Dream Theater – Dream Theater

DT2013

« Systematic Chaos » (2007) et « Black Clouds And Silver Linings » (2009), jugés trop heavy et démonstratifs par certains aficionados de la première heure, avaient laissé perplexe. Dream Theater allait-il devenir un groupe de hard-rock classique, brillant certes, mais laissant la puissance brute prendre le pas sur la sophistication musicale ? « A Dramatic Turn Of Events » (2011), qui marquait l’arrivée de Mike Mangini à la batterie en lieu et place de l’immense Mike Portnoy, avait apporté une réponse claire et nette en proposant une musique nettement plus raffinée et en confirmant une fois encore que, comme la plupart des grands groupes de rock, le théâtre du rêve n’avait de cesse, dans chaque disque, de réagir à son prédécesseur. Sur son douzième opus studio, lumineusement mixé par Richard Chycki (Rush, Aerosmith, etc.) et décoré par une superbe pochette, la formation signe, sans aucune contrainte ni autocensure, des chansons qui reviennent en grande majorité à ses racines. C’est ainsi qu’un titre comme « The Looking Glass » séduira immédiatement les fans les plus anciens du combo tant il renvoie à « Images & Words », avec son refrain super planant et sa guitare en feu.

De la même manière, le furieux single « The Enemy Inside » ou encore « Behind The Veil », avec son riff d’intro à la Metallica, évoquent les compositions les plus pêchues de « Awake ». Last but not least, la lumineuse power-ballad « The Bigger Picture » aurait largement eu sa place sur « Scenes From A Memory ». Quant à l’épique « Illumination Theory » qui clôture le CD en beauté durant 22 minutes, il nous propose des plans somptueux (breaks planants, chant de braise, etc…) sans atteindre pour autant le niveau de « A Change Of Seasons » ou encore de « Octavarium ». Il n’empêche : le quintette ne s’est pas foutu de notre gueule en nous offrant un disque éponyme dépassant largement l’heure de jeu et constitué de chansons assez compactes, aux lignes mélodiques le plus souvent imparables.

Le gang ne révolutionne certes rien car il se recentre encore une fois sur ses bases. C’est que comme tous les combos qui prennent de l’âge – et oui, déjà… -, il offre un tantinet moins de fougue et davantage de savoir-faire. Quant à ses membres, si James LaBrie aux vocaux, John Myung à la basse et John Petrucci à la guitare sont à l’acmé de leur forme, Jordan Rudess aux claviers (ses sonorités éculées jusqu’à la moelle commencent à sérieusement lasser) et, dans une moindre mesure, Mike Mangini à la batterie trop métronomique déçoivent un peu…

Cela dit, malgré une orientation moins progressive que son prédécesseur direct, cet opus puissant et abouti est un fort joli cru, à classer dans les bons Dream Theater – c’est-à-dire dans une excellence musicale absolue -, même si le groupe ne s’y transcende pas comme il avait pu le faire sur « Scenes From A Memory » par exemple. Mais cet âge d’or est, hélas, sans doute révolu…

Bertrand Pourcheron (8/10)

http://www.dreamtheater.net/

Dream Theater
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2013
Roadrunner

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