Toska – Fire By The Silos

Fire by the Silos
Toska
Autoproduction
2018
Rudzik

Toska – Fire By The Silos

Toska Fire by the silos

Les mods ont quitté Brighton, lieu béni des jeunes londoniens des sixties, et désormais on peut y trouver le metal progressif instrumental, diablement puissant et torturé de Toska. Fire By The Silos est leur second album après l’EP Ode To The Author également édité en format Live.
Il s’agit d’un concept album qui, à partir d’une observation sociale pertinente, se projette dans un futur proche sur la direction prise par le genre humain. L’histoire se focalise sur un individu qui, pris dans l’étau de l’économie de marché capitaliste et de son modèle politique, perd brusquement tout ses moyens existentiels. L’histoire traite également de son passage du tourment émotionnel dépressif à la révolte. Tout cela figure dans les textes psalmodiés du titre éponyme de l’album, le seul (avec, à un degré moindre, « Prayermonger » et « The Heard ») en comportant.

Toska Fire by the silos band1
Le trio composant Toska n’est pas formé d’inconnus puisque ses zikos officient également dans Tordje, un quatuor également de metal progressif, mais chanté celui-là et drivé par Rob Chapman.
Toska s’attaque donc à un véritable challenge, celui de réussir à faire passer tous ses messages uniquement (ou presque) par les émotions musicales. Évidemment, à ce petit jeu là, c’est Rabea Massaad (guitar, piano/synthés), Bea (pour beer!) pour les intimes, qui se taille la part du lion. Il s’éclate à balancer des riffs telluriques tout au long de cette galette survitaminée dont la plupart des titres durent de six à neuf minutes. Alors si parfois une certaine lassitude peut s’installer, Bea possède le talent suffisant pour la combattre en jouant sur les changements d’ambiance.
Le titre qui illustre très bien cette versatilité est « Congress » sur lequel les passages musclés alternent avec bonheur avec ceux plus intimistes. « When Genghis Wake » joue également sur une alternance entre puissance et dépression mais son schéma un peu systématique à ce sujet le rend plus mécanique. Si vous êtes fan de sonorités plus psychédéliques et expérimentales, c’est plutôt « Fire By The Silos » ou « The Heard » qui vous conviendront. Le piano désenchanté d’ « Ataraxy » est un excellent prélude au tellurique « Prayermonger » sur lequel le batteur Ben Minal se montre très impressionnant. J’ai par contre trouvé le jeu de basse de Dave Hollingworth bien plus sage que celui de ses deux compères. Par exemple, un peu plus de folie sur les parties plus posées d’un fabuleux morceau comme « A Tall Order » aurait été la bienvenue.

Toska Fire by the silos band2
Et les soli vous allez me dire ? Eh bien il n’y en a pas puisque le choix de Toska est réellement de tout miser sur la variété des riffs. Force est de reconnaître qu’en la matière, c’est une véritable leçon qui nous est donnée par Bea comme, par exemple, pendant toute la lente montée en puissance d’ « Abomasum ».
Ainsi, Toska livre avec Fire By The Silos, un album bien équilibré entre émotions et déchaînements suggérés pour coller à son concept de broyage économique de l’individu.

https://www.toska.tv/
https://officialtoska.bandcamp.com/album/fire-by-the-silos

 

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