La 1919 – False Memory Syndrome

La 1919 False Memory Syndrome

Duo originaire d’Italie qui sévit depuis le milieu des années 80 mais dont la discographie est assez clairsemée, La 1919 s’est inspiré du mouvement futuriste pour illustrer la pochette tout en formes géométriques d’un album au titre faisant référence à la résurgence de souvenirs qui seraient le fruit de l’imagination, à savoir de faux souvenirs. Quand on se pose la question du lien entre le thème et l’illustration, il faut chercher aux origines de cette théorie. En effet, c’est un mathématicien que la fille a accusé à tort d’abus sexuel qui l’a fondé. Sur le plan musical, c’est tout aussi abstrait puisque des rythmiques étourdissantes côtoient des guitares tour à tour menaçantes et dubitatives.

Sur cette musique rythmée souffle un vent de liberté que rien ne semble arrêter et qui porte en lui autant le psychédélisme du tournant des années 70 (les guitares fuzz, les claviers hantés de « Progetti Di Grandi Citta Con Terrazze ») que l’expérimentation des groupes post-punk/post-funk du tournant des années 80 cette fois-ci (les guitares angulaires, les rythmiques tribales (« Falsi Incidenti »), voire dansantes (le volet d’ouverture de la suite « FMS »)). Malgré un côté jam band marqué par des schémas rythmiques peu conventionnels, les guitares esquissent de vraies lignes de mélodie et la créativité du batteur est loin de verser dans l’improvisation. Par ailleurs, des idées percussives géniales comme ces « coups de fouet » électroniques qui sonnent comme des échos aux frappes minutieuses du batteur sur « Uncle Dog », ou encore ces effets de « tonnerre » sur « Progetti Di Grandi Citta Con Terrazze », émaillent la toile sonore.

Même si l’ensemble est assez cohérent, les ambiances peuvent varier. En effet, majoritairement inquiétantes, comme sur « Fuzzy Trace Theory » avec sa guitare obsédante type « Peter Gunn » et ses cordes éplorées, elles voient poindre quelques notes d’humour comme sur les deux premiers mouvements de la suite « FMS ». Mais c’est également la sérénité qui peut s’imposer, comme sur le mouvement concluant « FMS » ou encore sur l’aquatique « Marion Crane ». Dans cet agencement d’ambiances tour à tour claires et obscures, on ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser à King Crimson, tant aussi bien la période Wetton – quand les guitares se font menaçantes, que celle menée par Belew – quand les guitares se remettent en question, semblent être à l’honneur sur le premier mouvement de la suite « FMS ». Nonobstant ces changements atmosphériques, la qualité est préservée et cette musique réflective nous transporte réellement.

Sombre et rythmée a la fois, False Memory Syndrome est une oeuvre qui rappelle les expériences rythmiques des Lonely Bears (Bozzio, Hymas, Coe, Burns), tout en étant empreinte de cette versatilité qui caractérise la musique de King Crimson. Elle le doit beaucoup à la performance du batteur Federico Zenoni, qui a rejoint le duo des débuts constitué de Luciano Margorani aux guitares et claviers et de Piero Chianura à la basse, aux claviers et aux samples.

Lucas Biela

http://www.progarchives.com/La1919

False Memory Syndrome
La 1919
2014
Artisti Del 900

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