Little Big6ster – LB6

LB6
Little Big6ster
Autoproduction
2021
Rudzik

Little Big6ster – LB6

Little Big6ster LB6

Aujourd’hui, j’ai mis mon casque de boxeur. Pour savoir pourquoi, relis jusqu’au bout ma chronique délirante de Cobra, le premier album de Little Big6ster. C’est qu’ils ont enfin donné le jour à la petite sœur du Cobra, à savoir LB6. Autant Cobra baignait dans le folk tribal, autant LB6 est résolument blues rock électrifié. Du coup, tu peux désormais trouver sur ces albums « studio » les deux facettes de ce groupe bicéphale en concert. Elle est pas belle la vie ?
Bon, je ne vais pas te refaire le coup de raconter la mienne comme pour Cobra. T’es soulagé ? Moi aussi, car avec cette époque étrange que l’on vit, je n’ai pas grand-chose à raconter, ni envie de tailler des shorts à la vaccination, une mode très en vogue dans notre pays. C’est bien simple, je n’ai pas revu Little Big6ster en live depuis ma claque d’il y a deux ans, au Rock’In Chargé où a été prise la photo de la jaquette de l’album (crédit : Figeur Intemporel). Ouiiiiiiinnnn ! Pour ça, faudra peut-être que j’aille « crowfunder » sur leur page Ulule et que je choisisse l’option « concert à la maison »… ah zut ! C’est pas eux, mais les Bordelais d’Altesia qui l’ont récemment proposé. J’imagine leurs têtes si un de leur fan habitant au Pôle Nord y avait souscrit. Pas sûr que ça aurait été très rentable pour eux. Cependant, il manque encore un franc et six sous à Little Big6ster pour le mastering de LB6 (réalisé chez BlackBox Studios) alors, si t’as pas tout claqué en boîte, tu sais ce qu’il te reste à faire…

Little Big6ster LB6 band1
Du coup, faute d’un show live enflammé, il faut que je me contente d’écouter LB6 à la maison, enfin quand je dis « contente », c’est en fait avec énormément de contentement que je me suis passé les neufs brulots forgés par Little Big6ster. C’est Virginie Pinon, sa chanteuse et guitariste emblématique, qui va être… contente ! À vrai dire, son projet initialement solo avait déjà été élargi à quatre zikos pour Cobra. Pour LB6, c’est un quintet qui constitue Little Big6ster et ça n’est peut-être pas fini. Nico, le fidèle d’entre les fidèles, assure désormais sa part au lead vocal ce qui permet aux deux comparses plus de liberté et d’équilibre grâce à ce partage des vocaux et de la guitare et même de la composition, mais j’y reviendrai. Son frère, Cyril Bach assure toujours les percussions, didgeridoo et chœurs qui apportent beaucoup à la couleur tribale, la marque de fabrique du groupe. Il reçoit le renfort du Tourangeau Pascal Cochard à la batterie. Un petit nouveau a pointé le bout de son nez à la basse, en fait pas vraiment un nouveau puisque Gilles Theolier, leur bassiste est un pilier de la musique Angevine. Déjà batteur dans Power Kush Experience, l’ancien trio heavy/Blues de Virginie et connu pour avoir été le sondier (NdT : sonorisateur façade en jargon de zicos, me dis pas que tu ne le savais pas ?) de Sergent Garcia, La Ruda Salska et encore bien d’autres dont toujours les Ludwig Von 88.
Quand on est un groupe de potes bourlingueurs, on n’a vraiment pas envie de travailler à distance alors confinement ou pas, on enregistre ensemble à la maison (chez Nico au Bang Bang Studio et chez Virginie au Stone Age Studio) à grands renforts de vraies/fausses attestations de déplacement. Que celui ou celle qui n’a jamais péché leur jette la première pierre (en espérant que Jésus ne fasse pas trop de zèle). La production est honnête sans être à tomber par terre, mais de toute façon, un gros son ne conviendrait certainement pas au répertoire très rooty du groupe. Alors exit la compression à outrance et bonjour la clarté des percussions et autres bruitages tribaux, un délice !
LB6 prend à la gorge dès un « Jungle Fever » hyper nerveux et sec dans lequel, il est presque impossible de discerner les parties vocales de Virginie et de Nico tant leur groove et leur tonalité sont apparentés. Il est vrai que Virginie possède une gamme et une puissance vocales étonnantes, parvenant à des tonalités très graves laissant penser qu’elle fume trois paquets de clopes entre chaque couplet. En fait, je ne sais pas si elle fume, mais ce qui est sûr, c’est que les deux acolytes nous enfument complètement sur « Someday Baby » puisque Nico chante les couplets alors que Virginie assure un étonnant refrain complètement éraillé sur une tonalité plus basse dont le groove est incroyable. Comme je dis souvent, elle envoie ! Et c’est pareil sur le chant de chaque morceau, en particulier quand ils se partagent les couplets (« Jungle Fever », « Vertigo ») et pour les parties de guitare : un vrai jeu de piste. Z’ont intérêt à bien se coordonner en live sous peine de tout nous faire en duo, ces deux là ! Je ne vais pas te balancer une liste à la Prévert, car ça te bassinerait. Je propose que Little Big6ster complète son Ulule par un concours basé sur le « qui fait quoi » dans LB6 du style, « qui joue le solo et chante le passage rappé de « Vertigo » (Virginie) ? Qui chante en lead sur « Snake » et joue le solo de « Mad Circus » (Nico) ? ». Enfer et damnation, j’ai donné les réponses ; pas grave, il reste suffisamment d’interrogations en suspens pour créer un Trivial Pursuit spécial LB6.

