Swingle And Thompson Ordained – Firestorm

Firestorm
Swingle And Thompson Ordained
Roxx records
2021
Lucas Biela

Swingle And Thompson Ordained – Firestorm

Swingle & Thompson Ordained Firestorm

A près de 60 ans, Dale Thompson est loin de vouloir raccrocher les crampons. Et pourtant, après trois albums de metal « chrétien » de très bonne facture avec son groupe Bride dans les années 80, on n’entendait plus beaucoup parler de lui. Il est vrai qu’on l’a connu boxeur et haltérophile (il avait remporté le titre d’homme le plus fort de l’état du Kentucky dans les années 2000). Mais en fait, Bride a continué à exister, avec certes une formule plus « commerciale », mais néanmoins des enregistrements réguliers. Et par ailleurs, plus étonnant, après s’être installé en Nouvelle-Zélande, Dale a multiplié les projets. Son nom est désormais associé à pas moins de quatre projets et rien que pour l’année 2021, chacun, dont le trio qui nous intéresse, a sorti un album.

Alors, outre un nom de groupe qui ne laisse aucun doute sur le message véhiculé, à quoi peut-on s’attendre avec ce nouveau projet de l’infatigable chanteur ? Swingle And Thompson Ordained est un projet qui a vu le jour l’année dernière. Dale Thompson y partage l’écriture avec Randy Swingle, également crédité à la guitare rythmique. Les solos de guitare, la basse et la batterie sont en revanche assurés par le producteur et multi-instrumentaliste Erik Nelson. Firestorm est déjà le deuxième album de la formation en un an d’existence, et il s’inscrit dans une ligne plus rentre-dedans que le premier. On y retrouve en effet des accents hard rock, heavy metal et même punk, portés par une voix bien hargneuse rappelant le Metal God Rob Halford dans ses moments les plus énervés. Car, en effet, même si Jésus Christ est au coeur des paroles, Dale reste dans un registre vocal metal tout le long de l’album (il est certes adepte du repos dominical, mais pas du repos vocal). Rajoutez à cette voix une musique musclée, et vous avez une très bonne production de heavy metal.

Swingle & Thompson Ordained Firestorm Band 1

Sur ce nouvel opus du trio, les solos pleuvent, les frappes s’abattent telle la foudre (le titre du troisième morceau, « Violent Skiez » n’est d’ailleurs pas usurpé), et le chant fait trembler les cieux. La flamme qui anime la musique des trois compères n’a d’égal que leur foi (vous comprendrez plus loin pourquoi cette phrase arrive comme un cheveu sur la soupe). Il est très rare d’avoir un chanteur qui utilise cette même voix à faire détruire le temple de Jérusalem aussi bien dans les couplets que dans les refrains. Comme je le précisais, Dale va bientôt fêter ses 60 ans, et à son âge, cette rage dans la voix sur près de 50 minutes (attention, pas une rage trafiquée avec divers artifices comme dans la musique electro-indus, mais un vrai chant qui parvient à être mélodieux dans son emportement) force le respect. Les références au Seigneur peuvent lasser à la longue, mais, d’une part le trio a veillé à ne pas les rappeler dans chaque morceau, et d’autre part, on a vu que ces louanges constituent le carburant de notre trio.

Quelques stompers hard rock émaillent cette galette. Ainsi, « Burning Bright » nous présente un riff très typé AC/DC et des choeurs enflammés (c’est le cas de le dire). Le boogie bluesy et nonchalant « Firestorm », nous glace le sang avec ses voix possédées (étonnant pour des Chrétiens, n’est-ce pas ?). Le boogie plus survolté « Christ The Destroyer » nous fait voyager sur les routes du Texas. Enfin, le très déterminé « He Who Holds The 7 Starz » achèvera de nous convertir (aux convictions metal de notre trio, what did you expect?) avec sa guitare bouillonnante. On retrouve aussi des hymnes heavy metal. Ainsi, l’album s’ouvre sous les meilleurs cieux avec le bien-nommé « Crash N’ Burn » et un refrain alarmé que ne renierait pas Judas Priest. C’est également un des morceaux de l’album où Dale s’essaie à des expériences vocales plus gutturales, apportant ainsi une dualité à la Mercyful Fate dans le chant (ben oui, qui dit Dieu dit Diable). Terminons le volet heavy metal avec cet autre hymne, « Violent Skiez », un des meilleurs exemples du talent vocal de notre cinquantenaire. Après le hard rock et le heavy metal, il nous faut mentionner…le punk pardi ! En effet, l’album se clôture avec l’énergique « Unlimited Skiez ». Les guitares abrasives, la fougue juvénile et les choeurs décadents, voici que notre messager du Seigneur nous surprend à répandre la Bonne Parole dans un contexte punk !
Le trio ne relâche jamais la bride (jeu de mots voulu avec le groupe des débuts de Dale), et c’est un vrai plaisir d’entendre une galette hard/metal de cet acabit en 2021, les productions metal se suivant apportant leur lot de déception. On notera cependant une ombre au tableau, le titre sleaze rock « American Hero », espèce d’Alice Cooper du pauvre, avec une production bâclée et un refrain trop niais. C’est à se demander s’il a été enregistré pendant les mêmes sessions, ou s’ils ne l’ont pas sorti du tiroir pour boucher un trou.

Swingle & Thompson Ordained Firestorm Band 2

Pris dans son ensemble, cet album est vraiment une bonne surprise. Les différents langages musicaux mentionnés plus haut (metal, hard, punk) se suivent avec bonheur, les protagonistes se donnent à fond et on a plaisir à réécouter l’album. En son temps, Bride était plus « bourrin » que les autres formations metal chrétien. Dale Thompson a gardé cette énergie et nous la restitue pour notre plus grande satisfaction dans ce projet. Vu ses compétences vocales, il n’est pas étonnant qu’il soit tellement sollicité (j’ai mentionné avant les quatre projets dans lesquels il est actuellement impliqué). Si des professionnels du milieu sont tant séduits par ses qualités vocales, laissez-vous également tenter !

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