Ultralyd – Inertiadrome

Ultralyd – Inertiadrome

Dans le registre du free-jazz déferlant et mastoc, je prends Ultralyd. Oui Monsieur. Dans la catégorie du jazz qui partouze avec conviction et ardeur sur une pointe hardcore et une louche de krautrock, moi je dis banco. « Chromosome Gun » défouraillait nous laissant à peine le temps de souffler, « Renditions » nous plongeait dans une ambiance dronisante pas vraiment folichone et même bien chiante, « Inertiadrome » remêt les pendules à l’heure, point barre. Oui Monsieur. Christina Lindberg, affolante et sexy, dans Crime à froid, rape and revenge des seventies. Son bandeau sur l’oeil, ses décharges de chevrotines dans la tronche des machos qui lui en ont fait bavé, sur des ralentis à la Peckinpah. « Inertiadrome », c’est la bande son parfaite du film de Bo Arne Vibenius. Oui Monsieur. Sonorités psychédéliques, basse de mammouth aux lignes simples, mais de mammouth. Saxo de Brötzmann éraillé, guitare déchirante et batterie survoltée. Tout y est. De la montée sur de longues minutes électriques, des répétitions maladives et fascinantes. Cette batterie qui secoue le rythme digne d’un western urbain, cette basse qui arrache les têtes, ces notes qui sentent la poudre, « Inertiadrome », c’est le rape et le revenge sur un disque. Cinq titres. Ah putain ! c’est furieux. Pas besoin d’incursions pseudo-intellectualisantes, seulement le courant, jazz, rock, kraut, concentré, direct. On s’échauffe ? Oui, mais pas longtemps. Oui Monsieur. Deux minutes, pas une de plus, et après, en orbite ! On s’apprivoise. Ebullition. Maintiens la pression ! Appui sur le champignon ! Fonce ! Rentres dans le trip ! Hypnotique ! Bingo ! Oui Monsieur !

Jérémy Urbain (8/10)

Site web : http://www.myspace.com/ultralydh

Inertiadrome
Ultralyd
2010
Rune Grammofon

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