Little Big6ster LB6 band2
Nos Angevins alternent les titres « in your face » (« Jungle Fever », « King », « Mad Circus ») avec les mid-tempi très groovy (« Disappear », « Someday Baby », « Vertigo », « Snake ») pour toujours autant de bonheur. Et le bonheur, c’est contagieux. Du coup on est frappé par une propension certaine à secouer la tête, se balancer d’avant en arrière et remuer les fesses (si, si, même assis devant son ordi!) et comme ce club des cinq n’est pas manchot, on est aussi gâté techniquement que musicalement. En parlant de Cobra, je trouvais déjà que le groupe avait tout le talent pour nous proposer un album rock’n’folk à la Led Zeppelin III. Je ne savais pas qu’ils reprenaient toujours en live le morceau de folk Gallois Zeppelinien « Bron-Yr-Aur » pour clôturer leur partie de set folk tribal et lancer celle de rock électrique. Il a donc tout naturellement atterri sur l’album dans une sympathique version accélérée bardée de guimbarde et d’harmonica. La seconde partie de l’album montre un « King » très rocky dont l’intro mixe un délire de leur ami britannique Paul avec des réactions live du public (bon, ce mixage est également un délire du groupe devant un breuvage rougeâtre qui désinhibe, tu vois bien de quoi je veux parler… avec modération toutefois) suivi d’un « Outlaw » moins rooty et presque dansant avant l’endiablé « Mad Circus ». Le clip de « Mad Circus » a été tourné au milieu des vautours du Bio Parc de Doué la Fontaine (dont le groupe est proche pour avoir donné un concert dans cette ville en avril 2018). Ce morceau de blues garage punk a et met les nerfs à fleur de peau.
Même si je n’ai pas raconté ma vie cette fois-ci, dieu que j’ai été bavard, mais il est vrai que ce LB6 est très bien ficelé et n’engendre pas la monotonie. La richesse de ses harmonies aussi bien musicales que vocales contrebalance étonnamment le côté direct des compositions d’un groupe qui a clairement juré fidélité aux racines du rock’n’folk et à sa transposition sur scène. Little Big6ster compte bien le défendre âprement en live et même l’étoffer d’un successeur assez rapidement, car ils en ont encore sous la pédale en matière de compositions. « Donne (sur Ulule) et il te le rendra au centuple », voici un adage qui prend tout son sens à l’écoute du dynamique et dynamitant LB6.

https://www.facebook.com/littlebig6ster/
littlebig6ster@gmail.com ou https://fr.ulule.com/lb6-en-vinyle-et-cd-/coming-soon (pour commander en direct l’album)

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