à la version folk tribal que l’on a droit, le côté rock blues étant moins prégnant. Egalement, le timbre de voix de Virginie apparaît moins rauque. Je comprends alors pourquoi il est plus souvent comparé à PJ Harvey qu’à Janis Joplin. Mon principal regret réside dans les rythmiques majoritairement assurées par des percussions « soft » (tambourin, maracas, charley… ) plutôt que par une bonne caisse claire claquante des familles. Pourtant, impossible de ne pas se laisser perdre dans un labyrinthe musical d’une richesse folle dès le bien nommé « Maze » dont les percussions tribales, le bottleneck saturé, et les harmonies vocales sont proprement envoûtants. Oh ! Eh ! Virginie et consors, arrêtez de me mettre des claques pareilles ou je porte plainte pour harcèlement musical moi !
Pfff, rien à faire, ça continue avec leur tube blues rock « Dirty », ôde à la protection de l’environnement qui gagnerait à crever mes enceintes avec une rythmique de batterie plus appuyée (je sais, je l’ai déjà écrit). Même sous cette forme « soft », ce morceau donne le Parkinson du popotin à coup de cigar box « bottlenecké ». Le folk reprend le pouvoir sur « Western Song » et « Sailor » pour lesquels la reverb. de guitare est omniprésente et délivre des rythmiques caméléons et très roots. Ensuite, toutes leurs nombreuses influences y passent, avec une sorte de valse lente (« 7 »), de nouvelles incursions réussies dans le blues rock dont « Killer Riff » avec son riff très saturé, ce morceau étant le plus musclé de l’album bien qu’il comporte une partie instrumentale plus planante.
L’originalité est toujours de mise sur « Spirit Flies », un tribal folk blues (c’est comme ça qu’ils définissent leur musique) spirituel qui baigne dans les sonorités étranges du didgeridoo sur une rythmique languissante et shamanique. On pourrait appeler ça de la world music de la part de ces globe trotters géographiques et musicaux (Virginie et Nico ont physiquement traîné leurs guêtres dans le monde entier) si l’on tient compte du fait que le côté pop-rock de la world version Paul Simon ou Peter Gabriel en est complètement exclu.
Il faut savoir qu’Aka Little6ster tire son surnom de sa rencontre avec la communauté ukuléléïste mondiale qui l’a accueillie à bras ouvert à l’époque. Elle a aussi pratiqué un genre de show très spécial : sur scène, elle « loopait » tous les instruments et créait les morceaux de A à Z en direct pendant le spectacle, s’amusant, se challengeant et recrutant « sur le tas » des zicos avec qui jouer ses morceaux improvisés. Etonnant !

Littlebig6ster Cobra band2
Cobra se clôture par une performance acoustique sur laquelle le timbre de voix de Virginie grimpe au paroxysme de la sensibilité, une corde (vocale) de plus à son arc de talents qui ressemble plus à une harpe d’ailleurs.
Cobra est donc une vraie réussite malgré son manque de puissance et j’en viens à rêver d’un prochain album (en préparation) qui serait l’alliance parfaite entre le folk et le rock (tel qu’ils le jouent en live), dans le style d’un Led Zeppelin III, représentant pour moi, certes dans un genre différent, la perfection dans ce type de fusion. Allez Littlebig6ster, mettez-y un « Gallows Pole » et un « Celebration Day ». Pour tout dire, la vidéo de « Mad Circus » tourné au milieu des vautours du Bio Parc de Doué la Fontaine (dont le groupe est proche pour avoir donné un concert dans cette ville en avril 2018) est déjà en ligne. Ce morceau de blues garage punk plus nerveux et à la rythmique plus marquée par la batterie augure bien d’un virage dans cette direction. Va falloir que je mette un casque de boxeur moi avant de me passer ce futur album sous peine de me prendre encore une baffe monumentale.

www.littlebig6ster.com

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