Ventura – Ultima Necat

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Se laisser porter. De la délicatesse, de l’émotion (je vous en prie) dans un océan de grisaille rock et noise. Un petit aller dans les années 90 (Pixies, Sonic Youth), amical et fiévreux. Des choses simples et attractives. Ventura l’a bien compris, il ne recherche pas la gloire par ses ventes (correctes, mais pas de quoi refaire la salle de bain) mais dans la profondeur de ses compositions. Celles qui laissent le chant en retrait, l’instrumentation libre, carrée, aux petits oignons, précise, où chaque mélodie fait mouche au milieu de déflagrations et d’instants de lourdeurs aussi pachydermiques qu’incisives et qui, tout compte fait, emmène loin, plus loin que ça encore. La finesse dans la pesanteur, l’accroche immédiate, des retrouvailles entre amis, « Ultima Necat », c’est l’album qu’on veut faire découvrir, partager à l’entourage. On regarde les réactions dans les yeux, le toucher qui donne des frissons, la larme qui va venir au coin de l’œil, le sourire se dessiner imperceptiblement sur la lèvre supérieure. Dialogue d’abord avec soi, l’écoute mute dans l’échange des émotions. Le point d’orgue, je l’ai lu partout sur la toile et, comme la plupart, je conçois que « Amputee », du long de ses presque douze minutes d’apesanteur contrariée soit un petit chef-d’œuvre en soi, la pièce qui fait sortir de ses trente mètres carrés avec l’envie, la hargne de se laisser porter, de montrer, la tête haute, un semblant de dignité. Des titres imprimés dans le cortex ? L’ouvrage en regorge, des morceaux qu’on se refuse d’entendre dans de vulgaires MP3, et un soupir accompagne la dernière seconde du disque. Alors ? « Ultima Necat », un des albums de l’année ? Carrément ouais !

Jérémy Urbain (9/10)

http://www.vntr.net/

Ultima Necat
Ventura
2013
Africantape

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