Une famille d’anges en récital avec Décamps Père et fils

Decamps et fils 1

Entre deux concerts d’Ange, Christian et Tristan Décamps (le père et le fils) trouvent encore le temps de proposer un spectacle dépouillé, dans des endroits feutrés. Le concept ne cesse d’évoluer puisque, depuis longtemps, le chanteur du légendaire groupe progressif français propose son « Ouanne Mane Chaud », principalement articulé autour des chansons de sa formation, de titres moins connus tirés de ses excellents albums en solo (Le Mal d’Adam, Juste Une ligne Bleue ou le superbe Nu) ou de ses poèmes extraits de l’anthologie Mes Mots d’Ange Et Autres Vers Solitaires parue en 1993. Le rejeton a donc rejoint son géniteur pour ces soirées entre gens de bien où la musique conjugue la poésie et l’humour avec, pour seul décor, une table, des verres, une bouteille, deux claviers, une guitare (l’ancestrale guitare acoustique Ovation !) et quelques micros…

On sait tous la puissance et le charme que dégage Ange au complet sur scène. On sait également quel était le niveau des prestations en solo de Christian Décamps qui a toujours su s’entourer des meilleurs (le guitariste Jean-Pascal Boffo , le batteur Hervé Rouyer, etc…) afin de proposer des concerts de haute tenue, tant musicalement qu’émotionnellement. On sait aussi que le fils, sur scène, n’a rien à envier au père : même voix forte mais maîtrisée, même folie furieuse, même envie d’en découdre avec la foudre. Des concerts habités et inhabituels.

Decamps père

En ce soir du 12 mars 2016, le fan d’Ange était donc en droit de se demander à quoi pouvait bien ressembler un récital intimiste, sans l’énergie d’une section rythmique et (surtout) sans les envolées de six cordes magiques auxquelles nous avaient habitués les différents guitaristes ailés que sont Jean-Michel Brézovar, Claude Demet, Serge Cuenot, Roby Defer, Jean-Pascal Boffo ou Hassan Hajdi. Certes, la voix et les textes des deux bonhommes devaient suffire à notre bonheur. C’est donc passablement excités que votre serviteur, attablé aux côtés de deux figures suisses notables (Pyt, ex-chanteur de Galaad, auteur de deux albums en solo magistraux – et auteur d’un titre sur le dernier album Le Bruit des humains de Tristan – et Thomas Sandoz, célèbre écrivain du cru) pénétrèrent dans ce magnifique lieu art déco qu’est le centre culturel Le Royal, à Tavannes, dans le Jura suisse.

Première déception : le son ne brille pas, les voix des deux vocalistes, pourtant magnifiques, semblent filtrées par des enceintes bon marché, le rendu général apparaît comme étouffé et certains passages de clavier saturent trop vite. Impossible, dans de telles conditions, de laisser surgir la magie. Etonnant car, lors du concert de Pyt en 2013 (promotion de l’album Carnet d’Un Visage De Pluie), l’acoustique était parfaite, même avec un groupe dans sa formation rock la plus complète. Second bémol : les deux protagonistes se partagent la scène de manière peu dynamique, chacun succédant à l’autre en lisant le journal ou en sirotant une boisson. Tantôt le Père égrène une chanson ou donne un poème, tantôt le fiston exécute un titre aux claviers sans véritable interaction ni fil rouge. Une simple suite de chansons puisées dans les répertoires de Ange, Christian Décamps & fils, Tristan Décamps, Jacques Brel, Michel Polnareff et de petits sketches.

Decamps fils

De bons morceaux, il y en a eu : « Tous Les Boomerangs Du Monde », « Le Bouseux », « Shereazade », « Mémoires De Jacob Delafon » ainsi que le fameux « Ode à Emile » pour le catalogue des Belfortains. Le dantesque « Quasimodo » pour Christian Décamps (sans l’ébouriffant chorus de guitare, dommage !). « Botticelli Serenade » et « La Tisane De Verlaine » pour Tristan Décamps, deux joyaux repris du Jouet. Les moments non chantés, pris en charge par Christian, peuvent faire montre d’une grande poésie (le superbe « La Belle Forêt De France’) ou d’une trivialité de mauvais aloi. A cet égard, conclure ce récital par une composition troupière sur les flatulences ne semble peut-être pas le moyen le plus judicieux de faire entrer dans le rêve les indécis. Bon sang ! Ces deux génies ont composé tant de pièces maîtresses ! Qu’ont-ils donc à s’embarrasser de grivoiseries de fin de soirée ! Comment peut-on se permettre de telles légèretés quand on est l’auteur d’émaux comme « Elle Fait Mes Rides » ou « Aurélia » ?

Decamps et fils 2

Un constat mitigé donc. Surtout quand on sait le potentiel de séduction du duo. Mais côtoyer de si près de si vives sources d’énergie ne peut que donner envie de rallumer la flamme. A un concert de Ange par exemple.

Christophe Gigon
Photographies de Claude Wacker

http://www.ange-updlm.com/

http://www.tristandecamps.com/

8 commentaires

  • Comme disait Chr. Vander à l’époque de « Kohntark » : « Moi les cordes vocales de Chr. Descamps, je les fais revenir à la poële et les fais frire avec du persil! » …….. nAN mais MDR koi 🙂

  • vaillot

    vous êtes une honte comme chroniqueur

    lavez vous les oreilles

    je n’ai jamais entendu une voix aussi magnifique que celle de Tristan Décamps

    allez voir les groupes de merde qui passent à la télé

    au lieu de descendre de vrais artistes

    • Didier

      Entièrement d’accord avec vous. Tristan est monstrueux vocalement, il peut tout chanter et il reste une personne simple et humble. il a raison de se tenir loin de la daube qu’on nous passe à la TV; de toute façon les fans du groupe ANGE lui seront toujours fidèles.

  • Martine Chrysalide

    Vous ne connaissez strictement rien de Ange. Votre article est insensé

  • Laurent

    Super les commentaires….. Quelle ouverturz d’esprit. Il est fan celui qui a écrit alors il ne devrait deja pas être objectif… S’il a pas aimé c’est pas qu’il est idiot, c’est juste que, même si on aime ange et consorts ils sont pas toujours au top. C’est aussi pour ça qu’on les aime, non ? C’est des humains…

  • Henri Vaugrand

    C’est étrange, dit l’ange… « Honte comme choniqueur », « vous ne connaissez strictement rien de Ange »…
    Comme le souligne Laurent, le chroniqueur est un fan d’Ange (lui aussi) !
    Il n’a pas complètement apprécié UNE prestation du père et du fils. Y a-t-il là de quoi le jeter aux chiens ?
    La passion des « imbibés » est, on le sait, parfois débordante…
    La contradiction est une de nos raisons d’animer ce webzine. Alors, si quelqu’un a vu le même spectacle, le 12 mars 2016 au centre Le Royal, Tavannes, Jura suisse, et qu’il n’a pas eu tout à fait la même perception, on est preneurs !
    Allons, les fans d’Ange, acceptez les avis divergents et la fragilité, parfois, d’artistes totalement humains. Comme le souligne à juste titre Laurent, c’est pour ça qu’on les aime, non ?

  • Rigole

    La chronique est bien rédigée et le chroniqueur est un fan inconditionnel de Ange d’où peut être sa déception dans ce duo formé par le père et le fils..
    Mauvaise acoustique et choix des titres qui ne correspondaient pas à son attente…
    Perso j’ai pu assister il y a 4 ou 5 ans à ce récital à Paris et j’ai bien aimé mais peut être que le concept s’essouffle…
    Cet article me donne juste envie de les revoir pour me faire une idée objective…:-)

  • alain

    ANGE fait des escapades avec son (ses) membres les plus reconnus verbalement,et justement c’est ce côté intimiste qui peut déranger….des voix mal mixées,des mots moins poétiques que ce qu’on a à l’oreille,et une déception !
    Mais ce n’est pas pour autant la fin du firmament!

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