Kickback – No Surrender

Kickback – No Surrender

S’attaquer à Kickback, c’est comme essayer de dresser un rottweiler sous speed. C’est un comportement à risque. Au choix, on a : perdre sa main, se faire éventrer, avoir la tronche défoncée (rayez les choix les plus inconvenants). On peut toujours parler de la musique et rien que de la musique, ce qui relève d’une attitude professionnelle dont je suis loin d’être contre. Cependant, le caractère provocateur, outrancier (raciste ??) et volontairement polémique, fait qu’il est difficile de séparer le vin de l’ivraie. Kickback sera toujours le combo hardcore chaotique qui fait peur, qui fait chier, qui chie sur le politiquement correct, qui préfère recevoir des mottes de boue plutôt que des louanges. Une attitude qui effraie, que ce soit leurs relations avec une frange peu fréquentable durant les années 90, ou leur attrait pour le cinéma effrayant de Pasolini et Gaspard Noé. On peut même aller jusqu’à retenir ses sphincters, de peur de se chier dessus quand on a en face de soit un membre du groupe. Et quand vient le moment ou le combo sort un nouvel album, « No Surrender », on comprend qu’on va se prendre une batte de baseball entre les fesses.

Plusieurs années d’inactivité, l’arrivée du guitariste du groupe le plus détesté de Paris (Arkhon Infaustus), on sent déjà le venin mélangé à du pus se répandre dans la gorge, dans une fellation forcée. L’atmosphère est déjà posée avant même les premières secondes d’écoute. Pochette agressive, « seul contre tous », Kickback est une violence qui se vit seule, forcément négative. Une sodomie, brute, sans amour (car c’est un sentiment de fiotte), digne d’un écrit de Chuck Palahniuk, qui met le visage contre le reflet du miroir. Est-ce que le groupe est violent ? Pas par son rythme, pas par le son, ses accords, l’égosillement de la voix screamo, mais par ce que le groupe est, sa nature profonde.

« No Surrender » est un coup de machette dans les bourses, un tabassage dans une ruelle pourrie, pour dix malheureux euros, la haine de son voisin et de son prochain, un concours de bite à qui aura la plus turgescente, une insulte salace, grossière et fondamentale, un viol… Un album radical qu’on ne peut prendre par-dessus la jambe, une agression, des samples qui font qu’on tourne la tête, aigri, dans le métro. On serre les poings, on ravale le goût acide de l’adrénaline qui monte, la rage, la peur d’exploser et de commettre un massacre si on n’avait pas écrit un pamphlet en français/anglais devant le café Leaderprice du matin.

Un album qui fait vraiment peur, qu’on peut haïr, l’excitation d’un shoot, seringue de seconde main. On ne sait pas quoi, et pourquoi, mais on s’inocule cette merde, cette vision d’une France, « La France », la plus détestable, minable, raciste et inutile. Liberté, Egalité, Fraternité, je te pisse dessus. Et vous pensez, sincèrement, que je vais y mettre une note ?

Jérémy Urbain

https://www.facebook.com/KCKBCK

No Surrender
Kickback
2009
GSR Music

4 commentaires

  • Supersac

    Pourquoi faire une chronique sur ce tas de merde?

  • Mon cher Remi,

    Je comprends que tu puisses ne pas apprécier ce genre de musique, mais Clair & Obscur n’a pas pour vocation de chroniquer uniquement du rock progressif. Il reflète au contraire la diversité
    des goûts et des centres d’intérêts de chaque membre de la rédaction, et c’est voulu comme ça dès le départ. Je ne suis pas non plus très fan de musiques « extrêmes », et c’est pourquoi je me garde
    bien de juger un album de ce genre, qui comme tous style musical, comprend son lot de chefs d’oeuvre et de galettes sans saveur. Maintenant, il y a un public pour tout, et chacun doit être
    respecté. Les hardcoreux peuvent aussi trouver le rock prog merdique, avec arguments à l’appui (et quand il s’agit de Vermillion Sand par exemple, je ne les contredirai pas ! La mièvrerie
    dégoulinante peut être aussi insupportable que la bouillie sonore, ou ce qui semble l’être pour nos oreilles et sensibilités 😉 )

    Bonne musique ! (et pas de panique : Steve Hackett arrive prochainement au menu !)

    Philippe 

  • Supersac

    Je suis d’accord avec toi Philippe, mais cette chonique ne sert à rien si ce n’est nous détourner de ce groupe puisqu’aucune note ne lui a été attribuée. Certains de ces groupes extrêmes nous
    pondent parfois un eclair de lumière. 

  • Bonjour, ici Fred, excusez moi, mais à ce moment-là, il ne faut pas lire les chroniques, mais seulement la note en bas de l’article. Si uniquement la note peut définir si un album est bon ou non,
    en sachant qu’il n’y a pas plus subjectif qu’une note de chronique (on n’est pas au lycée), je suis pour l’abolition de la note.

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