Rainbow – Rising

Rising
Rainbow
Polydor
1976
Alain Massard

Rainbow – Rising

Rainbow Rising

Rainbow s’est fondé en 1975 lorsque Ritchie Blackmore, le guitariste de Deep Purple, a voulu créer sa marque de fabrique et laisser libre cours à son inspiration musicale qu’il ne pouvait mettre en pratique comme il le souhaitait. Il voulait créer du hard rock avec des touches de classique, l’idéal pour devenir un groupe de proto metal progressif avant l’heure. Il a ainsi joué en première partie de Deep Purple dans Elf, avec donc déja Dio juste avant de quitter son groupe originel. Neuf albums studio entre 1975 et 1995 vont faire de Rainbow une légende, un groupe de premier plan qui donnera une ligne directrice à nombre d’autres groupes. Un OMNI ( Objet Musical Non Identifié) comme j’aime à l’écrire, un arc-en-ciel venu de nulle part, la consécration d’un groupe qui va défrayer la chronique musicale durant de longues années.
Six titres constituent ce Rising mis directement en orbite par « Tarot Woman » à l’intro qui dérange. Où est le hard ? Non ce n’est pas Patrick Juvet, mais quand même, vous vous rappelez, du synthé space, une bande cinématique avant l’heure… et l’impression d’avoir autre chose que du bruit… qui qui a dit métal prog ? Pas moi… ça se saurait. Bon le riff arrive, ta dada, ta dada, la batterie, c’est parti ouf, je commençais à deviner le progueux virer sa cutie… « I don’t know » ; le titre rock hard, l’un des premiers albums qui va faire oublier justement Deep Purple en déployant le missile Blackmore sur un arc-en-ciel… multicoloré et multi-musicalé. Un solo tonitruant et arrive « Run With The Wolf » pour un titre nerveux, rythmé mais posé, un de ceux où la guitare semble dériver sur un son d’harmonica. Bon la voix, vous avez Ronnie au plus haut de son fait, au plus haut de ses cordes. Oui, petit en taille mais immense en timbre. Je réentends ici son « Love Is All » incroyable. Ah… la séquence souvenir se met en marche. Cozy qui met la basse pour ne pas s’oublier, un arc-en-ciel là, non juste une comète. « Starstruck » continue sur un rock boogie, un rock conventionnel, enfin un hard rock du temps de sa parution. L’air est soutenu par le riff et les vocaux, telle était la devise ; le break solo spleen aux notes torturées rehausse le tout jusqu’à donner envie de mettre le replay. Oui, mais à cette époque ça n’existait pas encore. Bref, on reste pantois devant tant de facilité. Bon du hard bien calibré, c’est tout, on ne va pas y passer plus de temps, surtout que « Do You Close Your Eyes » suit, commençant par une intro qu’ AC/DC reprendra : un riff teigneux, un vocal à la Bon Scott et la guitare d’Angus euh de Ritchie qui fait le taf, avec quelques notes bluesy de derrière les fagots.

Rainbow Rising band1

« Stargazer » et la face B surviennent, allez on se lève pour changer le Lp ou la K7, à vous de voir, en sachant qu’avec la K7 ça soufflait un peu trop. Et oui, le Dolby Pro n’existait pas encore. Bon, on en oublierait cette envolée symphonique et orchestrale, oui j’insiste pour « orchestrale », car ce titre est un camouflet à la musique en général. Il est long avec sa montée crescendique qui va lorgner sur le « Kashmir ». L’aurait -il pompé, pris exemple ? Bref air grandiloquent, paré pour mettre en transe. Le titre mélodique qui ne paie pas de mine mais qui pouvait t’emmener au firmament et t’y laisser, le titre avec l’orchestration finale, bluffant pour du vulgurus hardus, avant gardiste en son heure. Voici « A Light In The Black » et ainsi, le deuxième titre de huit minutes. Ça pose question surtout vu l’intro sans intro : on est déjà dedans. Cozy tape sur tout ce qui bouge, Ronnie hurle tout ce qu’il peut et Tony, un claviériste pas manchot en soi, montre qu’il faut aussi compter avec lui dans le groupe. Alors Ritchie passe la 3ème et lance un solo furieux. Regardez, imaginez, sa tête : oui vous la voyez bouger, ça y est vous êtes en transe. Ensuite il se calme et harangue un tantinet le progueux qui, à son tour, s’est mis à dodeliner de la tête : oui il y a du hard prog là-dedans, pas que du « prog related » terme qui me fait sourire. Déjà six minutes et Ronnie revient. Quoi ! Mais j’ai pas entendu Ritchie, ni Tony, zut alors… à moins que je ne sois moi même parti en transe. Fin de parcours! Il ne reste plus qu’une possibilité pour se relever de ce Rising : c’est de remettre le teppaz sur le début.

Rainbow Rising band2
Bon que dire, c’était excellent pour l’époque, c’était dépotant, c’était innovant, c’était enivrant, c’était… juste Rainbow et c’est bien une valeur étalon de nos jours qui a servi à mouler le tiroir métal prog, à le mélanger dans le chaudron progressif pour sortir ces notes souvent tirées vers le haut en concert, pour réveiller la bête immonde qui sommeille en vous. Allez ! c’est ainsi, ne vous cachez pas derrière une excuse minable. Rising est désormais un souvenir inoubliable dans lequel il est parfois utile de se replonger.

www.rainbowfanclan.com

 

 

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