Hommage à Jon Christensen (1943 – 2020)

Hommage à Jon Christensen (1943 - 2020)
Lucas Biela

Hommage à Jon Christensen (1943 – 2020)

Jon Christensen

Le label ECM endeuillé par la perte de son plus fidèle batteur.

Décidément, le sort s’acharne sur les batteurs en ce début d’année. En effet, après Neil Peart et Sean Reinert (voir l’hommage ici ), mais également Reed Mullin (Corrosion Of Conformity), c’est un autre batteur qui nous a quittés le 18 février 2020 : Jon Christensen. Européen cette fois-ci, mais tout aussi influent que les autres cités, il est surtout connu pour sa fidélité au label allemand ECM, avec plus de 60 albums à son actif pour ce seul label. Ayant démarré dans les années 60 avec le pianiste et compositeur George Russell, c’est la décennie qui suit qui est la plus prolifique pour lui. On le retrouve en effet sur les albums de Jan Garbarek, mais aussi aux côtés de son autre compatriote, le guitariste Terje Rypdal, et avec des artistes qui connaîtront des carrières internationales, tels que le pianiste Keith Jarrett, le guitariste Ralph Towner, bien connu des fans de Bill Bruford, ou encore le contrebassiste Eberhard Weber, bien connu des fans de Kate Bush. Les années 80 seront loin d’être de tout repos pour lui, car il poursuivra sa soif de collaborations avec l’ancien bassiste de Weather Report, Miroslav Vitous, le très sensible clavier d’Eberhard Weber – Rainer Brüninghaus, le violoniste multi-genres L. Shankar, mais également au sein du projet Masqualero avec le contrebassiste Arild Andersen et un trompettiste qui fera plus tard parler de lui, Nils Petter Molvaer. Dans les années 90, outre des collaborations avec les nouveaux copains du label ECM, Misha Alperin et Anouar Brahem, il renouera avec ses anciens copains, Terje Rypdal et Ralph Towner, mais aussi Ketil Bjørnstad et Bobo Stenson. Mais c’est également le grand retour du doyen de la trompette polonaise sur le label ECM, Tomasz Stańko, qui marquera sa discographie dans cette décennie. Ses participations seront plus clairsemées par la suite, mais toujours aussi lumineuses. Tout récemment, Jon succédait à Peter Erskine et Manu Katché dans la valse des batteurs qui accompagnent Yelena Eckemoff, une pianiste qui a troqué il y a 10 ans seulement l’interprétation classique pour l’écriture jazz. Jon Christensen, c’est un jeu en retenue qui sait néanmoins occuper tout l’espace sonore, et qui, par ses nombreuses ouvertures, laisse l’auditeur libre de l’interpréter. Car c’est aussi ça le jazz : aborder la musique sous un angle différent à chaque nouvelle écoute. Je me suis beaucoup épanché sur les collaborations instrumentales de Jon Christensen, mais il faut aussi signaler deux albums de collaboration avec des chanteuses compatriotes dans les années 70 : Karin Krog d’une part, à la voix grave et sensuelle, et la regrettée Radka Toneff, à la voix cristalline et gorgée de mélancolie. Ayant rejoint au ciel ses anciens acolytes Misha Alperin, John Abercrombie et Tomasz Stańko, ce sont maintenant les anges qui ont de quoi être aux anges avec un tel quatuor ! Et le set instrumental pourra même être parsemé d’interventions vocales de Radka Toneff !

 

2 commentaires

  • Babaluma

    Encore un grand d’ECM (et un grand tout court) qui disparait..John Abercrombie, John Taylor, Lyle Mays, Tomasz Stanko…et maintenant Mr Christensen. Un de ceux qui m’a donné envie d’écouter les batteries dans les disques avec son jeu si fin et puissant. Paradoxalement, c’est parfois la disparition de musiciens qui donne envie de se replonger dans leur discographie. Je le retrouve dans les albums avec Terje Rypdal, Jan Garbarek, Arild Andersen, Eberhard Weber et tant d’autres que j’ai accumulé au fil des ans ou il participe. Et puis ceux de Lyle Mays dont il n’est même pas fait mention de sa disparition sur le site d’ECM. Curieux de la part de Manfred Eicher que je croyais exemplaire…

    • Lucas Biela

      Merci pour votre réaction, Babaluma. Moi aussi, les albums sur lesquels figurent Jon Christensen m’ont beaucoup marqué. Effectivement, c’est étonnant de la part d’ECM qu’ils n’aient pas rendu hommage à Lyle Mays sur leur site. Après tout, ‘As Falls Wichita, So Falls Wichita Falls’ doit faire partie des best-sellers du label…

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