Caligula’s Horse – In Contact

In Contact
Caligula’s Horse
Inside Out
2017
Rudzik

Et hop ! Voici que j’enfourche mon nouveau destrier, Caligula’s Horse (même si vous noterez qu’il ne m’appartient pas) pour vous conter une chronique non pas italienne mais concernant un album débarquant en droite ligne du pays des kangourous. Nos amis australiens en sont à leur cinquième progéniture en six ans d’existence, donc avec un bon rythme créatif. L’année dernière, j’avais eu l’occasion de prêter une oreille à leur production mais il est vrai avec fort peu d’attention de ma part. Avec In Contact (de l’Europe ?) et après avoir signé chez Inside Out en 2015, ils réalisent une seconde tournée européenne d’où un intérêt renforcé de ma part.

Après trente secondes d’écoute, je me suis dit qu’il s’agissait encore d’un de ces clones du metal progressif sans âme et bourré de shreds tant le début de « Dream the Dead » apparaît convenu. Oui mais, à l’instar d’un Haken, d’un Circus Maximus ou d’un Leprous, Caligula’s Horse instille par la suite un souffle nouveau sur ce genre bien enraciné dans ses certitudes figées. Là aussi, la fraîcheur provient principalement du chant de Jim Grey qui sait pratiquement tout faire avec sa voix, ses potes n’étant pas en reste au niveau des chœurs, témoin « The Hands are the Hardest », un titre mélodique comportant un gros travail vocal collectif.

Eh oui messire, mon preux destrier vous le confirme, les temps ne sont plus au metal prog sans âme et technique. Il est grand temps que les châteaux forts et autres forteresses ruinés et effondrés sous leur propre poids narcissique laissent leur place à la renaissance d’un genre désormais suranné : j’ai nommé le metal progressif… mélodique. Rassurez-vous, je ne déposerai pas de copyright sur ce terme, il y a déjà tellement de genres et de sous-genres en musique mais vous aurez, je le pense, bien compris mon raisonnement de pensée musicale.

Certes, des passages lourdingues et épileptiques persistent au delà de ce début d’album mais ils sont très largement compensés par une sensibilité de tous les instants et les changements de rythmes, y compris dans les titres les plus longs, sont autant d’occasions de relâcher la pression métallique pour permettre l’éclosion de passages mélo ou même aériens (« Songs For No One »). De même, les soli ne sont pas l’objet de longues joutes nombrilistes guitare/clavier. Les fréquentes apparitions de guitare sèche euh pardon… acoustique (mille excuses Guillaume) distillées dans beaucoup de titres, quand elles ne forment pas la trame complète d’un « Capulet » étonnant de sensibilité, démontrent la volonté de Caligula’s Horse d’abattre les murailles du genre. Alors, si j’ai parlé de l’importance du chant de Jim Grey, ce serait faire injure à la justesse du propos du guitariste Sam Vallen, les deux compères étant les fondateurs de Caligula’s Horse.

In contact n’est pas vraiment un album conceptuel bien que son thème récurrent et traité en quatre chapitres soit le genre humain avec ses différences, ses espoirs et ses tragédies à l’instar du monologue révolutionnaire constituant « Inertia And The Weapon Of The Wall ». Comme avec des regrets de ne pas avoir assez affirmé leur côté progressif, Caligula’s Horse assènent un ultime coup de massue en fin d’album avec un « Graves » versatile dont les recettes m’ont fortement rappelé Haken par ses grandes envolées mélodiques musclées contrebalancées par des parties plus planantes avec pour fil rouge l’émotion distillée sous toutes ses formes et aussi par son chant. Ainsi, le finish d’In Contact est à couper le souffle et je peux vous dire que c’est super difficile de retenir son souffle pendant plus de treize minutes.

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