Porcupine Tree – Metanoia

Porcupine Tree – Metanoia

Voilà un disque d’inedits de Porcupine Tree qu’il serait vraiment dommage de manquer, plus encore que la double compilation « Stars Die : The Delirium Years » parue en mars 2001, et qui, elle aussi, comporte son lot de bonus intéressant. Avec « Metanoia », c’est du 100 % nouveau matériel que le groupe de Steve Wilson nous propose, tout au moins pour ceux qui ont jeté ou vendu leur vieille platine vinyle à la brocante. Car en effet, la musique de cet album au titre tout droit sorti d’un film de SF des années 50, a déjà été éditée en 1998 sous la forme d’un double 33 tours, avec un pressage de 1000 copies seulement. Cette première édition limitée, un collector destiné aux inconditionnels du groupe, vient de renaître à nouveau mais cette fois ci sous la forme d’un CD simple agrémenté de 2 titres bonus.

Mais de quoi s’agit il justement ? Mais enfin c’est quoi cette zique ? Quelques éclaircissements s’imposent : « Metanoia » n’est pas  recueil d’anciennes compositions, mais un album qui regroupe des improvisations entièrement instrumentales, enregistrées en 1995 par les 4 musiciens anglais, et ce au cours des sessions d’enregistrement de « Signify » (que beaucoup d’amateurs considèrent comme étant l’œuvre la plus aboutie de toute leur discographie). Rassurez vous, « Metanoia » n’a strictement rien à voir avec les expérimentations live hermétiques d’un King Crimson telles que celles immortalisées sur l’indigeste « Thrakattak », même si quelques passages sont, je vous l’accorde, plus barrés que d’autres. Là ou le roi cramoisi fait dans le tout cérébral, provoquant le plus souvent chez l’auditeur ennui, allergie ou indifférence, l’arbre du Porc-épic ose le feeling, et ça marche plutôt bien ! On retrouve dans ces jam sessions tout ce qui constitue le style et le charme si particulier de Porcupine Tree : passages planants, rythmes lancinants, basse ronde et hypnotique, ambiances floydiennes, structure des morceaux qui monte en puissance…Steve Wilson, une fois n’est pas coutume, fait une belle démonstration de l’étendue de son talent, développant tout au long des 65 minutes de l’album une incroyable palette de styles, de jeux et de sons de guitares différents (on pense très fort à Robert Fripp à l’écoute de « Mesmer II »), tantôt rageur, tantôt aléatoire, tantôt éthéré, souvent lumineux. Les musiciens délivrent leur gig avec brio, au top de leur niveau et de leur potentiel créatif. On sent qu’ils se lâchent complètement durant ces sets en prise directe, laissant libre cours à leur imagination débordante, affranchis ici du carcan et des impératifs perfectionnistes liées à l’écriture et à la production d’un nouvel album studio. Et quel feeling ! Cette liberté de jeu confère d’ailleurs à « Metanoia » un petit côté Jazz-rock psychédélique vraiment pas dégueux qui ravira les amateurs du genre. Ceux par contre qui n’apprécient que les versants pop et mélodique du groupe pourront passer leur chemin. Mais est ce que ce profil de fan existe seulement sur cette terre ? De plus, même s’ils sont formellement assez éloignés l’un de l’autre, « Signify » et « Metanoia » sont nés ensemble et ça s’entend. Le second est tout sauf un brouillon du premier. La récréation bienvenue de musicos en plein travail ? Dans ce cas, je leur conseille de continuer à buller de temps à autre en studio !

Philippe Vallin (6/10) 
Metanoia
Porcupine Tree
2001
Delirium records

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