Smooth One – Cloud Chamber

Smooth One Cloud Chamber

J’aime les albums qui promettent beaucoup et qui tiennent encore bien plus. Et c’est franchement le cas ici. Mais je n’en suis pas si étonné que ça au final. Car Smooth One, de son vrai nom Philippe Lambert, n’est pas n’importe qui. C’est en effet, outre un artiste issu du milieu hip-hop « élevé au Krautrock et au Velvet » (dixit lui-même), le créateur du label Superflux. J’étais donc prévenu, Cloud Chamber se présente comme l’album, non seulement d’un musicien multi-talents surdoué, mais aussi d’un producteur de renom. Je m’attendais dès lors à un opus concocté aux petits oignons, et je n’ai pas été déçu, c’est une pure merveille de ce point de vue-là. Je m’attendais aussi à ce que Smooth One s’entoure d’excellents musiciens, et là encore, la grosse qualité est au rendez-vous. Mourad Baali à la basse, Philippe Hervouet à la guitare, Kakoli Sengupta au chant, Dj Hak aux scrtachs et John Lander au violon, ça le fait vraiment ! Mais tout ceci fait-il forcément un bon album ? C’est là que Smooth One s’impose par son savoir-faire…

Cloud Chamber étonne par la variété des styles de ses titres et des émotions proposées. Cela en fait un album dense, riche, toujours surprenant. Difficile de le décrire, il faut l’écouter, tout écouter. Car tout se savoure dans cet opus, mais à chaque fois pour une raison différente par rapport au morceau précédent. On peut même, comme je le fais, écouter certains morceaux à certains moments et d’autres, très différents, à d’autres moments. C’est ainsi que, juste à titre d’exemple, j’écoute « Babylone Underground » et le titre suivant Trouble « With Heaven » quand je veux me plonger dans de la vraie bonne musique à vivre intensément. Et quand je veux me relaxer un peu, je programme ma platine CD pour qu’elle me joue à la suite le titre 3 « Gang Of Wisemen » puis le titre 11 « Siri’s Lament ». 8 minutes d’atmosphère indienne des plus apaisantes. C’est très bizarre, je ne fais jamais ça d’habitude avec un album. D’habitude, j’écoute avec profondeur les albums que j’aime, et ceux-ci me transportent. Mais avec Cloud Chamber, une autre manière de faire est venue tout naturellement. Comme si cet album était à la fois beau (très beau même) et utilitaire. Ce qui fait que je l’ai toujours sous la main pour ceci ou pour cela. Encore une fois, c’est très étrange pour moi, et même très nouveau et totalement inattendu, mais j’adore !

Smooth One

Au-delà de cet effet « self-service », j’y vois la marque d’un musicien/producteur émérite capable d’aborder avec bonheur un grand nombre de styles musicaux et, mieux encore, d’y apporter sa patte et sa personnalité. J’avoue qu’après une bonne vingtaine d’écoutes in extenso de Cloud Chamber, j’en suis encore à découvrir de nouvelles facettes à cet album qui en possède tant et tant. Cela aussi est la preuve de la valeur de Smooth One comme compositeur et comme metteur en scène de sa propre musique. Oui, sous ses couleurs pastels et sa présentation minimaliste, Cloud Chamber, est un fort plaisant labyrinthe sonore et musicale, un voyage aux multiples délices… et un coffre à surprises !

Frédéric Gerchambeau

https://about.me/superflux

http://www.lesuperflux.com/

https://smoothone.bandcamp.com/music

Cloud Chamber
Smooth One
2015
Autoproduction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *