Saga – 20/20

Saga 20

En 2007, une nouvelle ébranla le petit monde du rock progressif : le chanteur du groupe canadien Saga, Michael Sadler, jetait l’éponge. Qu’allait-il advenir du groupe ? Ce vocaliste remarquable donnait une couleur quasi soul au progressif du combo et le rendait, de fait, atypique. Un nouveau chanteur allait-il altérer l’identité de Saga ? En 2009, la preuve en fut faite avec l’album « The Human Condition », avec un frontman honnête, Rob Moratti, mais qui n’arrivait pas à faire décoller une sauce qui, elle-même, était déjà bien affaiblie par le manque soit de motivation, soit d’inspiration. Car après tout, la formule Saga depuis 20 albums est quasi la même : d’excellents riffs de guitare avec de larges couches de claviers et une marque vocale unique. Et ce « The Human Condition » manquait cruellement de tout cela. Mais voilà qu’en 2011, la nouvelle tombe : Michael Sadler décide de réintégrer Saga et d’enregistrer un vingtième chapitre : « 20/20 ». Le premier « 20 » est donc le 20eme album, le deuxième fait référence à l’opération des yeux qu’à subit Jim Gilmour, le claviériste du groupe.

On retrouve donc la voix d’un Sadler en forme, sur des compositions, qui sans être transcendantes, donnent aux fans lambda de Saga un minimum de ce qu’ils espèrent : Ian Chrichton multiplie les riffs qui tuent, et ses soli sont réussis ; les claviers de Jim Gilmour harmonisent le tout avec perfection. L’album proposé reste agréable, un bon mélange de progressif, d’AOR et de Hard FM. Cependant, il s’avère plutôt moyen, une bonne moitié du disque n’était tout simplement pas à la hauteur des attentes. « Six Feet Under » ouvre les hostilités avec brio, morceau typique du groupe, assez travaillé sur les claviers, suivi par « Anywhere You Wanna Go » avec ce chant si particulier de Sadler, pour un titre très 80’s. « Ellery » est une balade encore une fois typique de ses auteurs, « Spin It Again » est un peu faiblard, « Another Day Out Of Sight » chanté par Jim Gilmour n’est pas bien intéressant, « One Of These Days » est dynamique et assez progressive, donnant ainsi au morceau un relief dont il a bien besoin, « Ball And Chain » ne convainc pas, « Lost For Words » est plutôt plaisant, encore très 80‘s. « Show And Tell », parmi les morceaux les plus réussis, possède une bonne partie instrumentale progressive, et enfin, « Till The Well Runs Dry » conclût avec un bon morceau qui, lui aussi, rappelle les belles heures du groupe, avec un excellent solo de guitare et un refrain accrocheur.

Il est dommage que Saga n’ait pas saisi cette occasion pour renouveler un peu son fond musical, à l’image d’un « Generation 13 » qui en avait secoué plus d’un en 1995 ! On a l’impression d’écouter album après album les mêmes chansons. Saga n’a pas cherché à se moderniser. Le groupe n’a de toute façon plus rien à prouver. Mais a-t-il encore quelque chose à donner ? Un peu de nouveauté à l’entreprise ne gâcherait rien. Disons que c’est pour le prochain…

Fred Natuzzi (6,5/10)

http://sagaontour.moonfruit.com/

 

20/20
Saga
2012
Edel

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