TOTO – The Seventh One

TOTO The Seventh One

Intrigué par les rééditions de Rock Candy des albums majeurs de TOTO, je me suis précipité sur celui que je considère comme leur plus abouti, The Seventh One. Depuis le visuel avec la fameuse épée sur fond uniforme jusqu’aux échos de « Rosanna » en ouverture, l’objectif était de donner une suite à leur best-seller. On peut se demander l’intérêt de remasteriser des albums qui avaient bénéficié d’une production léchée à l’époque. Néanmoins, faites le test suivant : compilez un morceau du master original avec d’autres grosses productions de l’époque et vous vous verrez obligé de monter le son quand vient le tour du morceau de TOTO. C’est ce qui m’a toujours étonné avec cet album : sublime d’un bout à l’autre mais la production, aussi bonne soit-elle, n’en faisait pas assez ressortir les couleurs.

Ainsi, cette réédition arrive-t-elle à point nommé. L’on y distingue clairement avec le même niveau sonore dans le calme que dans le métro en heure de pointe, tous les instruments, et en particulier les éléments de la batterie de feu Jeff Porcaro et les percussions de Lenny Castro. Les synthétiseurs se parent d’atours étincelants, tandis que de la guitare jaillissent des projections pétillantes vite suivies d’épanchements menaçants. La voix de Joseph implore avec la ferveur d’un vieux loup, là où celle de Luke berce avec l’amour d’une jeune mère.

Toto Band 1988

Musicalement, TOTO reste fidèle à l’idée sous-tendue par son nom, à savoir embrasser le plus grand nombre de styles musicaux. Le tapis rouge avait été foulé par des hits hard-rock, des hymnes AOR, des ballades poignantes, mais aussi du funk. Ici, la toge pourpre se pare des mêmes éléments, mais en outre une calypso lacrymale la sublime (le magnifique « Mushanga »), tandis qu’un twist endiablé façonne ses plis (l’enjoue « Straight For The Heart ») là où le funk muté en pop jacksonienne fait hocher de la tête son propriétaire (le tétanisant « You Got Me »). Et en effet, c’est cette dernière touche « hi tech » qui pourrait justifier le I additionnel avec lequel le VI nargue le IV dans l’image qu’il lui renvoie à travers le miroir du temps. Par ailleurs, les choeurs sont aussi saisissants qu’une chorale gospel, des personnalités telles que Linda Ronstadt ou Jon Anderson étant mises à contribution.

TOTO souhaitaient avec cet album renouer avec le son et les mélodies coups de poing qui leur avaient valu les éloges de la critique et l’adhésion du public, mais ni l’une ni l’autre ne les ont suivi. Cette réédition, marquée par une meilleure qualité sonore, est par conséquent une bonne manière d’apprécier davantage le talent des musiciens de TOTO tout en nous rappelant ce qui fait la force de leurs compositions : la mélodie et le groove. L’on peut néanmoins regretter l’absence de morceaux « bonus ». Cependant, ces derniers peuvent enthousiasmer autant qu’ils peuvent décevoir, et le choix de Rock Candy de s’en affranchir permet ainsi de rester sur une bonne impression.

Lucas Biela

http://www.rockcandyrecords.com/news/

http://totoofficial.com/

The Seventh One
TOTO
1988 (version remasterisée 2015)
Rock Candy

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *