Evoken – Mendacium

Mendacium
Evoken
Profound Lore Records
2025
Lucas Biela

Evoken – Mendacium

Evoken Mendacium

Inspiré par des formations comme Disembowelment, Paradise Lost ou Winter, le groupe américain Evoken s’est posé en orfèvre du funeral doom avec le monumental Quietus, paru en 2001. Quelques opus plus tard et après des remaniements de personnel côté basse, guitare et claviers, le géant majestueux garde sa couronne, continuant même à régner en maître sur son domaine de prédilection.

Evoken Mendacium Band 1

Ce qui marque à l’écoute de Mendacium, c’est l’importance accordée aux respirations. Outre la pause énigmatique « Prime » et la plage planante « Vesper », les ambiances prennent le temps de se mettre en place. Ainsi, comme c’est le cas dans « Lauds », claviers hantés, pédales vacillantes, murmures abandonnés et incantations spectrales entrent petit à petit en scène, créant par là même une atmosphère de mystère. Par ailleurs, les différents éléments s’emboîtent tels les pièces d’un jeu Tetris pour construire un mur insondable aux multiples nuances de gris. La batterie agonisante, les souffles désolés et les guitares embourbées contribuent largement à forger cette identité sinistre. En outre, une pièce comme « Terce » fait craindre l’imminence d’un orage avec les à-coups des guitares et les remous de la batterie. Sur le terrain éploré, l’affliction dont fait preuve la guitare de « Compline » est véritablement touchante. Ce chagrin s’inscrit d’ailleurs dans un écrin tout autant tourmenté où l’âme retourne dans un cycle de questions après en avoir quitté un autre.

Evoken Mendacium Band 2

Bien que la musique de notre quintet soit globalement funeste, les contrastes sont nombreux et la lumière n’hésite pas à y pénétrer. C’est ainsi sous un ciel variable que la journée de « Sext » se déroule. Alors que l’espoir semble regagner la guitare et la batterie, le désarroi s’empare progressivement d’elles jusqu’à faire crier de douleur la première et monter la tension de la seconde. Les voix insaisissables aux échos lointains brouillent les pistes dans ce labyrinthe d’émotions. Et nous de suivre avec attention les mésaventures de nos amis pour finir par mettre en branle tout notre être dans ce dédale de sentiments. Avec « None », autre ambiance, c’est la colère qui monte à travers le chant effrayant et les guitares emportées. Mais l’ouverture lumineuse des synthétiseurs éclaircit les idées pour apporter temporairement un peu de sérénité et faire entrer batterie et guitare dans une excitation mutuelle que l’on suit comme le dénouement d’un film. A nouveau, ces changements inattendus nous laissent pantois tout en suscitant nos émotions.

Mendacium est un nouveau coup de maître dans la discographie déjà bien fournie d’Evoken. Les fers de lance du funeral doom ont réussi leur pari : nous plonger dans un univers glauque dans lequel on entre avec crainte mais dont on sort ému aux larmes.

https://www.facebook.com/evokenhell

https://evokenofficial.bandcamp.com/

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.