Lazona – Le Notti Difficili

Le Notti Difficili
Lazona -
2003
Mellow Records

Lazona - Le Notti Difficili

Lazona n’est pas une maladie infectieuse due à un virus du groupe herpès. Non, il s’agit (heureusement !) d’un nouveau projet musical emmené par le prolifique et éclectique compositeur/bassiste italien Fabio Zuffanti. Après avoir exploré le rock progressif à travers ses aspects les plus expérimentaux (Finisterre) et symphoniques (Hostsonaten, Merlin, La Maschera Di Cera), notre talentueux musicien se tourne aujourd’hui vers ses penchants les plus modernes et contemporains. Pour mener à bien cette initiative, celui-ci s’est entouré de ses trois complices et compagnons de route que sont Stefano Marelli (guitares), Agostino Macor (claviers) et Marco Cavani (batterie/percussions), ainsi qu’une certaine Michele Nastasi à la trompette.La musique développée par ce nouveau collectif formé en 2002 n’a donc que très peu à voir avec le symphonisme délicat cher au rock progressif italien, se rapprochant bien davantage des projets ambient de Steve Wilson (Bass Communion & IEM), du rock de chambre à la fois intimiste et grandiose des Godspeed You Black Emperor et autres Mogwai, ou encore de certaines productions du label ECM, situées entre jazz éthéré et musique électronique aventureuse. On pensera par exemple à l’univers onirique du norvégien Nils Petter Molvaer, les rythmes empruntés à la culture techno en moins, tant ce choix d’intégrer la trompette (à la fois discrète et sublime) dans le projet Lazona se révèle pertinent et efficace. L’emploi de cet instrument nous évoquera parfois aussi la mélancolie des meilleurs moments du célèbre « Apocalypse des animaux », œuvre majeure du tout début des années 70 d’un certain Vangelis Papathanassiou. »Le Notti Difficili » est conçu comme une unique pièce de 45 minutes, divisée en quatre phases s’enchaînant les unes aux autres, alternant passages climatiques de toute beauté (nappes synthétiques, omniprésence du mellotron) et envolés en puissance, rythmique et guitares planantes à l’appui. La maîtrise de l’ensemble est quasi parfaite, mis à part quelques breaks un poil approximatif de Marco Cavani. Et c’est bien le seul point noir, très relatif d’ailleurs, de cet album enivrant qui ravira les amateurs de musiques à la fois complexes, atmosphériques et improvisées, issue d’une tradition musicale propre aux 70’s (le spectre du meilleur Pink Floyd plane ici, encore). Cette oeuvre reste cependant profondément ancrée dans l’air du temps, voir tournée vers l’avenir.En guise de conclusion, je dirai que l’album est réservé à un public averti, pour qui le terme « ambient » ne rime pas forcément avec vide ou ennui. Car si vous êtes accroc au travail de Fabio Zuffanti en particulier et au rock progressif en général, vous risquez d’être pris au dépourvu en découvrant « Le Notti Difficili ». Le musicien italien semble en effet ne jamais vouloir se répéter, et pour ma part, je ne peux que saluer cette démarche dans un monde musical où, malgré une étiquette pompeuse, on a tendance la plupart du temps à tourner en rond.

Philippe Vallin (6,5/10)
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