Tales – Marco Polo

Tales-Marco-Polo

Cet album du claviériste français Jean-Luc Hervé Berthelot, paru en 1999, est la suite logique de son tout premier opus « Pictures Of Asia » réalisé trois ans plus tôt, inaugurant ainsi le projet Tales. C’est à travers ce pseudonyme que notre éclectique compositeur, en bon disciple avoué de Vangelis, inscrit son travail dans le registre des musiques électroniques planantes et cinématiques (on pense aussi au meilleur Klaus Schulze). Les œuvres produites sous le nom de Tales ont la particularité de pouvoir être écoutées de manière détachée (en mode « ambient ») ou, au contraire, en impliquant pleinement l’auditeur et son imaginaire. Il faut dire aussi que le compositeur dépeint à travers ses fresques synthétiques un univers musical d’une grande richesse, avec une palette sonore bien à lui qui jamais ne plagie celle des grands maîtres du genre (pas plus que leur style d’ailleurs). D’un point de vue strictement chronologique, cet opus fait suite à « Interstellar Memories« , autre concept-album (science-fictionnel celui-ci) qui déjà marquait un progrès phénoménal en comparaison des premiers pas discographiques de Jean-Luc Hervé Berthelot, à savoir « Pictures Of Asia » (1996) et « Stonehenge For Eternity » (1997).

Deux ans à peine se sont écoulés, pendant lesquels le musicien a su développer une indéniable maturité stylistique et un grand savoir-faire sur le plan technique. En effet, « Marco Polo » est une sacrée réussite dans son genre, un disque abouti et globalement maîtrisé d’un bout à l’autre. Pour illustrer le périple asiatique de l’explorateur vénitien, Jean-Luc Hervé Berthelot développe une musique très atmosphérique et 100 % électronique, en utilisant bon nombre d’imitations d’instruments traditionnels en tous genres (flûtes, percussions, tampura, dulcimer, guitares, etc.). De bien jolies textures se déploient à travers les huit plages instrumentales du CD qui s’enchaînent comme un tout pour mettre en image, dans l’esprit de l’auditeur, une expédition fantasmée à travers l’Extrême-Orient.

Le compositeur a quelque peu délaissé ici ses solos pas toujours maîtrisés, qui ternissaient parfois quelques titres de ses deux précédents albums, au profit d’une approche mélodique à la fois surprenante et originale, presque « décousue », et à mille lieues des thèmes sirupeux d’un Kitaro en pleine période new-age (nous sommes ici très loin de la série « Silk Road » par exemple, pour rester dans une thématique similaire). Il est clair que la musique de « Marco Polo » aurait pris une toute autre ampleur si celle-ci avait bénéficié d’une véritable instrumentation acoustique plutôt que de la simple reproduction artificielle de certaines sonorités familières.

Mais là n’est pas le propos ni l’ambition de Tales, qui signe néanmoins un excellent album de musique électronique invitant au voyage, avec ici et là une petite touche Vangelis pas déplaisante pour un sou. Et comme tout projet de Tales qui se respecte, celui-ci n’échappe pas à la règle et se décline en trois actes. C’est donc « Sagarmatha » qui viendra boucler « The Asian Trilogy » sept ans plus tard. Mais ceci est une autre histoire…

Philippe Vallin (7,5/10)

http://jlhb.free.fr/

http://berthelot1.blogspot.fr/

Album disponible ici :
http://sillage-intemporel.bandcamp.com/album/marco-polo

Marco Polo
Tales
1999
Somewhere In Time

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