Orphaned Land – All Is One

All Is One
Orphaned Land
2013
Century Media

Orphaned Land - All Is One

Groupe phare de la scène folk metal israélienne, influencé à ses débuts par le doom, le death, les musiques juives traditionnelles et certaines mélopées arabes, Orphaned Land en est, mine de rien, à son huitième album avec « All Is One ». Ce combo, qui a vu le jour en 1994 avec le CD « Sahara », et qui n’a, depuis lors, jamais cessé de militer pour la paix entre Israël et ses voisins connait d’emblée un fort succès dans les pays arabes et notamment au Liban où son second opus, « El Nora Alila » (1996), casse littéralement la baraque (je le sais, j’y étais !). Son disque suivant, « Mabool » (2004) stigmatise les dérives des trois religions monothéistes et intègre des instruments orientaux, deux chœurs, des chants traditionnels yéménites et des extraits de versets de la bible. Ce message philosophique, empreint de justesse et de justice, est véhiculé, sur « All Is One » sorti le 24 juin 2013 chez Century Media, par une musique plus directe et moins brutale que par le passé (démarche initiée par Opeth avec le divin « Damnation »). Fidèles à leur message de paix, les musiciens signent une pochette somptueuse d’universalité (elle entrelace habilement les symboles des religions juive, musulmane et chrétienne) et ils marient, avec une maestria exceptionnelle, des riffs heavy jouissifs avec des thèmes musicaux orientaux de toute beauté.

Epaulée par pas moins de vingt cinq choristes et huit violons, violoncelles et altos, la formation nous offre ici onze morceaux concis (concision ne rimant à aucun moment avec compromission) plus proches de la world music que du metal, tant les percussions, bouzoukis, et autres cordes moyennes-orientales y occupent le devant de la scène. D’autre part, et comme à l’accoutumée, lyrics et musique font partie d’un même message dédié à la paix entre les peuples de cette région aux allures de poudrière.

Le somptueux triptyque d’ouverture « All Is One/The Simple Man/Brother » est ainsi une suite symphonique sublime, transcendée par le chant clair et majestueux de Kobi Farhi. Par la suite, « Let The Truth Be Known » en remet une couche dans la dimension symphonique et prêche, encore et toujours, pour la cohabitation pacifique entre juifs, musulmans et chrétiens.

Le gang du guitariste électrique et acoustique Yossi Sassi (Sa’aron), qui s’illustre également par son jeu de piano majestueux, appelle, sur la seconde moitié du CD, à l’avènement d’un Messie universel (« Our Own Messiah ») qui ne pourra être récupéré par aucun clergé et qui prendra la défense des enfants de tous pays, victimes innocentes des conflits armés (le quasi désespéré « Children »).

Voici donc un grand album d’Orphaned Land (son meilleur à mon goût), transcendé par le Temps et ayant extrait la quintessence de son univers musical. Cet opus, porteur d’un magnifique et émouvant message de réconciliation entre les peuples, ouvre un territoire musical fertile et s’avère, de ce fait, tout bonnement essentiel.

Bertrand Pourcheron (9/10)

http://www.orphaned-land.com/

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