Caprice – Where You Go

Caprice Where You Go

Caprice est un groupe qui sait immédiatement gagner notre écoute et par delà notre adhésion. Dès les premières secondes de « Dust », qui ouvre l’EP, on sent la maturité des musiciens, la cohésion en béton de leur jeu, la puissance maîtrisée de leur pop/rock, la teinte claire obscure de leurs chansons et leur énergie sans faille après déjà presque dix ans d’existence. Car le groupe est né en 2006 en banlieue ouest-parisienne. Au départ, il s’agissait d’un trio chanteuse/guitariste/batterie. Maintenant ils sont cinq, un deuxième guitariste et un bassiste ayant rejoints la formation originelle. Ça rock, ça pulse, ça nous met à l’aise et ça nous secoue à la fois, bref c’est tout ce qu’on aime. Et par dessus le vrombissement des guitares et les frappes sèches de la batterie, il y a la voix d’Honorine, tour à tour lumineuse, émouvante ou tranchante. Si on s’intéresse de près à l’EP « Where You Go », on y décèle vite des influences et des directions divergentes voire opposées, entre les titres lents et les titres énervés, ceux en anglais et celui en français et j’en passe. C’est ce qui rend cet EP si envoûtant. Plus on l’écoute et plus on le découvre profond et subtil. Eh oui, on ne passe pas dix ans à mettre au point des titres sans que le temps et les circonstances n’y ajoutent leurs strates et leurs saveurs. De fait, je ne pense pas cet EP comme une simple collection de titres destinée à présenter Caprice et à faire aimer le groupe mais plus à une anthologie qui aurait pu avoir pour titre « Dix ans déjà ». Et toujours la rage. On sent que Caprice n’en restera pas là, que ce n’est même qu’un début, après dix ans de chauffe et d’élaboration de son style.

Pour en revenir à l’EP « Where You Go », il se divise selon moi en deux parties faites des 4 premiers titres, chantés en anglais, et du dernier, chanté en français. Curieusement la différence intéressante n’est pas la langue, anglaise ou française selon les titres, mais la façon de chanter d’Honorine et l’effet produit. Je ne vous apprends rien, l’anglais, c’est la langue naturelle du rock et de la pop. Il est donc normal que les rockeurs et les rockeuses de tous bords s’adonnent sans complexe à la langue anglaise dans leurs chansons. Et Honorine n’y fait pas exception, avec d’ailleurs un talent éprouvé.

Caprice Band

Sauf qu’Honorine est française. Je veux dire par là qu’elle est, à travers Caprice, une pratiquante émérite du rock français, que j’aime appeler le rock à la française, c’est encore plus élégant. Or il y a depuis bien longtemps ce débat récurrent de savoir si le rock à la française doit se chanter dans la langue d’Elvis ou dans la langue de Téléphone. On n’est évidemment pas obliger de choisir et Honorine chante d’ailleurs dans les deux langues. Sauf que l’impression n’est pas la même. En anglais, Honorine survole de sa voix superbe les gerbes de larsens de ses compagnons. Aucune critique là dedans, encore une fois les 4 premiers titres de l’EP « Where You Go » sont très réussis, et me donnent même souvent d’agréables frissons.

Mais quand j’en viens à « Et Caetera », le dernier titre, chanté en français, les choses changent, radicalement. On sent alors qu’Honorine, forcement très à l’aise avec sa langue maternelle, peut mordre dans le texte, dans la musique, dans sa rage. Du coup « Et Caetera » ressemble à du Noir Désir de la meilleure eau mais juste habillé d’une voix féminine au mieux de sa colère. Bref, je suis bien accroché. J’attends la suite !

Frédéric Gerchambeau

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Where You Go
Caprice
2015
Autoproduction

Un commentaire

  • Paul Henri

    Cet article reflete tout a fait mon ressenti lors de l ecoute de ce cd
    un fort potentiel se degage….
    un grand bravo a ces musiciens et a leur chanteuse !
    Longue vie!!!!

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